Gaza: un raid israélien tue une femme enceinte et sa fillette

Des manifestants israéliens de gauche accusent Israël d'être... (Photo Ronen Zvulun, Reuters)

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Des manifestants israéliens de gauche accusent Israël d'être le responsable des récentes violences.

Photo Ronen Zvulun, Reuters

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Jean-Luc RENAUDIE
Agence France-Presse
GAZA

Une Palestinienne enceinte et sa fillette de deux ans ont été tuées dimanche par un raid aérien israélien sur Gaza, suscitant une mise en garde du mouvement islamiste palestinien Hamas dans un climat de violences exacerbées qui réveille le spectre d'une nouvelle intifada.

Israël a par ailleurs affirmé avoir déjoué une tentative d'attentat à la bombe. La dernière attaque de ce genre remonte au 21 novembre 2012 à Tel-Aviv, selon les autorités israéliennes.

Dans la bande de Gaza, l'aviation israélienne a mené avant l'aube un raid en représailles au tir d'une roquette interceptée samedi soir par le système antimissile «Dôme de fer», a indiqué l'armée, précisant qu'elle visait deux ateliers de fabrication d'armes du Hamas. La roquette interceptée samedi était la deuxième tirée de Gaza depuis vendredi.

Restée à l'écart de la spirale des violences qui secouent la Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées, la bande de Gaza est de plus en plus touchée.

Nour Hassan, 30 ans, et sa fille Rahaf, 2 ans, ont été tuées dans la destruction de leur maison, ont indiqué des sources médicales palestiniennes. Elles ont été enterrées dans le camp de réfugiés de Nousseirat. La dépouille de Rahaf a d'abord été disposée auprès de son père blessé, pour d'ultimes adieux. Yahya Hassan, en pleurs, a pressé ses joues comme pour la réveiller, l'a embrassée, étreinte.

«Israël devrait venir voir le site qu'il a bombardé. Il devrait venir voir ces êtres humains qu'on a sortis des décombres de la maison. Ma femme est restée sous les gravats une demi-heure. J'entendais sa voix et je l'ai vue mourir avec ma fille. Ma femme était enceinte de cinq mois. Qu'est-ce qu'elle avait fait ?», s'est-il étranglé dans les sanglots.

«Actes insensés»

Ces décès mettent à l'épreuve le cessez-le-feu tendu observé depuis fin août 2014 dans la bande de Gaza qui sort de trois guerres avec Israël en six ans.

On ignore si le Hamas, qui exerce une domination sans partage sur l'enclave palestinienne, ou une autre force est l'auteur des tirs de roquettes.

Mais «nous prévenons l'occupant qu'il ne doit pas poursuivre ses actes insensés», a mis en garde un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

Le long de la barrière qui, avec la frontière égyptienne, enferme hermétiquement la bande de Gaza, neuf jeunes Palestiniens ont été tués vendredi et samedi par des tirs israéliens.

Ils manifestaient avec des centaines d'autres leur solidarité avec la Cisjordanie et Jérusalem et leur hargne face à une réclusion presque totale. Ils menaçaient de créer une brèche dans la barrière, a affirmé l'armée israélienne.

Les jeunes sont retournés dimanche braver le danger et lancer des pierres sur les soldats israéliens de l'autre côté.

Marwan Barbakh, 13 ans, tué samedi à Gaza, a été inhumé dimanche à Khan Younès (sud de la bande de Gaza), tout comme Ibrahim Ahmad Awad, 28 ans, à Beit Ummar (sud de la Cisjordanie), qui a succombé à des blessures subies lors de heurts. Les funérailles se succèdent dans les Territoires palestiniens, alimentant la colère de la population.

À Cisjordanie occupée et Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, les affrontements ont fait 23 morts côté palestinien depuis le 1er octobre, quatre côté israélien.

Peines planchers

Au poste de contrôle de Huwara près de Naplouse (nord de la Cisjordanie), une centaine de jeunes ont jeté des pierres sur les soldats israéliens qui ont riposté à balles réelles faisant plusieurs blessés, ont constaté les journalistes de l'AFP.

La police israélienne a par ailleurs affirmé avoir déjoué un attentat à la bombe en Cisjordanie, près de la colonie israélienne de Maalé Adoumim, qui évoque le souvenir des attaques qui avaient semé la terreur chez les Israéliens pendant la deuxième Intifada.

Selon la dernière version des faits de la Sécurité intérieure, un policier a arrêté un véhicule qui circulait sur une voie de bus et suivait de près une voiture de police. La conductrice a alors mis le feu à des produits inflammables qu'elle transportait avec une bonbonne de gaz et a tenté de sortir du véhicule en criant «Dieu est le plus grand» en arabe.

L'explosion a légèrement blessé un policier et grièvement la conductrice, une Palestinienne de 31 ans. Des documents louant les «martyrs» ont été retrouvés sur elle, a dit la Sécurité intérieure.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a annoncé dimanche le renfort de 16 compagnies de gardes-frontières réservistes à Jérusalem, soit environ 1600 hommes selon la police.

Son gouvernement a approuvé l'idée de peines planchers --fixées à quatre ans de prison dans un projet du ministère de la Justice-- contre les lanceurs de pierres ou d'engins incendiaires.

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