Découverte de l'ancêtre probable du «hobbit»

Reconstruction d'un homme de Florès.... (Photo Kinez Riza, AP)

Agrandir

Reconstruction d'un homme de Florès.

Photo Kinez Riza, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laurence COUSTAL
Agence France-Presse
Paris

De petits hominidés qui vivaient il y a 700 000 ans étaient probablement les ancêtres de l'énigmatique homme de Florès qui vivait sur la même île indonésienne, ont annoncé des archéologues.

Un fragment de mâchoire découvert sur le site de... (Photo Dr. Gerrit van den Bergh, University of Wollongong (Australie)) - image 1.0

Agrandir

Un fragment de mâchoire découvert sur le site de Mata Menge, où les fameux «hobbits» ont été retrouvés.

Photo Dr. Gerrit van den Bergh, University of Wollongong (Australie)

Deux études publiées mercredi dans la revue britannique Nature devraient mettre fin à certaines controverses vieilles de plus de dix ans autour des origines de l'homme de Florès, surnommé le «hobbit» en raison de sa petite taille.

«Ces étranges hominidés étaient donc déjà présents sur l'île il y a 700 000 ans», explique à l'AFP Yousuke Kaifu du Musée national de la nature et des sciences d'Ibaraki au Japon. «J'étais stupéfait quand j'ai vu ces nouveaux fossiles» ajoute-t-il.

Acte Un : L'homme de Florès, qui aurait vécu il y a 50 000 ans, a été mis au jour en septembre 2003 dans la grotte de Liang Bua sur l'île éponyme en Indonésie.

D'une taille d'environ 1m pour 25 kg, ils étaient dotés d'une tête anormalement petite par rapport à leur corps, abritant un cerveau d'une taille similaire à celui d'un chimpanzé. Ce qui leur vaut le surnom de «hobbits» comme les petits personnages du Seigneur des anneaux de Tolkien.

Acte deux : depuis cette découverte, les scientifiques tentent d'expliquer d'où pourrait venir cet étrange petit être, pourquoi il est si petit et pourquoi, on ne le retrouve que sur cette île.

Pour certains, l'homme de Florès serait un descendant de petits Homo habilis ou de petits australopithèques venus d'Afrique.

Pour d'autres, ce serait un Homo erectus qui aurait progressivement rapetissé pour adapter ses besoins à des ressources peu abondantes.

Nouveau rebondissement : Yousuke Kaifu et son équipe annoncent, dans une étude publiée mercredi dans la revue britannique Nature, la découverte en 2014, de nouveaux fossiles sur l'île.

Fin d'une polémique

Ce trésor, qui a été découvert sur le site de Mata Menge à 100 kilomètres à l'est de la grotte de Liang Bua, où les fameux «hobbits» ont été retrouvés, comprend un fragment de mâchoire et six dents.

Et on peut le qualifier de trésor car le fragment de mâchoire provient d'une mandibule plus petite que la plus petite mandibule de l'homme de Florès !

Des ossements qu'Adam Brumm de l'université de Wollongong en Australie et ses collègues, datent d'environ 700 000 ans dans un seconde étude, publiée également mercredi dans Nature.

«Ce que nous avons trouvé est une énorme surprise», déclare à l'AFP Adam Brumm. «Et laisse penser que l'Homo floresiensis est une espèce extrêmement ancienne qui a acquis sa petite taille très tôt, peut-être peu de temps après son arrivée sur l'île il y a environ un million d'années».

Cette découverte discrédite une des hypothèses jusqu'ici avancée par certains chercheurs puisque si le petit homme était présent il y a 700 000 ans, il ne peut pas être un Homo sapiens, apparu sur Terre bien plus tard.

Fin d'une polémique : l'homme de Florès n'est pas un sapiens malade, atteint de microcéphalie ou de trisomie.

«En outre, l'une des dents retrouvée à Mata Menge, une molaire adulte inférieure, présente des caractéristiques qui évoquent une ascendance avec Homo erectus», précise Adam Brumm.

Une dent qui fait donc plutôt pencher la balance vers la théorie d'un Homo erectus nain, ancêtre de l'homme moderne. Mais cette hypothèse doit encore être confirmée, selon le chercheur, les restes retrouvés étant trop peu nombreux.

Mais pour Yousuke Kaifu, il s'agit bien «de preuves supplémentaires d'un nanisme insulaire marqué». L'homme de Florès pourrait donc bien être un pur produit de l'évolution locale, qui se serait adapté à l'environnement de l'île où les ressources alimentaires étaient rares.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer