«Le dopage est encore un problème endémique»

Le président de l'Union cycliste internationale, Brian Cookson.... (Photo Steve Helber, archives AP)

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Le président de l'Union cycliste internationale, Brian Cookson.

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Graham Dunbar
Associated Press
Aigle, Suisse

Le président de l'UCI Brian Cookson a déclaré que le dopage «était encore un problème endémique à un plus bas niveau».

Cookson a également confié qu'il demandera à son prédécesseur Hein Verbruggen de se départir de son titre honorifique après qu'un rapport accablant eut révélé que les dirigeants du milieu du cyclisme ont laissé la culture du dopage se développer.

Le document de 227 pages, diffusé lundi après une enquête qui a duré un an, a vertement critiqué Verbruggen et son successeur Pat McQuaid - décrits comme étant des dirigeants «autocratiques» et «faibles» - pour avoir brisé leurs propres règles afin de permettre à Lance Armstrong de devenir l'étoile internationale recherchée en trichant.

«J'ai été surpris et parfois assommé par certains détails» du rapport, a déclaré Cookson en citant la première victoire d'Armstrong au Tour de France en 1999, qui avait été «un moment absolument critique» au cours duquel l'UCI avait envoyé le message qu'elle ne considérait pas le dopage sportif comme étant un problème sérieux.

Le président de l'UCI a admis que «nous n'avons pas réglé le problème», mais a remis en doute la déclaration d'un des témoins qui a évoqué la possibilité que 90 pour cent des meilleurs cyclistes de la planète se dopent toujours.

Cookson espère que la publication du rapport puisse aider à tourner la page sur l'époque du dopage et envoyer le message que le cyclisme est sérieux dans sa démarche pour débusquer les tricheurs.

«Nous ne nous mettrons plus la tête dans le sable, nous ne serons plus les complices du dopage», a-t-il lancé.

Le rapport précise que la première victoire d'Armstrong au TDF n'avait été rendue possible que parce que l'UCI avait accepté une prescription périmée de corticostéroïdes afin d'expliquer les tests antidopage échoués par l'Américain pendant la course.

«Il y a eu de sérieuses lacunes dans les obligations (de l'UCI)... de diriger le sport correctement», a suggéré le rapport, en plus du certificat médical falsifié émis au nom d'Armstrong «qui aurait dû être rapporté aux policiers et aux autorités médicales».

Le manque de volonté de l'UCI à pourchasser Armstrong et les autres coureurs à une époque «infestée» par l'utilisation de l'EPO a été souligné dans le rapport.

«Pourchasser les tricheurs était considéré comme une chasse aux sorcières qui aurait détruit l'image du cyclisme professionnel», a conclu le comité formé de trois enquêteurs.

Armstrong a fait partie des 174 témoins rencontrés par le comité dirigé par Dick Marty, un politicien suisse qui fut responsable d'une enquête sur l'utilisation de prisons secrètes par la CIA en Europe.

«Aucun cycliste n'a voulu admettre volontairement qu'il avait enfreint la politique antidopage», précise le rapport.

Armstrong souhaite que sa suspension à vie imposée par l'Agence américaine antidopage soit réduite, mais le rapport n'aborde pas cet enjeu.

«Je ne suis pas un criminel»

Pour sa part, McQuaid a déclaré qu'il considère que le rapport l'avait blanchi des accusations de corruption qui l'ont éclaboussé dans la gestion du dossier d'Armstrong.

Même si le rapport conclut qu'il avait sapé les efforts de l'UCI pour débusquer les tricheurs en protégeant l'Américain, McQuaid a dit «que le rapport me blanchit totalement sur les principaux enjeux qu'il soulève, dont les accusations de corruption et d'aveuglement volontaire».

McQuaid, qui fut président de l'UCI de 2005 à 2013, a été félicité pour avoir augmenté le budget antidopage, mais critiqué pour avoir offert un traitement de faveur à Armstrong, notamment lorsqu'il a reçu le feu vert afin d'effectuer un retour à la compétition lors du Tour d'Australie en 2009.

McQuaid a confié à l'Associated Press «qu'il avait totalement le droit de reprendre ses activités, comme tout autre athlète, parce qu'il s'est soumis à plus de 200 contrôles antidopage sans jamais en échouer un seul».

De son côté, Verbruggen a réitéré qu'il «n'a rien à se reprocher» à la suite de la diffusion du rapport portant sur la culture du dopage sportif en cyclisme.

Verbruggen a déclaré à l'Associated Press «je ne suis pas un criminel. Je ne suis pas coupable de quoi que ce soit».

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