Course contre la montre pour Philae

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L'existence du robot, posé sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre, est peut-être comptée.

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Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT
Agence France-Presse
Paris

Le robot Philae est lancé dans une course contre la montre: il a fait un forage vendredi, mais il vit peut-être ses dernières heures d'activité et il n'est pas certain que ces ultimes données parviendront à temps sur terre.

«Nous ne sommes pas sûrs que Philae ait assez d'énergie pour pouvoir transmettre les données lors du prochain contact», a indiqué Stephan Ulamec, responsable de l'atterrisseur, lors d'un point de presse à Darmstadt, en Allemagne.

«Si on ne reçoit aucune donnée lors du prochain contact» avec Philae, prévu vendredi à 16h, cela voudra «probablement dire que les batteries sont à plat. Ou qu'un astéroïde est tombé sur Philae», a ajouté M. Ulamec, en plaisantant.

Philae est posé depuis mercredi sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre. Après deux rebonds, il s'est posé sur une pente inclinée, avec une patte en l'air. Il est coincé entre des rochers qui lui font de l'ombre.

Quand la pile du robot sera épuisée, et que ses batteries solaires censées prendre le relais seront déchargées, Philae entrera en hibernation.

«Il n'a plus que quelques heures à vivre avec sa pile. Ensuite ce sont des batteries solaires qui doivent prendre le relais, mais le robot est à l'ombre», a expliqué à l'AFP Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES (Centre national d'études spatiales) à Toulouse.

«De ce fait, elles fournissent environ quatre fois moins d'énergie qu'escompté», selon M. Gaudon.

Les scientifiques de l'ESA n'avaient pas donné tout de suite l'ordre au robot de forer pour prélever un échantillon du sol, car ils craignaient que cette opération ne le déséquilibre. En effet, le robot n'est pas arrimé, ses harpons n'ayant pas fonctionné.

Le tout pour le tout

Mais les heures actives du robot étant comptées, la décision a été prise de tenter le tout pour le tout.

Le robot est chargé notamment de trouver sur le noyau de la comète des molécules organiques qui ont pu jouer un rôle dans l'apparition de la vie sur Terre, les comètes étant les objets les plus primitifs du système solaire.

Si le forage ne rapporte pas grand-chose ou si ses résultats ne parviennent pas à la Terre, «nous pensons récolter au moins 70% à 80% des données scientifiques attendues pour la première séquence de vie» sur pile du robot, a précisé Philippe Gaudon.

La moisson de données scientifiques est déjà riche, mais il faudra du temps pour les analyser et tous les scientifiques impliqués dans la mission Rosetta ont exprimé vendredi leur satisfaction.

«Les dix instruments ont tous fonctionné. C'est un grand succès. On peut être satisfait», a dit M. Gaudon.

Le robot a radiographié l'intérieur de la comète, étudié son magnétisme, fait des images du sol, analysé les molécules complexes dégagées par la surface.

Cette mission «est unique et restera unique à jamais», a souligné Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta.

Au départ, il était prévu que Philae fonctionne au ralenti jusqu'en mars grâce à ses batteries solaires même s'il n'était plus prioritaire pour la mission Rosetta.

Les scientifiques espèrent que le robot pourra sortir de son hibernation en août prochain. À ce moment-là, la comète sera «active comme un diable, elle sera très près du soleil», a dit l'un des scientifiques. Avec un peu de chance, les batteries solaires du robot emmagasineront de la chaleur ce qui lui permettrait de se réveiller.

Philae mourra ensuite de chaleur à l'approche du Soleil.

Mais la mission Rosetta sera loin d'être terminée. La sonde, qui a déjà parcouru 6,5 milliards de km dans l'espace, poursuivra son escorte de «Tchouri» au moins jusqu'au 13 août. C'est à cette date que la comète passera au plus près de l'astre.

L'atterrissage sur une comète est une première dans l'histoire de l'exploration spatiale, point d'orgue d'une aventure entamée il y a 20 ans, qui a coûté 1,3 milliard d'euros.

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