L'Europe lance mercredi un petit avion spatial expérimental

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Si la mission IXV se passe bien, l'Europe aura franchi «un pas fondamental».

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
PARIS

L'Europe lance mercredi un petit avion spatial expérimental afin de tester sa rentrée contrôlée dans l'atmosphère: une étape clef pour la conception d'engins aptes à revenir sur Terre.

Dépourvu d'ailes, ce vaisseau non habité volera un peu comme un avion lors de sa rentrée dans l'atmosphère, grâce à son design aérodynamique.

Baptisé IXV (prononcer à l'anglaise «I» «X» «V» pour Intermediate eXpérimental Vehicle»), il mesure cinq mètres de long et pèse environ deux tonnes.

Depuis une semaine, il est installé au sommet d'une fusée européenne Vega. Elle doit être tirée mercredi à 8 h, heure de l'Est, depuis le port spatial de Kourou (Guyane française).

«Le retour d'orbite est une des disciplines les plus difficiles à réaliser dans le domaine du spatial», déclare à l'AFP Giorgio Tumino, responsable du programme IXV à l'Agence spatiale européenne (ESA).

Si l'angle de rentrée est trop important, le vaisseau risque de brûler. S'il est trop faible, IXV risque de ne pas atteindre le point fixé pour son retour sur Terre, souligne l'ESA.

La mission du véhicule expérimental sera courte: cent minutes. IXV se séparera du lanceur 18 minutes après le tir, à 320 km de la Terre. Il montera jusqu'à une hauteur de 450 km puis entamera sa descente.

À 120 km, il rentrera dans l'atmosphère à la vitesse très élevée de 7,5 km par seconde (27 000 km/h). Le frottement avec l'air ralentira le vaisseau. Sa forme aérodynamique le portera, lui permettant de voler brièvement avant que ses parachutes s'ouvrent et qu'il plonge à un point précis dans l'Océan Pacifique, loin de toute zone habitée. Un bateau se chargera de la récupérer.

«L'Europe excelle à mettre des satellites en orbite. Nous avons aussi un bon savoir-faire pour réaliser des amarrages», comme l'a montré le cargo ATV. Mais nous sommes derrière les Américains, les Russes et même les Chinois en matière de rentrée dans l'atmosphère», reconnaît M. Tumino.

«Un pas fondamental»

Les Américains ont fait voler pendant trente ans leur navette spatiale avant de l'abandonner en 2011.

Actuellement, les Russes sont les seuls à pouvoir effectuer des retours sur Terre d'astronautes grâce aux capsules Soyouz.

Le Dragon de la société américaine SpaceX permet de ramener du fret. Et la Nasa a lancé avec succès, en décembre, son véhicule expérimental Orion dont la capsule a effectué sans problème son retour sur Terre. Ce nouveau vaisseau d'exploration spatiale aura notamment pour mission de transporter des astronautes vers Mars.

Dans les années 1980, la France puis l'Europe avaient de leur côté préparé un ambitieux projet d'avion spatial Hermès destiné à transporter des astronautes. Mais il a été abandonné en 1993.

Les premières études de faisabilité du IXV, projet beaucoup plus modeste, ont été lancées en 2006 et l'appareil est développé depuis 2009.

«L'Europe a choisi une voie médiane entre les capsules, qui sont simples mais pas manoeuvrables à l'atterrissage et les véhicules avec des ailes, très manoeuvrables mais très complexes et coûteux», souligne M. Tumino.

Conçu sous la maîtrise d'oeuvre de Thales Alenia Space, à la tête d'un consortium d'une quarantaine de sociétés européennes, IXV est équipé de plus de 300 capteurs pour recueillir une masse de données sur le vol.

Son système de protection thermique est très innovant, relève M. Tumino. Lors de la rentrée dans l'atmosphère, l'énergie cinétique se transforme en énergie thermique et les températures atteignent jusqu'à 1700 degrés celsius. L'engin doit pouvoir résister à de telles températures.

En 2003, la navette américaine Columbia s'était désintégrée lors de sa rentrée dans l'atmosphère, entraînant la mort des sept membres d'équipage. Son bouclier thermique avait été endommagé au moment du lancement.

Si la mission IXV se passe bien, l'Europe aura franchi «un pas fondamental» en direction de trois possibilités à long terme: «Les lanceurs réutilisables, le retour d'échantillons de l'espace et le retour d'astronautes sur Terre», relève M. Tumino.

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