Des champignons hallucinogènes pour combattre la dépression?

Le psilocybe semilanceata, une espèce de basidiomycètes, contient de... (PHOTO TIRÉE DE MUSHROOM OBSERVER, WIKIPÉDIA)

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Le psilocybe semilanceata, une espèce de basidiomycètes, contient de la psilocybine.

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Agence France-Presse
Paris

La psilocybine, une substance contenue dans certains champignons hallucinogènes, a donné de premiers résultats prometteurs sur une demi-douzaine de malades atteints de dépression résistant aux traitements, selon une étude publiée mardi.

« C'est la première fois que la psilocybine a été testée dans le traitement potentiel des dépressions majeures », souligne le Dr Robin Carhart-Harris, de l'Imperial College de Londres qui a dirigé cette étude publiée dans la revue britannique The Lancet Psychiatry.

La dépression est un problème majeur de santé publique qui touche des millions de personnes à travers le monde et qui parfois résiste aux traitements existants (médicaments antidépresseurs et psychothérapie).

Selon l'étude, un patient sur 5 ne répond pas aux traitements actuels tandis que beaucoup de ceux qui voient leur état s'améliorer dans un premier temps font des rechutes par la suite.

Les chercheurs ont commencé à étudier la psilocybine, la substance active de certains champignons hallucinogènes, dès les années 1950.

En 2008, des chercheurs américains ont montré qu'elle entraînait des effets durables de bien-être psychique et de plénitude. Ce qui les a conduit à penser que l'hallucinogène pourrait aider certains malades souffrant d'anxiété face à un cancer ou à une dépression.

Les chercheurs britanniques ont pour leur part testé la psilocybine sur 12 patients atteints de dépression modérée à sévère depuis plus de 15 ans en moyenne.

Après un traitement de deux jours, les patients ont été suivis pendant 3 mois.

Selon les chercheurs, les effets psychédéliques ont été observés entre 30 et 60 minutes après la prise des gélules, avec un effet culminant 2 à 3 heures après. Une semaine plus tard, les 12 patients présentaient tous une amélioration et huit étaient en rémission. Au bout de trois mois, cinq étaient encore en rémission.

Compte tenu du petit nombre de patients testés, les chercheurs avertissent qu'il ne faut pas tirer de conclusions « probantes » sur les effets thérapeutiques de la psilocybine, mais que les recherches doivent se poursuivre.

Le Pr David Nutt, qui a participé à l'étude, souligne que l'hallucinogène « cible les récepteurs de la sérotonine, comme la plupart des antidépresseurs actuellement disponibles, mais qu'il possède une structure chimique très différente et qu'il agit plus rapidement que ceux-ci ».

Dans un commentaire joint à l'étude, le Pr Philip Cowen de l'Université d'Oxford reconnait que les résultats obtenus sur trois mois sont « prometteurs, mais pas complètement convaincants ».

Un autre spécialiste, Jonathan Flint, professeur de neurobiologie à l'université d'Oxford, estime de son côté qu'il est « impossible » d'affirmer à ce stade que la molécule est efficace sur la dépression.

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