Christine Girard s'approche de l'or olympique

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L'haltérophile canadienne Christine Girard

Photo Paul Hanna, archives Reuters

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Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

Cinq ans après les faits, la Québécoise Christine Girard est sur le point de devenir la première médaillée d'or - et double médaillée - en haltérophilie de l'histoire olympique canadienne.

Cette perspective est en voie de se concrétiser après que le Comité international olympique (CIO) eut indiqué par voie de communiqué mercredi que l'haltérophile russe Svetlana Tzarukaeva, qui était provisoirement la médaillée d'or des Jeux de Londres en 2012 chez les 63 kg, avait été épinglée pour avoir testé positive au déhydrochlorméthyltestostérone, une substance interdite.

«C'est très significatif et ça envoie un gros message, a déclaré Girard à La Presse canadienne de sa résidence en Colombie-Britannique. On a parfois l'impression qu'on ne performe pas à armes égales sur la scène internationale, mais cette décision envoie le message que ça vaut la peine de rester fidèle à nos valeurs. C'est positif non seulement pour les athlètes canadiens, mais aussi pour les petites filles qui aimeraient pratiquer un sport traditionnellement masculin.»

Puisque la Kazakhe Maiya Maneza avait déjà dû rendre sa médaille d'or à Tzarukaeva, l'automne dernier, après qu'une nouvelle analyse de ses échantillons eut démontré qu'elle avait utilisé une substance interdite, la représentante de l'unifolié devrait maintenant pouvoir grimper sur la plus haute marche du podium. Girard avait initialement décroché la médaille de bronze chez les 63 kg en 2012.

Avant Girard, seuls les Canadiens Gerry Gratton et Jacques Demers avaient obtenu une médaille en haltérophilie aux Jeux olympiques. Gratton avait gagné l'argent chez les 75 kg aux Jeux de Helsinki en 1952, tandis que Demers avait grimpé sur la deuxième marche du podium chez les 75 kg aux Jeux de Los Angeles en 1984. Girard deviendrait donc la première médaillée d'or du pays dans son sport.

«Quand j'ai su que je passais de troisième à deuxième, j'étais contente, mais passer de deuxième à première, ç'a une implication un peu différente, a admis l'ex-haltérophile âgée de 32 ans, qui a grandi à Rouyn-Noranda. Si on pense à Londres, le Canada n'avait obtenu qu'une médaille d'or, donc j'aurais procuré la deuxième au pays. Et c'est un résultat d'autant plus important pour le rayonnement de mon sport.

«Avant, quand je pensais à ma médaille de Londres, je n'avais que de bons souvenirs, a-t-elle ajouté. Maintenant, il y a un petit côté amer qui vient avec parce que la cérémonie de remise des médailles, c'était un moment magique, mais ç'aurait pu l'être encore davantage si j'avais su que j'allais obtenir l'or.»

Un scénario bien connu

Ce n'est pas la première fois que Girard se fait «voler» son moment sur un podium olympique.

Elle avait appris en août 2016 qu'elle mettait la main sur la médaille de bronze des Jeux de Pékin de 2008, après que sa rivale kazakhe Irina Nekrassova, médaillée d'argent, eut testé positive à une substance interdite. Girard avait initialement terminé au quatrième rang en Chine.

Même si elle convient qu'il s'agit d'une journée spéciale pour elle - Girard dit qu'elle fêtera peut-être cet événement avec de la crème glacée -, la principale intéressée soutient qu'il faudra beaucoup de patience avant qu'elle puisse mettre la main sur la médaille d'or tant espérée.

«Les démarches sont entreprises pour la médaille de bronze de Pékin, mais je ne l'ai toujours pas reçue, donc je m'attends à ce que ça prenne du temps (pour celle de Londres), mais malgré tout, j'ai bon espoir de l'avoir dans mes mains éventuellement», a mentionné celle qui est maintenant entraîneuse d'haltérophilie dans la région de Vancouver.

Le CIO n'a pas spécifié dans son communiqué annonçant les sanctions mercredi comment les médailles seront redistribuées. Pour sa part, le Comité olympique canadien (COC) effectue présentement des démarches afin de clarifier la situation.

Deux autres athlètes pris en défaut

Dans le communiqué émis mercredi, le CIO a aussi annoncé que deux lutteurs qui ont participé aux Jeux de Pékin en 2008 avaient été épinglés pour dopage sportif.

L'Ouzbek Artur Taymazov, qui avait obtenu l'or aux Jeux olympiques de 2008 à Pékin, et l'Ukrainien Vasyl Fedoryshyn, qui avait mérité l'argent, ont reçu l'ordre de rendre leur médaille.

Le CIO, qui entrepose les échantillons prélevés auprès des athlètes pendant 10 ans, a réanalysé plus de 1000 d'entre eux provenant des JO de Pékin et de Londres à l'aide de nouvelles techniques perfectionnées qui lui permettent de relever si un athlète a consommé des stéroïdes des mois et des semaines plus tôt, au lieu de quelques jours auparavant.




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