Vers la mise en échec limitée à l'école

Dès la rentrée, Hockey Québec souhaite interdire complètement... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Dès la rentrée, Hockey Québec souhaite interdire complètement les mises en échec chez les hockeyeurs du réseau scolaire de 13 et 14 ans qui évoluent dans des catégories plus faibles, soit dans la division 2 cadet du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) et dans la catégorie M-15 mineur de la LHPS.

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Après avoir interdit les mises en échec dans les catégories bantam CC et midget BB, Hockey Québec s'attaque au réseau scolaire.

Hockey Québec veut limiter encore un peu plus les mises en échec dès l'année prochaine pour, selon elle, réduire les commotions cérébrales sur la glace. La Fédération avait déjà annoncé l'hiver dernier sa volonté de réduire les mises en échec dans le hockey civil. Elle veut aussi le faire dans le hockey scolaire dès l'année prochaine, a appris La Presse.

« On fait ça pour la sécurité des joueurs. En tant que fédération, on doit fixer les balises, a expliqué hier le directeur général de Hockey Québec, Sylvain Lalonde. On a considéré aussi la part assez minime des jeunes joueurs qui vont atteindre les grandes ligues [dans les catégories visées]. »

La Fédération avait annoncé en mars sa décision d'éliminer les mises en échec dans les catégories bantam CC et midget BB. Ces catégories font partie du réseau civil, ou hockey municipal. Elle veut maintenant le faire aussi dans le réseau scolaire, qui gagne en popularité année après année.

Une proposition en ce sens a été adoptée en mai par son conseil d'administration. Elle sera soumise en fin de semaine à l'assemblée générale annuelle de la Fédération, qui a lieu à Sept-Îles.

Le président de la Ligue de hockey préparatoire scolaire (LHPS), l'une des deux ligues scolaires dans la province, a déploré la décision de la Fédération. « Je ne suis pas amer, mais je suis déçu, a dit Martin Lavallée. C'est un changement majeur, c'est un changement idéologique. »

M. Lavallée a eu des pourparlers avec Hockey Québec l'hiver dernier. « Ils nous ont écoutés, ça, c'est certain », dit-il. Mais il affirme que la décision du conseil d'administration lui a seulement été communiquée dans les derniers jours. « En fin de semaine, des gens du réseau civil vont décider ce qui se fait au niveau scolaire », a-t-il ajouté.

La mise en échec « avec restrictions »

Quels sont ces changements? Dès la rentrée, Hockey Québec souhaite interdire complètement les mises en échec chez les hockeyeurs du réseau scolaire de 13 et 14 ans qui évoluent dans des catégories plus faibles, soit dans la division 2 cadet du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) et dans la catégorie M-15 mineur de la LHPS.

Dans les catégories plus fortes, les joueurs du réseau scolaire de 13 et 14 ans pourront continuer d'utiliser la mise en échec, mais avec des balises importantes. « On appelle ça la mise en échec avec restrictions, c'est un projet-pilote », a dit M. Lalonde.

En gros, les jeunes ne pourront se mettre en échec que s'ils patinent dans le même sens. Mais ils ne pourront se frapper de plein fouet au milieu de la glace. Un attaquant ne pourra non plus mettre en échec un défenseur immobile contre la bande.

Les joueurs bantam BB, dans le hockey civil, vont aussi être soumis à la mise en échec avec restriction dès l'année prochaine, a révélé Sylvain Lalonde.

« Est-ce que ça va faire école dans d'autres divisions? Peut-être. Les mises en échec au milieu de la glace sont très dangereuses, note le directeur général de Hockey Québec. Même dans la LNH, on sévit beaucoup plus qu'avant sur ces mises en échec dangereuses. »

Un système à deux vitesses?

La décision de Hockey Québec fait partie d'un plan plus général qui vise à ne permettre la mise en échec au hockey qu'à partir de 13 ans (bantam) et seulement dans les divisions élite (AAA et AA).

La Fédération voulait que la mise en échec disparaisse entièrement du hockey scolaire, qui ne fait pas partie de l'élite, selon Hockey Québec. « C'est ce qu'on a mis sur la table », dit M. Lalonde en parlant des négociations qui ont eu lieu dans les dernières semaines. Mais la LHPS et le RSEQ se sont opposés à la disparition complète des mises en échec. Le concept de « mises en échec avec restrictions » est donc une forme de compromis.

À la LHPS, on craint que la quasi-disparition des mises en échec ne ferme des portes à certains joueurs dans des niveaux supérieurs.

« On veut donner les outils à nos joueurs pour aller partout où ils veulent par la suite, dit Martin Lavallée. Ils peuvent aller jouer au collégial, dans le junior majeur, aux États-Unis ou même arrêter s'ils le veulent. Mais au moins, le jeune sera allé au bout de son développement. »

« Là, on va créer deux produits qui ne sont pas équivalents. Ça va forcer des gens qui croient que le chemin le plus facile vers le sommet est la Ligue d'excellence [réseau civil élite, NDLR] à faire des choix », dit-il.

Martin Lavallée dit que, l'année dernière, il y a eu « seulement 12 commotions cérébrales » chez les 12 équipes de la catégorie M-15 majeur. Selon lui, c'est la preuve que les changements mis de l'avant par Hockey Québec ne sont pas nécessaires.

L'Association des neurologues du Québec n'est pas d'accord avec lui. Dans une lettre envoyée récemment aux médias, les spécialistes du cerveau demandaient la disparition pure et simple de la mise en échec dans le hockey scolaire.

« Considérant que l'objectif principal de l'école est de former des citoyens en santé et responsables et que la pratique du sport y est faite pour améliorer la santé de nos enfants, il devient essentiel que la règlementation des mises en échec au niveau scolaire soit plus sévère que dans le hockey civil », écrivaient les neurologues, qui pressaient le gouvernement d'agir.

Joint par La Presse au mois de mars, le ministre François Blais s'était contenté de répondre qu'il attendait la remise d'un rapport sur les commotions cérébrales avant de prendre toute position. Ce rapport du groupe de travail sur les commotions cérébrales est depuis des semaines dans les mains du ministre. M. Blais refuse toujours de le rendre public.

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