LNH: vaut mieux former plutôt qu'embaucher

À l'instar des grandes puissances de la LNH,... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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À l'instar des grandes puissances de la LNH, le Canadien compte désormais sur un noyau qu'il a lui-même repêché et formé.

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Les grandes puissances de la LNH ont ceci en commun: leur noyau dur est constitué de joueurs dominants repêchés et formés par l'organisation.

Les Blackhawks de Chicago sont menés par Jonathan Toews, Patrick Kane, Duncan Keith et Corey Crawford. Les Kings de Los Angeles ont Anze Kopitar, Drew Doughty, Dustin Brown et Jonathan Quick. Les Penguins de Pittsburgh peuvent compter sur Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Kristopher Letang et Marc-André Fleury.

Pendant longtemps, le Canadien a cherché à constituer ce noyau dur de mercenaires. Les Vladimir Malakhov, Mark Recchi, Martin Rucinsky, Trevor Linden, Eric Weinrich, Yannick Perrault, Doug Gilmour, Joé Juneau, Richard Zednik, Alex Kovalev, Sergei Samsonov, Roman Hamrlik, Brian Gionta, Mike Cammalleri, Scott Gomez ont tous été «empruntés» d'autres organisations pour combler la faiblesse du noyau interne.

Et pendant deux décennies, le Canadien a connu plus d'échecs que de succès. Cette époque semble finalement révolue. Le Tricolore est désormais mené par des joueurs formés ici et à leur apogée.

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Nombre de joueurs de la formation actuelle du CH qui ont été repêchés et formés par l'organisation

L'équipe a obtenu l'an dernier une saison d'au moins 100 points pour la deuxième fois seulement depuis 1992 et semble bien positionnée pour répéter l'exploit.

Carey Price, 27 ans, cinquième choix au total en 2005, vient de connaître une splendide saison et remporté l'or aux Jeux olympiques. P.K. Subban, 25 ans, repêché en deuxième ronde en 2007, a déjà un trophée Norris en mains et il vient de faire sauter la banque. Max Pacioretty, 25 ans, choix de première ronde en 2007, vient de connaître une saison de 39 buts; seulement trois joueurs ont marqué plus de buts que lui l'an dernier. Lors des trois dernières années, seuls Alex Ovechkin, Steven Stamkos, Corey Perry, Phil Kessel et Joe Pavelski ont marqué plus souvent que lui.

À cette liste pourrait bientôt s'ajouter Alex Galchenyuk, 20 ans, deuxième choix au total en 2012, et peut-être même Brendan Gallagher, 22 ans. Bref, il faut sans doute remonter à la fin des années 80 pour retrouver un noyau de joueurs dominants provenant de l'organisation, alors que le CH pouvait compter sur Patrick Roy, Chris Chelios, Mats Naslund, Stéphane Richer et Claude Lemieux.

Grâce aux choix judicieux au repêchage du Canadien depuis 2005, le DG Marc Bergevin peut embaucher des joueurs pour enrichir son noyau, et non pas pour former ce noyau. Ainsi, Pierre-Alexandre Parenteau n'aura pas à porter l'attaque sur ses épaules, tandis que Manny Malhotra a été acquis pour solidifier le quatrième trio. En défense, Tom Gilbert vient compléter un quatuor et sera utilisé en deuxième vague de supériorité numérique.

André Savard a eu la délicate tâche de construire un noyau du CH avec des joueurs empruntés au début des années 2000. À son entrée en poste comme directeur général, ses piliers s'appelaient Dainius Zubrus, Trevor Linden, Martin Rucinsky, Sergei Zholtok et Jeff Hackett.

«Marc Bergevin a reçu le plus bel héritage, confie-t-il. Il a bien travaillé, il fait de l'excellent boulot, mais il a eu tout un héritage avec Carey Price, Max Pacioretty et P.K. Subban. Et Ryan McDonagh aurait pu faire partie de ce groupe-là...»

Savard a été mis sur les lignes de côté après trois ans au profit de Bob Gainey, celui-là même qui a échangé McDonagh. Il aura eu le temps d'arracher aux Sénateurs d'Ottawa le dépisteur Trevor Timmins, qu'il a nommé responsable du recrutement. Timmins travaille depuis 2003 avec le Tricolore et il a repêché le nouveau noyau de l'équipe.

«Trevor, comme moi, aime le talent, dit Savard. Et c'est ça qui fait la différence. Le meilleur exemple demeure P. K. Subban. Il était désorganisé en défense dans les rangs juniors, son positionnement faisait défaut, mais il avait du talent. Et quand le talent arrive à maturité, ça produit tout un joueur de hockey.»

Avec un tel noyau, les Canadiens peuvent espérer des saisons de 100 points et plus ces prochaines années. «Ils auront encore une fois l'un des bons clubs dans l'Association de l'Est, prédit Savard. Mais l'Ouest demeure supérieur, ce qui rendra la conquête de la Coupe Stanley plus difficile pour le Canadien et les clubs de l'Est.»

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