Explosion d'une fusée: un satellite montréalais part en fumée

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Des dizaines de travailleurs spécialisés de Montréal ont littéralement vu des années de leur travail partir en fumée, hier, lorsque le satellite qu'ils ont contribué à construire a été détruit dans l'explosion spectaculaire de la fusée qui devait le mettre en orbite.

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Toute la charge utile du satellite Amos-6 - soit son contenu technologique - a été conçue et fabriquée chez MDA, dans l'ouest de l'île de Montréal.

Photo David Boily, Archives La Presse

Toute la charge utile du satellite Amos-6 - soit son contenu technologique - a été conçue et fabriquée chez MDA, dans l'ouest de l'île de Montréal, a confirmé hier l'entreprise à La Presse. La plateforme - soit le contenant - était israélienne.

L'engin était monté sur une fusée Falcon 9 de la société SpaceX et devait s'envoler demain, de Cap Canaveral, en Floride. Mais des opérations de dernière minute ont fait complètement dérailler ce scénario.

« La perte de Falcon est intervenue durant les opérations de remplissage des réservoirs », a tweeté hier Elon Musk, le patron de SpaceX. « L'origine [de l'explosion] se situe autour du réservoir d'oxygène de l'étage supérieur. La cause est pour le moment inconnue. »

Un enregistrement vidéo montre l'ampleur impressionnante de la déflagration. Aucun blessé n'est heureusement à déplorer.

Chez MacDonald, Dettwiler & Associés (MDA), à Saint-Anne-de-Bellevue, on était en deuil, hier.

« On a beaucoup d'employés qui ont travaillé au cours des dernières années sur ce programme. Un satellite, ça prend un minimum de deux ans. »

- Béatrice Agostini, porte-parole de MacDonald, Dettwiler & Associés

Un tel événement, « quand on a mis beaucoup de temps sur un projet, c'est toujours regrettable. On préférerait avoir le satellite en orbite et fonctionnel, bien entendu. Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent parfois, a continué Mme Agostini en entrevue téléphonique. L'important, c'est qu'il n'y ait pas de personnes blessées. »

Joël Lampron, un élu syndical au sein de l'entreprise, a confirmé qu'il s'agissait « d'un gros projet » pour ses membres. « Il y a beaucoup d'heures de travail là-dessus. Ça a occupé beaucoup de personnes. »

« C'est sûr qu'on [est] déçu, mais ça ne remet pas en cause la qualité de notre travail », a-t-il ajouté.

Les assembleurs spécialisés représentés par son syndicat s'en remettront vite, mais ceux qui ont « travaillé deux ans à mener le projet à terme pour rien, ce sont eux qui doivent être affectés ».

DÉCEPTION POUR FACEBOOK

MDA n'est pas la seule entreprise à regretter l'explosion. Le grand patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a aussi déploré l'accident.

« Alors que je suis ici en Afrique, je suis très déçu d'apprendre que le lancement raté de SpaceX a détruit notre satellite, qui aurait pu offrir une connexion à tant d'entrepreneurs et à tout le monde à travers le continent », a-t-il écrit sur la plateforme qu'il a fondée.

C'est qu'Amos-6 devait notamment contribuer à améliorer l'accès à l'internet en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient et en Europe dans le cadre d'un projet de Facebook. D'autres clients devaient aussi utiliser ses services, notamment pour la transmission télévisuelle.

Ces tâches auraient été accomplies grâce au savoir-faire montréalais. C'est à Saint-Anne-de-Bellevue que la « charge utile » de l'engin a été conçue et fabriquée. La charge utile, « c'est ce qui permet au satellite d'opérer, c'est sa mission : par exemple, ses antennes », a expliqué Béatrice Agostini, de MDA. « Le client israélien, soit IAI, était capable de faire sa plateforme. »

La propriété du matériel avait été transférée à IAI au moment de l'explosion. MDA aurait toutefois effectué quelques opérations dans les semaines suivant le décollage. « Une fois que le satellite est en orbite, on fait toujours des tests pour vérifier son bon fonctionnement opérationnel. C'est certain qu'il y aurait eu des tests », a indiqué Mme Agostini.

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