Peut-être une neuvième planète dans le système solaire

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Si l'existence de cet objet était confirmée, cela serait «la neuvième planète», a relevé Mike Brown, un professeur d'astronomie planétaire.

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Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
WASHINGTON

Une neuvième planète pourrait se trouver dans la partie la plus éloignée du système solaire, ont annoncé mercredi des astronomes américains qui se sont lancés à sa recherche pour confirmer cette prédiction.

Cet objet, baptisé «Neuvième planète», aurait une masse d'environ dix fois celle de la Terre et serait sur une orbite vingt fois plus éloignée que celle de Neptune, qui évolue autour du soleil à une distance moyenne de 4,5 milliards de kilomètres.

En fait cette planète effectuerait une orbite elliptique complète autour du soleil entre 10 000 et 20 000 ans, précisent ces chercheurs Konstantin Batygin et Mike Brown de l'Institut de technologie de Californie (Caltec).

Ces scientifiques n'ont jamais observé la planète directement, mais ont fait cette découverte avec des modèles mathématiques et des simulations par ordinateur.

L'existence de cette neuvième planète permettrait d'expliquer l'évolution mystérieuse d'objets dans cette zone éloignée du soleil restée largement inexplorée, expliquent ces scientifiques.

Si l'existence de cet objet était confirmée, cela serait «la neuvième planète», a relevé Mike Brown, un professeur d'astronomie planétaire. «Il n'y a eu jusqu'à présent que deux planètes découvertes dans notre système solaire depuis l'antiquité et ce serait dans ce cas la troisième».

«Il y a encore une grande partie de notre système solaire qui reste à être exploré et cela est très exaltant», a poursuivi l'astronome.

Selon lui, vu que la masse de cet objet serait 5000 fois celle de Pluton, il n'y aura pas de débat sur son statut de planète.

Pluton, qui a longtemps était considéré comme la neuvième planète, a perdu ce statut en 2006 vu sa trop petite taille pour être classée désormais comme une planète naine. Mike Brown, dont le compte Twitter s'appelle @plutokiller, avait lui-même oeuvré à ce que Pluton perde son statut de «planète».

«Rien de définitif»

Cette neuvième planète domine par sa force gravitationnelle son voisinage dans le système solaire, une région plus vaste que celles influencées par les planètes connues, notent ces astronomes, dont les travaux sont publiés dans l'Astronomical Journal.

Ils ont montré comment l'existence de cette planète permet d'expliquer l'évolution mystérieuse d'objets glacés et de débris qui se trouvent loin dans le système solaire, au-delà de Neptune, dans la ceinture de Kuiper.

Cette zone abrite notamment les planètes naines Pluton, Eris, Makémaké et Hauméa.

«Bien que nous ayons été sceptiques initialement nous sommes de plus en plus convaincus de son existence en poursuivant notre recherche», explique Konstantin Batygin, professeur adjoint de science planétaire à Caltech.

«Pour la première fois depuis 150 ans, nous avons de solides indications que l'inventaire du système solaire est incomplet», ajoute-t-il.

La présence de cette neuvième planète ne contribue pas seulement à expliquer l'alignement des objets dans la ceinture de Kuiper, mais aussi le comportement étrange de certains corps comme Sedna.

Découvert par Mike Brown en 2003, cet objet, à la différence de la plupart des autres dans la ceinture de Kuiper, ne s'approche jamais très près de Neptune, ce qui indique l'influence gravitationnelle d'une autre planète.

Ces deux astronomes continuent à peaufiner leurs simulations afin d'en apprendre davantage sur l'orbite de la neuvième planète et sur son influence sur la partie éloignée du système solaire.

Mike Brown et d'autres astronomes ont commencé à scruter le ciel avec des télescopes à la recherche de la planète, encourageant la communauté astronomique à les imiter.

Pour Robert Massey, directeur adjoint de la Royal Astronomical Society à Londres, qui n'a pas participé à cette recherche, ces travaux «sont vraiment intéressants». Mais a-t-il souligné dans un communiqué, «il n'y a encore rien de définitif...car il s'agit d'un modèle mathématique».

Il y a eu des cas similaires dans le passé où des astronomes avaient prédit la présence d'une planète qui n'a jamais été trouvée, rappelle le scientifique.

«Ce serait vraiment excitant de faire une telle découverte, mais pour le moment cela reste seulement une prédiction», résume-t-il.

Mais Alessandro Morbidelli, un astronome à l'Observatoire de la Côte d'Azur à Nice en France, a estimé dans le magazine New Yorker que «ces travaux fournissent pour la première fois une preuve tangible de l'existence d'une autre planète».

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