L'ayatollah Sistani craint une partition de l'Irak

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Ali al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak.

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Agence France-Presse

La plus haute autorité religieuse chiite en Irak, l'ayatollah Ali al-Sistani, a prévenu jeudi que le pays courait des risques importants, notamment de partition, si de « véritables réformes » n'étaient pas mises en oeuvre.

L'ayatollah Sistani, qui est révéré par des millions de chiites, a multiplié les appels ces dernières semaines en faveur de mesures de lutte contre la corruption, poussant - parallèlement à une vague de manifestations populaires - le premier ministre Haider al-Abadi à lancer des réformes.

« Si de véritables réformes ne sont pas mises en oeuvre, en luttant sans pitié contre la corruption et en réalisant la justice sociale à différents niveaux, la situation va devenir pire qu'avant », affirme le leader religieux dans une réponse de son bureau à des questions de l'AFP.

« L'Irak pourrait être conduit (...) à la partition », met-il en garde.

L'État islamique a profité de la corruption du pays

La corruption a déjà coûté très cher à l'Irak dans sa guerre contre les djihadistes du groupe État islamique (EI), qui se sont emparés d'un tiers du pays l'an passé, rappelle l'ayatollah Sistani.

Sans la corruption rampante, en particulier parmi les forces de sécurité, et les abus de pouvoir exercés par les hauts responsables, « l'organisation terroriste (EI) n'aurait pas pu prendre le contrôle d'une grande partie du territoire irakien », estime-t-il.

Ces dernières semaines, les manifestations s'étaient multipliées à Bagdad et dans le sud du pays contre la corruption et l'incompétence de la classe politique, sur fond de coupures quotidiennes d'électricité par des températures dépassant les 50° Celsius. L'ayatollah Sistani avait relayé ces demandes.

Le Parlement a approuvé le 11 août un plan de réformes annoncé deux jours plus tôt par le premier ministre, en y ajoutant des mesures supplémentaires. Parmi les décisions engagées : la réduction du nombre de postes ministériels ou la baisse drastique du nombre de gardes du corps pour les hauts responsables.

Mais même avec un soutien populaire et l'appui de Sistani, la lutte contre la corruption, endémique dans le pays où elle profite aux partis politiques, risque de s'avérer une tâche extrêmement complexe.

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