Il est minuit moins une en Arizona

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Malgré les rumeurs, Gary Bettman et la LNH vont tout faire pour éviter un déménagement des Coyotes de Phoenix.

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Les joueurs des Coyotes de Phoenix ont tenu une dernière rencontre d'équipe vendredi. Le problème, c'est qu'ils ignorent si cette réunion sera leur dernière en Arizona.

Comme un peu tout le monde, les membres de cette équipe ne savent pas s'il y aura du hockey dans le désert en octobre. L'homme d'affaires Matthew Hulsizer, qui tente d'acheter le club depuis plusieurs mois déjà, a bien rencontré les joueurs avant le dernier match de la série contre Detroit, mercredi soir à Glendale, mais il ne leur a fait aucune promesse.

«Il nous a serré la main sans rien dire, vraiment, a expliqué l'attaquant Éric Bélanger, des Coyotes, lors d'un entretien téléphonique avec La Presse. Après le match, l'entraîneur Dave Tippett nous a félicités pour notre professionnalisme malgré la situation.»

La situation, c'est bien sûr le futur immédiat du club. Les Coyotes éliminés, il est maintenant minuit moins une pour le hockey en Arizona; si Hulsizer et la LNH ne trouvent pas une solution rapide au cours des prochains jours, l'équipe pourrait retourner à Winnipeg la saison prochaine. À l'approche du mois de mai, c'est d'ailleurs un scénario qui semble de plus en plus probable.

Toutes ces histoires n'ont certes pas aidé la cause des Coyotes sur la glace. Éric Bélanger ne cherche pas d'excuses pour expliquer la sortie rapide de sa bande en séries, mais il reconnaît que les murmures entourant le futur du club ont fini par déranger.

«Les rumeurs ne sont pas différentes des rumeurs qui circulaient lors des 82 matchs de la saison, a-t-il ajouté. Ça fait deux ans que ça dure... Mais j'ai trouvé ça ridicule que ça revienne faire les manchettes juste au moment de commencer notre série contre les Red Wings. Ce n'était rien de nouveau. Pourtant, à Detroit, tout ce que les journalistes nous demandaient, c'était de parler de Winnipeg. C'était assez ordinaire.

«Ce n'est pas des excuses pour expliquer notre élimination, mais disons qu'on n'avait pas besoin de ça. On aurait aimé qu'on nous laisse tranquille avec ces histoires-là. Qu'on nous pose des questions au sujet de Winnipeg juste avant de commencer la série contre les Red Wings, disons que c'était un drôle de timing.»

Bélanger, on le sait, a déjà fait savoir publiquement qu'il préférerait poursuivre sa carrière en Arizona plutôt qu'à Winnipeg, entre autres pour des raisons climatiques. Son collègue Ilya Bryzgalov a essentiellement répété la même chose, et de manière encore plus directe.

De toute évidence, les Jets de Winnipeg, s'ils renaissent, vont avoir du travail à faire au chapitre de la réputation de leur ville.

«J'aimerais rester en Arizona, d'enchaîner Bélanger, mais pas juste pour le climat. La plupart des gars, on a des enfants à l'école ici. C'est mon cas. Je pense qu'Adrian Aucoin a cinq enfants qui vont à l'école par ici... C'est sûr que mon premier choix, ce serait de rester. En même temps, je veux continuer avec cette équipe, et on verra où elle va jouer la saison prochaine. On ne sait même pas si l'entraîneur ou le directeur général vont être de retour.»

C'est un autre problème de taille. Qui va rester, qui va partir? Les Coyotes ont huit joueurs autonomes sans restriction en vue de la prochaine saison, un groupe qui comprend Bélanger, mais aussi le défenseur Ed Jovanovski, ainsi que les deux gardiens, Ilya Bryzgalov et Jason Labarbera.

Puisque le club n'a toujours pas de propriétaire, il n'y a aucune négociation de contrat prévue à l'horizon.

«Moi, je me donne trois semaines avant de prendre une décision, d'ajouter Bélanger. On a loué une maison ici, je dois penser aux enfants et à l'école, et il faut que je sache où je m'en vais. Heureusement, je suis dans une bonne position, j'ai connu une bonne saison. Mais je ne peux pas demander un nouveau contrat parce qu'il n'y a pas de propriétaire! Personne ne sait ce qui va se passer.»

Malgré les rumeurs, Gary Bettman et la LNH vont tout faire pour éviter un déménagement des Coyotes. Le commissaire a maintes fois répété qu'un transfert, c'est toujours la dernière des options. En même temps, il reconnaît (enfin) que le temps commence sérieusement à presser.

Les joueurs des Coyotes, eux, se doutent bien que l'aventure dans le désert tire à sa fin.

«C'était très triste dans notre vestiaire après le dernier match contre les Red Wings, reconnaît Éric Bélanger. Tous les gars de ce club se tenaient, on était tous très déçus. Maintenant, on attend.»

Ça fait longtemps que les Coyotes attendent. Tout porte à croire que l'attente tire à sa fin.

