Des chercheurs ont découvert le talon d'Achille du virus Ebola

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L'étude sur les animaux visait à confirmer que la protéine NPC1 jouait bien un rôle clé dans l'infection par le virus Ebola.

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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Agence France-Presse
Washington

Des virologues ont découvert une protéine qualifiée de talon d'Achille du virus Ebola, qui pourrait offrir une protection totale contre l'infection, selon leurs travaux publiés mardi.

Une étude effectuée sur des souris a permis d'identifier une sorte de «verrou moléculaire» empêchant le virus de pénétrer à l'intérieur des cellules, ont précisé ces chercheurs, dont les conclusions sont publiées dans la revue américaine mBio de l'American society of microbiology.

Selon eux, le virus ne peut infecter l'organisme sans s'attacher à cette protéine appelée Niemann-Pick C1 (NPC1), qui se trouve à l'intérieur des cellules immunitaires. Sans elle, Ebola ne peut se répliquer.

«Notre étude révèle NPC1 comme étant un talon d'Achille du virus Ebola pour l'infection des hôtes», a indiqué Kartik Chandran, professeur adjoint de microbiologie et d'immunologie à la faculté de médecine Yeshiva à New York, l'un de ses auteurs.

«Idéalement, de futures études sur des humains à partir du résultat des travaux sur les souris aboutiront au développement d'antiviraux capables de cibler efficacement la protéine NPC1», a-t-il souligné. Cela permettrait d'empêcher l'infection par Ebola, «mais aussi par d'autres filovirus comme Marburg qui sont très pathogènes et ont également besoin de NPC1 pour se multiplier».

Les souris modifiées génétiquement pour bloquer la fabrication de la protéine NPC1 ont été «complètement résistantes» à Ebola tandis que les autres ont toutes été infectées, a-t-il poursuivi.

Des cultures de tissus en laboratoire avaient permis d'observer que le virus Ebola se servait de la protéine NPC1 pour entrer dans le cytoplasme de la cellule. À savoir la région comprise entre le noyau de la cellule et la membrane qui la protège de l'extérieur.

L'étude sur les animaux visait à confirmer que la protéine NPC1 jouait bien un rôle clé dans l'infection par le virus Ebola. Mais elle est également importante pour transporter le cholestérol dans les cellules, ont relevé ces scientifiques.

Les personnes qui, du fait d'une anomalie génétique, ne produisent pas cette protéine souffrent d'un trouble neurodégénératif mortel appelé maladie de Niemann-Pick. Leurs cellules sont obstruées par une accumulation de cholestérol.

Même si un traitement bloquant l'accès du virus Ebola à la protéine NPC1 empêcherait aussi l'acheminement normal du cholestérol dans les cellules, «les malades infectés devraient bien le tolérer car il serait seulement de courte durée», a relevé Andrew Herbert, un virologue de l'U.S. Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID) et co-auteur de l'étude.

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