Sida: un traitement préventif pour les toxicomanes

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Réalisée en Thaïlande sur une période de quatre ans, l'étude a porté sur 2400 utilisateurs de drogues injectables, dont la moitié avaient reçu un traitement préventif et l'autre moitié un placebo.

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Agence France-Presse
Paris

Un traitement préventif à base d'antirétroviraux réduit de près de moitié le risque d'infection par le VIH chez les personnes qui s'injectent des drogues, selon une étude publiée jeudi.

Des études avaient dans le passé déjà montré l'efficacité de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) sur la réduction de la transmission sexuelle du VIH tant chez les hétérosexuels que chez les homosexuels, ainsi que pour la transmission mère-enfant, mais c'est la première fois que des recherches de ce type sont effectuées sur des toxicomanes, précise la revue médicale britannique The Lancet dans sa version en ligne.

Réalisée en Thaïlande sur une période de quatre ans, l'étude a porté sur 2400 utilisateurs de drogues injectables, dont la moitié avaient reçu un traitement préventif et l'autre moitié un placebo.

Le traitement préventif consistait en un comprimé quotidien de ténofovir, un antirétroviral utilisé dans le traitement de l'infection par le VIH. Il est commercialisé sous le nom de Viread par le laboratoire américain Gilead Sciences.

À l'issue de l'étude, 17 toxicomanes en traitement préventif étaient infectés par le VIH, contre 33 dans le groupe témoin, soit une réduction de risque de 48,9%.

Les chercheurs relèvent que la protection s'est avérée nettement moins importante chez les toxicomanes ne prenant pas leur traitement de manière régulière.

«Cette étude montre que la prophylaxie pré-exposition peut être efficace dans toutes les populations à risque», a commenté le Dr Michael Martin, l'un des chercheurs qui ont mené les travaux.

Dans un commentaire accompagnant l'article, le Pr Salim Karim souligne que le traitement préventif doit s'accompagner d'autres mesures de prévention, comme l'échange de seringues usagées, la promotion des traitements de substitution ou encore l'utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels.

Selon deux études réalisées auprès d'hétérosexuels africains et rendues publiques en 2011, le risque d'infection par le VIH était réduit des deux tiers grâce au traitement préventif. L'une des études avait été interrompue, les chercheurs estimant qu'il n'était pas «éthique» de la poursuivre pour les personnes prenant un placebo.

En France, le Truvada, une combinaison de deux antirétroviraux, dont le ténofovir, est actuellement l'objet d'un essai en traitement préventif auprès de 300 homosexuels séronégatifs volontaires (essai Ipergay sous l'égide de l'Agence nationale de recherche sur le sida).

Le Truvada a reçu l'an dernier le feu vert de l'agence américaine du médicament FDA pour être commercialisé comme le premier traitement préventif contre le sida destiné aux personnes à risques aux États-Unis.

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