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Louis Leblanc: «Je suis prêt à passer à autre chose»

Après 362 matchs disputés au niveau professionnel, autant... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Après 362 matchs disputés au niveau professionnel, autant en Amérique du Nord qu'en Europe, Louis Leblanc a décidé de prendre sa retraite à l'âge de 25 ans pour retourner sur les bancs de l'Université Harvard.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

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Louis Leblanc fait ses bagages et part vendredi. Non, l'ancien choix de premier tour du Canadien n'a pas accepté d'offre pour jouer en Europe ou ailleurs. Il va laisser son équipement à la maison et plutôt apporter ses livres d'économie.

À 25 ans, l'ancien du Tricolore prend sa retraite du hockey et retourne à l'Université Harvard.

«Je n'avais pas pris de décision finale, car j'ai considéré des offres durant l'été, a expliqué Leblanc en entrevue avec La Presse. Mais là, j'ai hâte de retourner à l'école.»

Cela fait quatre mois que Leblanc ne s'est pas entraîné. Il a plutôt consacré son été à faire un stage au sein de la compagnie d'assurances BFL, qui possède un volet sportif.

«C'était ma première vraie job, constate Leblanc en riant. Ça m'a fait drôle de me retrouver derrière un bureau, à travailler avec des courriels et des fichiers Excel, mais j'ai aimé ça!»

Après un essai infructueux avec les Islanders de New York et une saison qui l'a promené de la KHL à la Ligue suisse en passant par la Ligue élite slovaque, l'attaquant de Kirkland a fait un constat lucide: à défaut de se tailler un poste dans la Ligue nationale, il n'avait pas envie de jouer les globe-trotters alors qu'une seconde carrière est à portée de main.

«J'ai encore la passion du hockey, c'est le hockey qui a fait ce que je suis aujourd'hui», a dit Leblanc.

«Mais pourquoi est-ce que je continuerais à rebondir d'une ligue à l'autre jusqu'à l'âge de 35 ans? Pour ensuite retourner à l'université et arriver sur le marché du travail à 38 ans Qui m'embaucherait?»

Il faut dire que Leblanc a un as dans sa manche que d'autres jeunes hockeyeurs arrivés à la croisée des chemins n'ont pas: la chance de décrocher un diplôme de Harvard.

«J'aurais pu jouer encore en Europe, mais une année de plus en Autriche ou ailleurs ne m'avancerait pas. Tandis que de retourner à l'école, oui.

«J'ai été un premier choix, j'ai été au Mondial junior, j'ai joué 50 matchs dans la LNH... J'ai déjà vécu une vie et je suis prêt à passer à autre chose. Pour moi, ce n'est pas une fin; c'est un commencement.»

Un tournant

Leblanc avait été le choix de premier tour du Tricolore en 2009. Une nomination populaire prononcée dans l'enceinte même du Centre Bell. Ce statut, assure-t-il, ne lui a jamais ajouté de pression additionnelle par la suite.

Ce qui a davantage eu un impact sur son parcours, ç'a été le départ de Jacques Martin et de l'administration qui l'avait repêché.

«Ma deuxième année professionnelle a été un tournant, croit-il. J'ai subi une blessure dès le troisième match des Bulldogs de Hamilton [une entorse à une cheville], il y a eu le lock-out et avant ça, une nouvelle direction était arrivée à la tête de l'équipe. Tout a changé. Je n'étais plus du tout dans les plans.»

Très vite, il a senti le tapis lui glisser sous les pieds. Ils sont si nombreux chaque année à vouloir bousculer l'ordre établi que le temps ne met pas de temps à vous rattraper.

L'élan

Alors qu'il voulait faire oublier une saison difficile dans la Ligue américaine, Leblanc a vu à quel point les choses avaient changé au camp d'entraînement de 2013. Il a été retranché quatre jours seulement après son ouverture. La décision avait été prise avant même que le jeune espoir n'ait eu la chance de se faire valoir.

A posteriori, Leblanc a compris que si un premier choix recevait un traitement digne d'un joueur invité avec l'organisation qui l'avait repêché, ça n'allait guère s'améliorer avec le temps. Ainsi, s'il est aujourd'hui serein à l'idée de tourner la page sur sa carrière de joueur, c'est qu'il ne croyait plus en ses chances de s'établir dans la LNH.

«Il y a tellement de gars qui se battent pour les mêmes postes que rendu à 25 ans, tu es déjà vieux. Si l'on te donne un match préparatoire comme bonbon, tu es bien mieux de compter un but, sinon tu es "out". En fait, il faut que tu marques à chaque match, car dès le premier match moyen, tu es "out".

«Tous les joueurs sont bons. Pour réussir, ça te prend de l'élan. Il faut que le vent te porte. Je n'avais plus ça à Montréal.»

Un jour dirigeant?

La retraite ne veut pas dire que Leblanc a fait un trait définitif sur la Ligue nationale. Il aimerait bien y revenir un jour dans un nouveau rôle.

«Je veux aller chercher des connaissances et de l'expérience en affaires et en gestion pour que, dans quelques années, je puisse être un candidat sérieux pour un poste dans le hockey», soutient-il.

Pour l'heure, les règles de la NCAA lui interdisent de porter à nouveau les couleurs du Crimson de Harvard, qu'il a représenté en 2009. Et puisqu'il est étudiant inscrit, il ne peut pas non plus agir comme entraîneur adjoint à Ted Donato. Mais Leblanc entend néanmoins donner un coup de main et prodiguer des conseils aux plus jeunes. Il n'a que 25 ans, mais il en a déjà beaucoup à transmettre...

«Bienvenue à la maison», lui a dit son ancien entraîneur.

> Réagissez sur le blogue de Mathias Brunet

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Alors qu'il annonce sa retraite, Louis Leblanc tient à remercier Lakeshore Hockey, les Lions du Lac Saint-Louis, Benoit Robert et les Lancers d'Omaha, l'Université Harvard, le Canadien de Montréal et ses partisans ainsi que tous ses coéquipiers et entraîneurs.

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