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Daniel Brière a récolté 89 points en 86 matchs des séries depuis 2006.

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Brière, le meilleur en séries

Devinez un peu qui est le meilleur marqueur en séries depuis le lock-out de 2004-05? Non, il ne s'agit pas de Sidney Crosby ou bien d'Alex Ovechkin, mais bien de... Daniel Brière.

Eh oui. On a souvent affirmé que les Flyers avaient surpayé Brière, lui offrant un contrat de huit ans pour 52 millions en 2007 (on se souvient aussi que Brière avait dit non au CH avant de dire oui aux Flyers). Mais quand les séries commencent, les Flyers sont sans doute très fiers de cette décision.

C'est que Brière a récolté 89 points en 86 matchs des séries depuis 2006. Dans le milieu, on appelle ça un joueur d'impact, meilleur quand ça compte. Le genre de joueur dont rêvent tous les DG de cette ligue. Le deuxième meilleur compteur des séries depuis 2006 est Chris Pronger, avec 69 points en 86 matchs.

Bien sûr, les plus cyniques vont rappeler que le joueur québécois n'a toujours pas de bague de la Coupe Stanley à ses doigts, mais bon, ce n'est quand même pas de sa faute si les gardiens des Flyers ne sont pas exactement des candidats au trophée Vézina.

Il y a quatre ans, on avait critiqué les Flyers et leur générosité envers Brière, mais aujourd'hui, on réalise que Brière vaut chaque cent de son immense contrat.

Surtout au printemps.

Ilya Bryzgalov... (Photo: Reuters) - image 3.0

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Ilya Bryzgalov

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Des séries qui pourraient coûter cher à Bryzgalov

Pour un gars qui est sans contrat en vue de la prochaine saison, Ilya Bryzgalov n'a certes pas aidé sa cause. Le gardien des Coyotes de Phoenix a connu une solide saison de 36 victoires avec les Coyotes, mais tout s'est effondré en séries, le temps de quatre petits matchs face aux Red Wings de Detroit.

Lors de cette série contre les Wings, le gardien russe a accordé 17 buts. Pas très bon, ça. Au fait, la situation de Bryzgalov me rappelle un peu celle de José Théodore il y a un an.

Théodore, rappelons-nous, avait eu toute une saison avec les Capitals de Washington, récoltant 30 victoires contre seulement sept défaites. Mais il s'était effondré en séries face au Canadien, et avait dû laisser sa place à Semyon Varlamov.

Résultat? Malgré d'excellents chiffres en saison régulière, Théodore n'a pu trouver mieux qu'un contrat d'une seule saison avec le Wild du Minnesota, pour 1,1 million. Lors d'une conversation l'été dernier, alors que Théodore n'avait toujours pas de contrat, un agent bien placé m'avait confié que l'effondrement du gardien québécois en séries contre le Canadien lui avait coûté cher.

Bryzgalov? Il est clair que dans la LNH d'aujourd'hui, sa mauvaise performance en séries risque de lui coûter très cher à lui aussi.

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Les Blue Jackets de Columbus aimeraient déménager dans l'Association de l'Est.

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Les Blue Jackets veulent déménager

Pas à Québec, non. C'est plutôt que les Blue Jackets de Columbus sont tannés d'être dans l'Ouest. On les comprend; Columbus, d'un point de vue strictement géographique, n'est en effet pas dans l'ouest. Et les fans n'ont pas vraiment de rivalité «locale» pour s'emporter dans les bars sportifs.

Pour des raisons économiques avant tout, donc, les Blue Jackets aimeraient déménager dans l'Association de l'Est, selon le Columbus Dispatch. Dans l'Est, il est vrai, les Jackets pourraient établir une rivalité plus naturelle avec Pittsburgh, par exemple (les rivalités avec Pittsburgh et les clubs de l'Ohio fonctionnent à merveille au football américain, doit-on le rappeler).

Puisqu'on y est, on a aussi déjà raconté que les Red Wings de Detroit ne détesteraient pas passer à l'Est eux aussi. Les Wings ont bien sûr une excellente rivalité avec Chicago dans l'Ouest, mais dans l'Est, ça voudrait dire plus de matchs avec de vieux rivaux comme Toronto, Montréal et Boston.

Si on nous demandait notre avis, je crois qu'on opterait plutôt pour le déménagement des Wings dans l'Est. Bien avant celui des Blue Jackets, en tout cas. Il est carrément ridicule de ne pas voir les Wings plus souvent au Centre Bell.

Le chiffre

8

Le nombre de tirs reçus par le gardien Michael Leighton, des Flyers, dimanche à Buffalo. Leighton a accordé trois buts avant de laisser sa place à Brian Boucher en deuxième période.

Les statistiques

3,67 et ,885

Les chiffres de Roberto Luongo depuis le début des séries. Les Canucks ont choisi d'amorcer la rencontre de dimanche soir à Chicago sans lui...

La citation

«Il reste de l'essence dans notre réservoir»

L'entraîneur du Canadien, Jacques Martin.

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