Pollinisation : pas juste les abeilles

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Agence France-Presse
Washington

De nombreux insectes comme les papillons ou les guêpes sont d'importants pollinisateurs, trop souvent ignorés, qui peuvent pourtant offrir une parade au déclin des abeilles, suggère une étude publiée lundi.

Des récoltes comme les mangues, les kiwis, le café ou le colza ne dépendent pas des abeilles mais des mouches, des papillons, des scarabées, des guêpes et des fourmis pour leur pollinisation, ont déterminé ces chercheurs dont l'étude paraît dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

«Les scientifiques n'ont pas suffisamment exploré le rôle des insectes autres que les abeilles pour la pollinisation», estime Margie Mayfield, une écologiste des plantes de l'Université de Queensland en Australie, un des co-auteurs.

Cette dépendance à la seule pollinisation des cultures par les abeilles est une stratégie risquée, souligne la chercheuse, en raison des nombreuses menaces que font peser sur les ruches des parasites et le phénomène encore mystérieux de disparition massive des abeilles (colony collapse disorder).

«Les autres insectes qui pollinisent les cultures sont de ce fait une assurance contre le déclin des populations d'abeilles observés un peu partout dans le monde», juge cette scientifique. Elle préconise d'utiliser les conclusions de ces travaux pour encourager des changements dans les pratiques agricoles comme éviter l'utilisation de certains pesticides qui détruisent ces autres pollinisateurs.

L'étude menée par Romina Rader, une environnementaliste de l'Université de Nouvelle Angleterre, a mobilisé une équipe internationale de scientifiques qui a analysé les résultats de 39 études effectuées sur 1739 champs de cultures sur les cinq continents.

Ils ont conclu que les insectes pollinisateurs -- autres que les abeilles -- ont effectué de 25 à 50% du nombre total des visites de fleurs.

«Bien que ces insectes soient moins performants par fleur pour polliniser que les abeilles, ils visitent ces fleurs plus fréquemment», explique Romina Rader.

«Cela permet de compenser leur moins grande efficacité et les rend au final aussi bons pollinisateurs que les abeilles», ajoute-t-elle.

La pollinisation par les seules abeilles représente plus de 15 milliards de dollars par an de récoltes agricoles aux États-Unis, essentiellement des fruits, des légumes et des fruits à coque.

Mais les abeilles sont en danger. Selon une récente estimation du département américain de l'Agriculture, les apiculteurs ont perdu 42% des peuplements de ruches en 2014-2015.

Face à cette situation, la Maison-Blanche a lancé en mai un plan d'action national.

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