Le robot Philae se réveille

Équipé de panneaux solaires, Philae était éteint depuis... (Illustration fournie par l'agence spatiale européenne)

Agrandir

Équipé de panneaux solaires, Philae était éteint depuis le 15 novembre, faute d'un ensoleillement suffisant pour lui permettre de retrouver de l'énergie.

Illustration fournie par l'agence spatiale européenne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Paris

«Hello la Terre!» Assoupi depuis sept mois sur la comète «Tchouri», le robot européen Philae s'est réveillé dans la nuit de samedi à dimanche, laissant espérer qu'il allait pouvoir se remettre au travail sans attendre.

«Philae est vivant! C'est formidable! Nous avons pu récupérer des signaux de sa part pendant deux minutes, ainsi que 40 secondes de données», a annoncé dimanche Jean-Yves le Gall, président du CNES, l'agence spatiale française.

«Hello la Terre! Vous m'entendez?» a tweeté le robot, via l'agence spatiale européenne (ESA).

«L'atterrisseur est prêt à reprendre ses opérations», a déclaré Stefan Ulamec, responsable du robot, dans un communiqué de l'agence spatiale allemande DLR.

«Nous sommes redevenus optimistes. Nous sommes prêts à travailler 24 heures sur 24 pour Philae», a souligné Philippe Gaudon, responsable de la mission pour le CNES à Toulouse, qui craignait que le robot ne soit endommagé.

«Philae va se remettre au travail», a assuré M. Le Gall.

Le robot devrait dans quelque temps être en mesure de prendre des images et de récolter des données sur la comète, a indiqué M. Gaudon.

La mission de la sonde Rosetta et de son robot Philae, qui a nécessité plus de vingt ans de travail, cherche à percer l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive.

La nouvelle tant attendue du réveil de Philae a réjoui le monde de l'espace, qui avait suivi avec passion les tribulations du robot l'hiver dernier. «La @NASA dit bonjour à Philae», a tweeté l'agence spatiale américaine. «Tout le monde fête le réveil de @Philae2014», a gazouillé le Royal Observatory.

Le réveil de ce robot-laboratoire, muni de dix instruments, s'est produit samedi à 22h28, heure européenne.

Après avoir voyagé dix ans en compagnie de la sonde Rosetta et parcouru plus de 6 milliards de kilomètres, Philae a réussi une première historique en se posant le 12 novembre 2014 sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko.

Mais l'atterrissage du robot, qui pèse 100 kilos sur la Terre, mais est plus léger qu'une plume sur la comète, n'avait pas été de tout repos. Après plusieurs rebonds, il s'était retrouvé entre des falaises dans un lieu très peu éclairé. Il avait quand même réussi à travailler environ 60 heures.

«Philae va très bien»

Équipé de panneaux solaires, Philae était éteint depuis le 15 novembre, faute d'un ensoleillement suffisant pour lui permettre de retrouver de l'énergie.

La comète, escortée par Rosetta, se rapproche peu à peu du Soleil - elle est actuellement à 210 millions de km de lui - et le robot est finalement parvenu à sortir de sa torpeur grâce à l'amélioration de la luminosité et à l'élévation de la température.

«Nous avons été surpris que cela se passe cette nuit, même si nous espérions depuis plusieurs mois qu'il se réveille», a déclaré à l'AFP Patrick Martin, qui dirige la mission Rosetta.

Les deux minutes de communication entre Philae et Rosetta, qui se trouve à 180 millions de km de la comète, ont «suffi pour confirmer que Philae est en bonne santé et que ses sous-systèmes sont OK en termes d'énergie et de température pour continuer à communiquer avec la sonde», a indiqué M. Martin.

«Philae va très bien. Il est à une température opérationnelle de -35 degrés Celsius et il dispose de 24 watts de puissance», a expliqué M. Ulamec. Le robot remplit de ce fait les conditions pour pouvoir fonctionner.

Philae est équipé d'un interrupteur thermique qui ne se déclenche que lorsque la température intérieure du robot atteint -45 degrés Celsius. Tant qu'il était au-dessous de cette température, le robot ne pouvait pas se réveiller.

Pour pouvoir entrer en contact avec la sonde et recevoir ses télécommandes, Philae a aussi besoin de 12 watts au minimum. Et pour pouvoir répondre et envoyer des données, il lui faut 19 watts au minimum.

Dans la nuit de samedi à dimanche, Philae a déjà envoyé des données, que les scientifiques vont analyser. Il faudra plusieurs heures, voire plusieurs jours pour les décrypter.

Dans la mémoire de Philae sont stockés des paquets de données. Elles donneront des informations aux scientifiques sur ce qui s'est passé ces derniers jours pour le robot, qui a sans doute commencé à se réveiller avant samedi mais n'avait pu entrer en contact avec Rosetta.

La comète sera au plus proche (périhélie) du Soleil le 13 août.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer