Découverte d'un fossile complet de mammouth

Encore en place, le squelette va faire l'objet... (Photo AFP)

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Encore en place, le squelette va faire l'objet d'un moulage avant d'être sorti et confié au Muséum national d'histoire naturelle de Paris pour être étudié.

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Associated Press
Paris, France

La découverte exceptionnelle d'un fossile quasiment complet de mammouth à Changis-sur-Marne, à l'est de Paris, a été annoncée mardi par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Ile-de-France et l'Institut de recherches archéologiques préventives (INRAP). La présence de l'homme de Néandertal sur le site renforce l'intérêt de cette découverte.

«La découverte d'un mammouth complet est très rare en France: le dernier spécimen, celui de Choulans, a été mis au jour en 1859, près de Lyon», explique à Sipa Bruno Foucray, archéologue de la DRAC. «Nous allons pouvoir l'étudier dans des conditions scientifiques exceptionnelles», ajoute le conservateur régional.

Le mammouth de Changis-sur-Marne, surnommé «Helmut» par les chercheurs, a vécu entre 250 000 et 50 000 ans avant notre ère; les datations futures permettront de préciser l'âge du fossile. Il a été découvert au cours de fouilles menées à titre préventif sur un site gallo-romain, dans une carrière appartenant à la Cemex, société qui produit des matériaux de construction.

Au mois de juillet, les archéologues de l'Inrap ont vu des ossements de grande taille apparaître à plus de deux mètres de profondeur. Ils ont rapidement réalisé qu'il s'agissait d'un mammouth, très probablement un mammouth laineux (Mammuthus primigenius), dont le squelette a été piégé dans une ancienne rive de la Marne.

«C'était un mammouth dans la pleine force de l'âge, âgé d'une trentaine d'années (cet animal pouvait vivre jusqu'à environ 60 ans, NDLR), qui mesurait environ 3 mètres au garrot», explique à Sipa Vincent Charpentier, archéologue à l'Inrap. Encore en place, le squelette va être très prochainement dégagé des sédiments. Les ossements vont être transportés au Muséum national d'histoire naturelle de Paris pour être étudiés. La biologie du mammouth, les conditions de son décès, son environnement, le climat de son époque vont faire l'objet de différentes études, en plus de la datation des sédiments.

Autre intérêt majeur de ce site de Changis-sur-Marne, situé à une dizaine de kilomètres de Meaux: la découverte de silex taillés sous l'animal, qui attestent de la présence humaine. «Il y a des Néandertaliens qui sont venus et qui ont prélevé des morceaux de l'animal», estime Vincent Charpentier. Ces hommes de Néandertal ont-ils abattu le mammouth ou l'ont-ils seulement charogné? L'étude des os et des traces laissées par les silex en dira peut-être plus.

En Europe occidentale, l'association de l'homme et du mammouth pour cette période du paléolothique n'est connue que sur deux autres sites archéologiques situés en Allemagne, souligne l'Inrap.

Les mammouths laineux ont disparu d'Europe il y a environ 10 000 ans, à cause du réchauffement climatique qui avait réduit son habitat, et probablement aussi à cause de la chasse.

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