Marc Bergevin et les transactions

Marc Bergevin... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)

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Marc Bergevin

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

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Bougera, bougera pas? La question se posait avant même qu'Alex Galchenyuk et David Desharnais tombent au combat, vu le manque apparent de profondeur du Canadien au centre derrière le numéro 27. Avec les deux centres perdus pour un minimum de six à huit semaines, elle se pose plus que jamais.

LE CONTEXTE

La ligne du centre déployée jeudi par le Canadien allait comme suit : Tomas Plekanec, Phillip Danault, Torrey Mitchell et Brian Flynn. Plekanec connaît une saison épouvantable avec 9 points en 27 matchs et n'a clairement pas les outils pour alimenter les meilleurs ailiers de l'équipe - ni pour affronter les meilleurs défenseurs. Danault est le plus productif du groupe avec 11 points en 27 matchs, une fiche qu'il présente malgré une léthargie de 11 matchs sans point. Mitchell compte 9 points en 27 matchs, dont 7 buts. Son efficacité de 33,3 % sur ses tirs laisse toutefois présager un ralentissement. Enfin, Brian Flynn n'a que 2 petits points en 16 sorties. Dans un monde idéal, l'acquisition d'un centre permettrait à Danault et à Mitchell de piloter les troisième et quatrième trios et à Flynn de retourner à l'aile.

LE CALENDRIER

Le Canadien a livré une performance hors pair jeudi, mais il l'a fait contre une unité défensive un peu louche. Ce soir, c'est au tour de l'Avalanche, la pire équipe de la LNH (à égalité avec les Coyotes de l'Arizona), de débarquer au Centre Bell. Bref, il faut être prudent dans les conclusions à tirer de ces deux matchs. Le calendrier se corsera ensuite, mais cinq des six prochains matchs ont lieu à domicile, où l'avantage de la patinoire aide Michel Therrien à gérer les confrontations. Ça se complique à compter du 23 décembre, car le Tricolore amorcera alors un voyage de sept matchs à l'étranger.

LES ANTÉCÉDENTS

Si on se fie à l'historique de Bergevin, il ne faut pas s'attendre à voir un centre capable de jouer dans les deux premiers trios débarquer à Montréal. À une exception - majeure - près, le directeur général du Canadien a toujours été réticent à donner des joueurs qui ont de la valeur. Et quand il l'a fait, il a eu le flair de laisser partir des joueurs qui n'allaient pas exploser ailleurs. Des 16 joueurs de niveau LNH échangés par Bergevin depuis son arrivée, seulement trois ont disputé 100 matchs par après. Huit des 16 joueurs ne sont plus dans la LNH aujourd'hui. Parmi les huit autres, on retrouve Rene Bourque, qui renaît de ses cendres au Colorado, mais qui était au neutre depuis son départ de Montréal. Devante Smith-Pelly a connu une embellie l'an passé à son arrivée au New Jersey, mais est revenu au naturel cette saison.

L'EXCEPTION

L'exception, c'est évidemment P.K. Subban, mais Bergevin a obtenu en retour un joueur qui occupe exactement la même chaise de défenseur numéro 1. Subban est très productif à Nashville, mais Shea Weber l'est tout autant à Montréal. Lars Eller et Dale Weise ont aussi été échangés dans les bonnes années de leur carrière, mais sont tombés à plat offensivement. Cela dit, on voit mal en quoi Bergevin serait plus avancé s'il sacrifiait un joueur établi pour s'améliorer au centre. Le groupe de défenseurs tient le coup, mais a aussi été épargné par les blessures, à l'exception de Nathan Beaulieu (et Greg Pateryn depuis jeudi). À l'aile, ni Daniel Carr ni Sven Andrighetto n'ont prouvé qu'ils peuvent jouer régulièrement dans les trois premiers trios - un rôle qui les attendrait si un ailier devant eux dans la hiérarchie était échangé.

LE RISQUE

Il reste les espoirs et les choix de repêchage et là aussi, Bergevin s'est montré prudent jusqu'ici. Il a couru un certain risque en cédant Sebastian Collberg aux Islanders de New York pour obtenir Thomas Vanek, mais Collberg joue aujourd'hui en Suède. Du reste, les espoirs échangés jusqu'ici avaient pour noms Tim Bozon, Jarred Tinordi, Christian Thomas, Jack Nevins, Louis Leblanc et Steve Quailer, pour ne nommer qu'eux. Bref, pas de future étoile ici. Quant aux choix de repêchage, Bergevin n'a toujours pas échangé de choix de premier tour. Gardons toutefois à l'oeil les deux choix de deuxième tour qu'il a cédés aux Blackhawks de Chicago l'été dernier pour obtenir Andrew Shaw. Avec l'un d'eux, Chicago a sélectionné Alex DeBrincat, qui est le deuxième compteur de la Ligue junior de l'Ontario. Et le défenseur Samuel Girard était toujours disponible... Avec la transaction Subban-Weber, il s'agit de la seule autre transaction susceptible de revenir hanter Bergevin.

LES OPTIONS

Malgré toutes les critiques qu'il essuie pour son manque d'audace, le DG du CH peut en revanche se féliciter de ne jamais avoir fait mal à son équipe dans une transaction jusqu'ici. Bergevin n'a pas l'habitude de sacrifier des actifs, que ce soit des joueurs établis, de bons espoirs ou de hauts choix au repêchage. S'il veut respecter ses limites habituelles, il a deux choix de deuxième tour en banque pour 2017 (le sien et celui de Washington) et trois pour 2018 (le sien et ceux de Washington et de Chicago). Reste une variable inconnue : quel effet la débandade de l'an passé a-t-elle laissé dans la haute direction ? L'équipe n'a rien sacrifié l'an dernier, mais a subi pour conséquence une exclusion des séries éliminatoires. Si le navire se met à prendre l'eau, risquera-t-on de nouveau le statu quo dans l'espoir d'un retour rapide de Galchenyuk ? Les blessures au genou ont déjà joué des tours à cette équipe...




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