Les dangers du sucre enfin maîtrisés ?

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Une équipe du centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) a découvert une nouvelle enzyme permettant de réguler le taux de sucre dans le corps, ce qui pourrait aider à trouver des solutions à l'épidémie d'obésité chez l'être humain.

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Renaud Manuguerra-Gagné

Collaboration spéciale

La Presse

Une équipe du centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) espère réécrire les livres de classe en biochimie... et peut-être trouver une solution à l'épidémie d'obésité.

Grâce à une nouvelle enzyme découverte chez l'humain, ces scientifiques dirigés par le Dr Marc Prentki ont trouvé un moyen de réguler le taux de sucre dans le corps. Ils s'attaquent du même coup à des maladies comme le diabète ou les problèmes cardiovasculaires.

Leur découverte a été publiée hier dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

« Le corps absorbe trop de calories par rapport à notre activité physique quotidienne », explique le Dr Prentki en entrevue.

Le sucre que l'on consomme sert à produire de l'énergie pour les cellules, et le surplus est stocké en graisse. Le rôle de l'enzyme, dont le nom abrégé est G3PP, est de s'attaquer au sucre durant cette transformation et de le convertir en un élément inutile pour le corps, le glycérol. Sous cette forme, le sucre est rapidement éliminé de l'organisme.

Protéger le corps

Le corps régule le sucre grâce à l'insuline, une hormone qui contrôle la production d'énergie. Mais quand le sucre atteint un niveau trop élevé dans le sang, il devient toxique. Les premières victimes sont les cellules du pancréas, qui produisent l'insuline. Leur destruction est ce qui cause le diabète. Les nerfs sont aussi fragilisés par un excès de sucre, ce qui entraîne une foule de problèmes touchant la digestion, le mouvement et même la vision.

Selon le Dr Prentki, « contrôler cette enzyme pourrait diminuer non seulement les complications du diabète, mais pourrait aussi empêcher son développement si on prend les patients à temps. On pourrait aussi diminuer la production de graisse, qui est l'une des principales causes de plusieurs maladies cardiovasculaires ».

Mais les promesses du G3PP ne s'arrêtent pas là. Le Dr Prentki voit grand et espère même que leur trouvaille pourrait être utilisée contre le cancer. « Les cellules cancéreuses ont besoin de beaucoup plus de sucre qu'une cellule normale pour se développer. Si on trouve un moyen de baisser la production d'énergie dans la tumeur, on peut diminuer sa croissance. »

L'équipe du CHUM est actuellement en négociation avec une société pharmaceutique pour commencer la recherche de molécules pouvant influencer les niveaux de G3PP chez l'animal. S'ils réussissent à découvrir un tel médicament, d'importantes applications pourraient être en vue chez l'humain.

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