L'ATV-5 va rentrer dès dimanche à cause d'un problème électrique

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La fusée qui transporte ATV-5

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Paris

Fin de partie précipitée pour le cargo européen chargé de ravitailler la Station spatiale internationale (ISS): l'ATV-5 se désarrimera samedi comme prévu, mais rentrera dans l'atmosphère dès dimanche, avec douze jours d'avance, en raison d'un problème technique.

Cet incident de dernière minute, lié à une défaillance dans un circuit d'alimentation électrique détectée il y a quelques jours, ne devrait pas ternir la grande aventure spatiale des ATV qui ont permis à l'Europe de prouver sa maîtrise de l'amarrage totalement automatique, une technologie de pointe.

«Ce n'est pas un problème critique, mais plutôt un petit souci. L'ATV, qui a quatre panneaux solaires, est capable de fonctionner normalement avec seulement trois chaînes de puissance» (circuit d'alimentation électrique, NDLR). «Même s'il n'avait plus que deux chaînes de puissance, il serait à même de se détacher de l'ISS et de faire sa rentrée dans l'atmosphère», a expliqué vendredi à l'AFP Dominique Siruguet, adjoint au chef du programme ATV.

Mais l'ESA a préféré ne pas prendre de risque. Elle a décidé que son cinquième et ultime cargo ATV, qui vient de passer six mois arrimé à l'ISS, à environ 400 km de la Terre, se désintègrerait dans l'atmosphère dès le 15 février au lieu du 27 février.

L'agence a également abandonné son projet de faire rentrer l'ATV-5 avec «un angle assez plat». Le but recherché était de recueillir des données en vue de la préparation du retour de l'ISS et de sa désintégration qui pourraient intervenir aux alentours de 2024.

Finalement, le cargo automatique, long de 10 mètres, va effectuer une rentrée classique, avec une angle très important afin qu'il se détruise au maximum (environ 95%) dans l'atmosphère sous l'effet de l'échauffement.

Les débris restants tomberont dans le Pacifique, dans une zone inhabitée et sécurisée pour l'occasion.

L'ATV (véhicule de transfert automatique) était arrivé le 12 août avec 6,6 tonnes de fret (eau potable, carburant, aliments, vêtements et matériel de recherche) pour ravitailler les astronautes de la station spatiale.

Il va repartir chargé de déchets (pièces mécaniques, matériel dégradé ou en fin de vie, poubelles de l'équipage...).

Une pièce de 2 euros

Le désarrimage de l'ATV-5, baptisé du nom du physicien belge Georges Lemaître (le père de la théorie du Big Bang), est prévu samedi vers 8h40 (heure de l'Est).

Dimanche, les manoeuvres de désorbitation débuteront vers 9h30 (heure de l'Est). Tout devrait être terminé vers 13h12.

Le premier ATV, le «Jules Verne», a été lancé en mars 2008 par une fusée Ariane 5. En sept ans, cinq ATV, d'une masse de 20 tonnes chacun, se sont arrimés avec succès.

«Les ATV sont de grands et complexes vaisseaux qui ont démontré l'expertise technique de l'Europe», souligne Massimo Cislaghi, chef du programme ATV à l'ESA.

«C'est la fin d'une aventure de près de 30 ans», déclare à l'AFP François Auque, directeur général de Space Systems, la branche spatiale du groupe Airbus, qui a produit l'ATV.

Le programme ATV a été officiellement lancé par l'ESA en 1995, mais les premières études avaient démarré en 1986. Douze pays européens ont été impliqués.

«C'est l'objet spatial le plus complexe jamais fabriqué en Europe», assure M. Auque. Il a été capable de s'arrimer à l'ISS sans aucune intervention humaine avec une précision de 2 centimètres (soit une pièce de deux euros), après avoir synchronisé sa vitesse avec celle de la station (28 000 km/h).

«Pour l'ATV-4 et l'ATV-5, nous sommes même arrivés à une précision de 1 millimètre, au point que les astronautes de l'ISS n'ont rien senti», assure M. Auque.

L'ATV a également servi à rehausser l'orbite de la station spatiale (417 tonnes) qui a tendance à perdre de la hauteur. Il a réussi à la remonter de 40 km en une seule fois, «un record mondial», selon M. Auque.

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