Les aventures de robot Philae, début du Tome 2

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L'objectif de la mission de l'Agence spatiale européenne (ESA) est de mieux comprendre l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive.

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Pascale MOLLARD
Agence France-Presse
Paris

Le petit robot européen Philae, qui s'est réveillé ce week-end après sept mois d'hibernation sur la comète «Tchouri», devrait reprendre progressivement ses aventures scientifiques alors que son hôtesse file vers le Soleil, escortée par la sonde Rosetta.

Ce trio inédit laisse espérer de grandes avancées dans la connaissance des comètes. L'objectif de la mission de l'Agence spatiale européenne (ESA) est de mieux comprendre l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive.

«Pour le moment, nous cherchons à améliorer la communication avec Philae», a déclaré lundi à l'AFP Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES, l'agence spatiale française, à Toulouse.

«Pour pouvoir commencer à faire de la science, il faudra quelques jours, peut-être une semaine», a indiqué Alvaro Gimenez, directeur de l'exploration scientifique et robotique à l'ESA, lors d'un point de presse au Salon du Bourget près de Paris.

Muni de dix instruments, le robot-laboratoire, qui a réalisé le 12 novembre une première historique en atterrissant sur le noyau d'une comète, avait travaillé pendant 60 heures avant de s'assoupir faute d'un ensoleillement suffisant pour permettre à ses batteries solaires de fonctionner.

Depuis le module, qui se trouve à 304 millions de kilomètres de la Terre, ne donnait plus de signe de vie. Il a créé la surprise en parvenant dans la nuit de samedi à dimanche à rentrer pendant deux minutes en contact avec Rosetta et à lui envoyer des données.

Il a réussi à communiquer une deuxième fois pendant quatre minutes la nuit suivante. «Les données reçues pendant ce deuxième contact ont confirmé que Philae était en bonne condition et prêt à fonctionner», a déclaré dans un communiqué Stefan Ulamec, responsable de l'atterrisseur pour l'agence allemande DLR.

«La vie est belle» sur la comète, a tweeté Philae via l'ESA. «Je reçois trois heures de lumière par jour et je me sens requinqué.»

La comète tourne sur elle-même en 12H40, ce qui devrait permettre en théorie de pouvoir communiquer avec le robot deux fois par jour terrestre. Mais cela dépend aussi de la position de Rosetta, car c'est elle qui récupère les signaux de Philae pour les transmettre à la Terre.

«Nous ne recevons pas les données de façon régulière ni en grande quantité, probablement parce que Philae est loin de Rosetta», a expliqué à l'AFP Mark McCaughrean, conseiller scientifique à l'ESA.

Changer le plan de vol

La sonde, qui a largué le module sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko après dix ans de voyage dans l'espace, est actuellement à environ 180 kilomètres d'elle.

Elle se tient désormais à une distance respectueuse, car «Tchouri» rejette de plus en plus de gaz et de poussières (dégazage) à mesure qu'elle se rapproche du Soleil. La comète est pour le moment à 210 millions de kilomètres de l'astre et elle devrait être au plus proche de lui le 13 août.

Pour améliorer la communication entre Philae et Rosetta, il faudrait que la sonde modifie rapidement son plan de vol, souligne M. Gaudon.

«Nous allons aussi demander à l'ESA que la sonde se rapproche un petit peu» de la comète. Les responsables de la mission Rosetta «sont en train d'étudier» cette possibilité.

Les premiers contacts ont été trop courts pour permettre d'envoyer des ordres à Philae afin qu'il se remette au travail.

«Ce n'est que lorsque nous aurons un quart d'heure de communication avec lui que nous pourrons lui envoyer des commandes pour qu'il fasse de la science», souligne M. Gaudon.

Le robot devrait commencer par des activités «simples et peu consommatrices d'énergie. Ce n'est que plus tard qu'il pourrait recevoir l'ordre de faire un forage à la surface du noyau de la comète dans l'espoir de trouver des molécules organiques qui ont pu jouer un rôle dans l'apparition de la vie sur Terre.

En novembre, Philae, qui est coincé entre des falaises, avec une de ses trois pattes en l'air, avait tenté un forage, mais celui-ci n'avait rien ramené. «Nous allons regarder si nous pouvons tourner un peu le robot», indique Mark McCaughrean.

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