De bonnes nouvelles pour les couples sérodiscordants

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Sur les couples suivis durant l'étude, aucun des séropositifs n'a transmis le virus à son partenaire.

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Alors que débute la 21e Conférence internationale sur le sida en Afrique du Sud, une nouvelle étude confirme que les séropositifs ayant un niveau indétectable de virus du sida ne peuvent le transmettre à leurs partenaires sexuels. Une séance spéciale sur ces couples «sérodiscordants» aura justement lieu aujourd'hui à Durban.

«C'est une excellente nouvelle», explique Mark Wainberg, qui dirige le Centre de recherche sur le sida de l'Université McGill, à l'Hôpital général juif. «Ça valide l'approche "traitement comme prévention" [treatment as prevention, ou TasP]. La qualité de vie des couples est beaucoup améliorée. »

L'étude publiée mardi dernier dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) a suivi pendant un an et quatre mois 1166 couples sérodiscordants, dont le tiers étaient homosexuels. Ces couples sérodiscordants, dont l'un des deux partenaires était infecté au VIH mais qui, grâce au traitement, avait une charge virale indétectable, avaient tous en commun d'avoir des relations vaginales ou anales sans préservatif. Les couples hétérosexuels avaient en moyenne une relation sans préservatif par période de deux semaines et les homosexuels une par semaine.

Aucun des séropositifs n'a transmis le virus à son partenaire. Dix partenaires séronégatifs homosexuels et un séronégatif hétérosexuel ont été infectés lors de relations non protégées avec d'autres partenaires. Un tiers des homosexuels et 4% des hétérosexuels avaient eu des relations sexuelles extraconjugales non protégées. Les données ont été recueillies auprès de patients de 75 cliniques de 14 pays européens.

«Je crois qu'il y aura beaucoup de gens à la session spéciale sur le TasP à Durban, dit le Dr Wainberg, qui y sera lui aussi. Je connais bien les auteurs de l'étude du JAMA.»

Éradiquer le sida

Le TasP n'est pas important seulement pour la qualité de vie des couples sérodiscordants, mais aussi pour l'éradication éventuelle du sida, selon le Dr Wainberg. «À Durban, on parlera beaucoup d'éliminer l'épidémie. La grande idée est de traiter tout le monde, pour ne pas permettre la transmission de la maladie. À long terme, on va éliminer le réservoir de gens capables de transmettre le virus.»

Le sida deviendra-t-il, comme la tuberculose, une maladie à déclaration et à traitement obligatoires? «Non, parce que la déclaration obligatoire va décourager plusieurs personnes de faire un test, pour éviter la stigmatisation, dit le Dr Wainberg. On propose même de payer une petite somme, 10 ou 20 $, pour encourager les gens à se faire tester, dans les pays plus pauvres. L'Organisation mondiale de la santé préconise l'approche 90-90-90: identifier et traiter 90% des séropositifs, de manière à ce que 90% d'entre eux aient une charge virale indétectable.»

Il s'agit d'un objectif populationnel comparable à celui de la vaccination, qui permet d'avoir un «effet troupeau», note le spécialiste montréalais. L'OMS a avancé la date de 2020 pour l'objectif 90-90-90 et un objectif 95-95-95 pour 2030.

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