SpaceX réussit un test du système d'éjection de ses futurs astronautes

La capsule expérimentale non habitée, équipée de 270... (PHOTO SCOTT AUDETTE, REUTERS)

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La capsule expérimentale non habitée, équipée de 270 capteurs avec à bord pour seul passager un mannequin, s'est arrachée de sa plateforme de tir sur la base aérienne de Cap Canaveral comme prévu à 9h00, selon les images retransmises en direct par la télévision de la NASA.

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
WASHINGTON

La société californienne SpaceX a réussi mercredi le premier test de son système d'éjection qui permettra aux futurs astronautes à bord de son vaisseau spatial Dragon V-2 de se poser sans encombre sur l'océan en cas d'avarie du lanceur lors du décollage.

Le bon fonctionnement de ce système de secours était un élément crucial pour l'avenir du programme.

La capsule expérimentale non habitée, équipée de 270 capteurs avec à bord pour seul passager un mannequin, s'est arrachée de sa plateforme de tir sur la base de Cap Canaveral (Floride) comme prévu à 9 h locale.

Le test a duré environ deux minutes, depuis l'allumage des moteurs jusqu'au moment de l'amerrissage.

La capsule Dragon V-2 a été propulsée jusqu'à environ 1500 mètres d'altitude. Le système d'éjection s'est alors séparé de Dragon qui, peu après, a déployé trois grands parachutes avant de retomber en douceur et de se poser dans l'Atlantique, à environ 1,5 km au large de la côte.

«Félicitations à SpaceX pour ce qui paraît avoir été un test réussi en vue d'obtenir la certification de Dragon V-2 pour des missions vers et depuis la Station spatiale internationale (ISS)», a déclaré Kathy Lueders, responsable à la Nasa du programme de transport commercial des astronautes.

«Il s'agit d'une étape essentielle pour assurer la sécurité des équipages de la Nasa et d'entités privées pour des vols en orbite terrestre basse», a-t-elle ajouté dans un communiqué.

C'est également un pas important dans les efforts de la Nasa de reconstituer les capacités permettant de lancer des astronautes vers l'ISS depuis le sol américain.

Depuis le dernier vol de la navette en 2011, les États-Unis dépendent exclusivement des Soyouz russes à plus de 70 millions de dollars le siège pour acheminer leurs astronautes à la Station spatiale.

Le système de secours de SpaceX est similaire au mécanisme d'éjection du siège d'un pilote de chasse sauf que, dans ce cas, c'est le vaisseau et son équipage qui sont éjectés.

La puissance du système permettra d'éjecter Dragon V-2 et son équipage de sept astronautes à 100 mètres de la fusée en deux secondes, et à plus d'un kilomètre en un peu plus de cinq secondes, a précisé SpaceX.

Dragon V-2 doit, à partir de fin 2017, transporter des astronautes vers l'ISS dans le cadre d'un contrat de 2,6 milliards de dollars passé avec la Nasa en 2014.

Boeing a également été retenu par l'agence spatiale pour offrir ce service avec sa capsule CST-100, selon un contrat de 4,2 milliards de dollars. Boeing n'a pas encore testé son système de secours.

Sophistiqué, moderne et sûr 

Jusqu'alors le système de secours, comme celui qui équipait les capsules du programme Apollo de conquête de la Lune, consistait en une petite fusée attachée sur le dessus du vaisseau. En cas de problème du lanceur au décollage ou durant les premiers moments du vol, la fusée de secours allumait son moteur et éjectait la capsule loin du lanceur.

Ce système est utilisé par les Soyouz russes et la capsule chinoise Shenzhou.

Le mécanisme de SpaceX est complètement intégré au vaisseau et pourrait fonctionner jusqu'à la mise sur orbite, soit jusqu'à dix minutes après le décollage.

Cette capacité fera l'objet du prochain test plus tard cette année.

«C'est l'approche la plus sophistiquée et moderne en matière de système d'éjection et, selon moi, c'est également la plus sûre pour un lancement», avait dit devant la presse avant ce test Hans Koenigsmann, le responsable technique de la mission à SpaceX.

La Nasa a tiré les leçons de l'accident de sa navette spatiale Challenger, qui s'était désintégrée 73 secondes après son lancement le 28 janvier 1986, tuant les sept astronautes à bord.

Les navettes n'étaient pas équipées de système de secours car c'était techniquement trop compliqué. Ainsi, rien ne pouvait sauver l'équipage en cas de problème avec le système de lancement pendant les deux premières minutes de vol.

Ensuite, après la séparation des deux fusées d'appoint, la navette avait la possibilité en cas d'avarie de revenir se poser en planant, soit au centre Kennedy ou, plus tard dans le vol, sur une des trois bases prévues en Europe, deux en Espagne, et à Istres, dans le sud-est de la France.

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