Avancée québécoise dans le dépistage du cancer du sein

Le risque moyen pour une femme d'avoir un... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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Le risque moyen pour une femme d'avoir un cancer du sein durant sa vie est de 12 à 14 %.

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Une étude internationale à laquelle participent des chercheurs québécois a trouvé 72 nouveaux gènes liés au cancer du sein, ce qui double à 35% la proportion des cas héréditaires qui peut être prédite par des analyses génétiques. Les chercheurs veulent maintenant mettre sur pied un programme de dépistage qui permettrait d'identifier les femmes qui ont deux fois plus de risque d'avoir un cancer du sein dans leur vie.

En 2013, le consortium international de recherche, auquel participe Génome Québec, avait déjà fait passer de 27 à 75 le nombre de marqueurs génétiques associés au cancer du sein. L'annonce d'hier, publiée dans les revues Nature et Nature Genetics, augmente le nombre total de marqueurs de 108 à 180.

«On pouvait déjà expliquer entre 15 et 20% du risque de cancer du sein héréditaire, a précisé Jacques Simard, de l'Université Laval, qui est l'un des coauteurs des nouvelles études. On vient de doubler cette proportion.» Pris isolément, la plupart de ces marqueurs n'augmentent le risque de cancer du sein que de 10 à 30%, mais leur effet combiné peut doubler, voire tripler ce risque.

La prochaine étape est de mettre sur pied un projet-pilote permettant d'établir le risque génétique de cancer du sein chez toutes les femmes. «L'objectif est de cibler seulement les 5% de femmes qui ont un risque de 25% d'avoir un cancer du sein durant leur vie», soit deux fois plus que la moyenne, explique le Dr Simard. «Il s'agit du seuil pour avoir un test de résonance magnétique au Canada. C'est une technologie de dépistage plus sensible, particulièrement pour les femmes plus jeunes, chez qui la biologie du sein rend la mammographie plus sensible.»

Un test génétique à passer une seule fois

Un tel test génétique pour les 180 marqueurs identifiés jusqu'à maintenant coûterait environ 200 $ par femme, selon le Dr Simard. Il faudrait qu'elle passe ce test une fois dans sa vie, probablement à 40 ans, ce qui représente des coûts d'environ 10 millions par année (si on ne compte pas la nécessité de cibler toutes les femmes de tous les âges au début du programme).

«Si une résonance magnétique détecte un cancer plus tôt, les coûts du traitement seront moins grands, dit le Dr Simard. Un traitement pour un cancer du sein de stade 1 coûte 30 000 $ ; au stade 3, on parle de 63 000 $, selon une étude ontarienne de 2014. En plus, on élimine la nécessité des mammographies tous les deux ans à partir de 50 ans, on pourrait les espacer aux trois ans. Sans compter que 25 à 30% des femmes dans la quarantaine ont une mammographie recommandée par leur médecin, une proportion qui pourrait probablement diminuer.»

Avec des collègues du Québec et de l'Ontario, le Dr Simard attend une réponse pour le financement d'un projet-pilote regroupant 10 000 femmes, qui combinerait les prédictions génétiques avec d'autres données, comme le mode de vie, l'historique des grossesses et les antécédents familiaux.

Une étude internationale

Le consortium international, qui regroupe 550 chercheurs de 300 instituts de recherche, a analysé les données génétiques de 275 000 femmes, dont la moitié avaient reçu un diagnostic de cancer du sein. Environ 1000 Québécoises ont participé à l'étude.

Source : Université Laval




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