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Rio promet «la plus grande fête jamais organisée» au Brésil

Les organisateurs ont testé hier les feux d'artifice... (PHOTO YASUYOSHI CHIBA, AFP)

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Les organisateurs ont testé hier les feux d'artifice qui illumineront le ciel de Rio lors de la cérémonie de vendredi.

PHOTO YASUYOSHI CHIBA, AFP

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Sebastian Smith, Elodie SOINARD
Agence France-Presse
RIO DE JANEIRO

Première ville sud-américaine hôte des Jeux olympiques, Rio veut offrir «la plus grande fête jamais organisée» au Brésil, pays du carnaval et de la samba, lors de la cérémonie d'ouverture vendredi (20 h, 19 h, heure de Montréal) dans le mythique stade Maracana.

La barre est haute pour le trio de directeurs artistiques à la manoeuvre, dont le réalisateur brésilien Fernando Meirelles, après le spectacle inventif et décalé qui avait rencontré un franc succès à Londres il y a quatre ans. D'autant qu'il a dû composer avec des moyens très éloignés du faste de Pékin et du budget londonien, dans un pays plongé dans une récession économique aiguë assortie d'une sévère crise politique.

Une enveloppe «douze fois inférieure à celle de Londres, vingt fois à celle de Pékin», estime Meirelles, qui a notamment réalisé La Cité de Dieu et The Constant Gardener.

Malgré ces contraintes financières, «nous voulons proposer la plus grande fête jamais organisée dans ce pays», lance Daniela Thomas, codirectrice artistique de la cérémonie.

Sous les yeux de quelque trois milliards de téléspectateurs à travers le monde, le légendaire Maracana, garni de près de 80 000 spectateurs, sera ainsi transformé le temps d'une soirée en sambodrome. Y défileront des centaines de représentants d'une douzaine d'écoles de samba, dans l'ordre du classement du dernier Carnaval en février.

«Antidépresseur»

Le mot d'ordre que s'est fixé Meirelles ? «Que la cérémonie d'ouverture fasse l'effet d'un antidépresseur pour le Brésil. Les Brésiliens pourront la regarder et se dire : «Nous sommes un peuple agréable, (...) nous savons profiter de la vie»».

Seront également de la fête les mélodies de deux icônes de la musique populaire brésilienne, Gilberto Gil et Caetano Veloso. Et l'ex-mannequin vedette Gisele Bundchen, retirée des podiums depuis 2015, défilera au son de l'incontournable «A Garota de Ipanema».

L'apparition de l'ancienne top-modèle a fait naître une polémique quand la presse brésilienne a bruissé ces derniers jours de fuites selon lesquelles elle jouerait un simulacre d'agression par un gamin des rues, alors que la scène est courante à Rio, ville à la criminalité en hausse.

Mais les organisateurs ont affirmé qu'il «n'y aurait pas de scène de vol» dans le spectacle.

Les quelque quatre heures de spectacle n'échapperont pas à une figure imposée, un voyage à travers les étapes marquantes de l'histoire du pays : au Brésil, la colonisation portugaise, une évocation de l'esclavage ou encore le vol du pionnier de l'aviation Alberto Santos-Dumont dans son 14 Bis au début du XXe siècle.

Le spectacle se projettera également sur l'avenir de la planète, avec un tableau sur le réchauffement climatique soulignant le rôle crucial du Brésil, qui abrite la majeure partie de la forêt amazonienne.

Pelé dernier relayeur ?

Secret bien gardé en revanche, l'identité du dernier relayeur de la flamme olympique qui allumera la vasque du Maracana, alors qu'une seconde s'embrasera simultanément dans le centre de Rio, dans la zone portuaire rénovée.

Le «Roi» Pelé, seul footballeur triple champion du monde, est le favori des pronostics. «J'en serais honoré (...) Ce serait une opportunité formidable dans mon pays», a reconnu mardi dans la presse française la légende du football brésilien. Mais s'il n'est plus tenu par des engagements avec ses commanditaires évoqués dans un premier temps, à 75 ans, il marche difficilement, à l'aide d'une canne, et souffre de la hanche dont il a été opéré plusieurs fois, selon son porte-parole.

«La question maintenant c'est la douleur musculaire qui affecte sa mobilité. Il ne sait toujours pas s'il pourra allumer la vasque. Il fait tout son possible», a-t-il expliqué à l'AFP.

Gustavo Kuerten, triple vainqueur de Roland-Garros, toujours très haut placé dans le coeur des Brésiliens, pourrait toutefois le priver de cet instant historique.

Les premiers JO sud-américains de l'histoire s'ouvriront vendredi dans un contexte politique tendu. Sans Dilma Rousseff, la présidente suspendue, qui fait face à une procédure de destitution et refuse d'être réduite à «un second rôle» sous le regard du monde entier. Sans non plus son prédécesseur Lula, au rôle pourtant déterminant dans l'obtention des JO-2016 il y a huit ans.

C'est Michel Temer, président par intérim depuis mi-mai, qui déclarera les XXXIes jeux Olympiques ouverts. Le vice-président de Rousseff s'est déjà dit «fin prêt» à subir huées et sifflets.

Cette cérémonie «carnavalesque» sera ponctuée du défilé des équipes, derrière leur porte-drapeau. Parmi elles, une délégation de dix réfugiés défilera sous la bannière olympique. Une première.

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