Les Israéliens aux urnes

Quelque 5,88 millions d'électeurs israéliens sont appelés mardi... (PHOTO RONEN ZVULUN, REUTERS)

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Quelque 5,88 millions d'électeurs israéliens sont appelés mardi à choisir leurs 120 députés pour quatre ans.

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Laurent LOZANO, John DAVISON
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Les Israéliens élisaient leurs députés mardi lors d'un vote très incertain qui dira s'ils veulent encore du conservateur Benyamin Nétanyahou ou si l'heure du changement a sonné au bout de six ans.

Sous la pression de sondages défavorables - de la panique disent ses adversaires -, M. Nétanyahou, 65 ans, premier ministre depuis mars 2009, a donné un sévère coup de barre à droite quelques heures avant le scrutin et enterré publiquement l'idée d'un Etat palestinien s'il reste à son poste.

Jusqu'à 16 h 00 (heure de Montréal), 5,88 millions d'électeurs sont appelés à choisir leurs 120 députés pour quatre ans dans ce qui ressemble à un référendum pour ou contre M. Nétanyahou.

C'est à l'un de ces députés que le président Reuven Rivlin confiera la tâche compliquée d'essayer de former une coalition de gouvernement: M. Nétanyahou donc, ou bien son principal adversaire, le travailliste Isaac Herzog, ou bien encore un autre en fonction d'une arithmétique délicate.

Les Israéliens devraient avoir une idée précise de leur 20e Parlement avec les premiers sondages à la sortie des urnes, immédiatement après 16 h 00 (heure de Montréal). Mais les tractations qui commenceront ensuite pour un gouvernement pourraient prendre des jours, voire des semaines.

Poussés par le soleil, les enjeux, l'incertitude du résultat, les Israéliens sont allés voter dès les premières heures de cette journée électorale traditionnellement fériée. Des dizaines d'électeurs étaient devant les portes avant l'ouverture du bureau de l'école Ziv, dans le quartier de Beit Hakerem à Jérusalem, prenant de court les officiels qui n'étaient pas prêts à l'heure dite.

Des motivations très diverses

Vers 14 h 00, le taux de participation officiel s'établissait à 36,7% contre 38,3% en 2013.

Devant les bureaux, les électeurs exposaient la diversité de leurs préoccupations: l'économie, la sécurité, le conflit israélo-palestinien, l'identité juive...

Heitner Chaim, juif d'une cinquantaine d'années portant la kippa, vote pour les listes ultra-orthodoxes parce qu'en tant que médecin il est «bien placé pour voir que la pauvreté augmente» parmi les juifs orthodoxes.

Yaacobi Gideon, 60 ans, choisit la liste du nouveau venu, Moshé Kahlon, un ancien du Likoud (droite) de M. Nétanyahou qui ratisse au centre et à qui tout le monde prédit le rôle de faiseur de roi au moment de former une coalition. «Kahlon, c'est le seul en qui j'ai confiance pour changer les choses dans le domaine économique».

Carmel Lahad accorde son vote à la liste de M. Herzog parce que «nous voulons un changement complet ce soir».

Les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948, ont paru répondre en nombre aux appels à la mobilisation, avec un objectif primordial: se débarrasser de M. Nétanyahou.

«C'est la première fois que je vois autant de monde», déclarait Ehab Hamam, 37 ans, devant un bureau de vote de la ville mixte (juive et arabe) de Haïfa, tandis qu'une cinquantaine d'électeurs attendaient leur tour. «Voter, c'est dire à la droite: nous sommes là».

Le gouvernement «est en danger»

Les partis arabes israéliens présentent pour la première fois une liste commune. Ils pourraient devenir la troisième force à la Knesset derrière les listes de MM. Herzog et Nétanyahou. Les Arabes israéliens représentent 20% de la population et se plaignent d'être traités comme des citoyens de deuxième classe.

«Le gouvernement de droite est en danger. Les électeurs arabes se rendent en masse aux urnes», convoyés en bus par des organisations de gauche, s'est alarmé M. Nétanyahou sur sa page Facebook.

C'est M. Nétanyahou lui-même qui a provoqué ces élections plus de deux ans avant l'échéance en rompant fin 2014 une coalition gouvernementale trop indisciplinée à son goût.

Il se pensait en position de force face à tous ses adversaires, à commencer par M. Herzog, un avocat de formation de 54 ans, plusieurs fois ministre par le passé, aussi policé que M. Nétanyahou peut être abrupt, volontiers raillé pour son absence de charisme.

Au cours de la campagne, M. Nétanyahou s'est posé en garant de la sécurité d'un pays qui, officiellement, a livré huit guerres depuis sa création en 1948. M. Herzog et Mme Livni l'ont attaqué de préférence sur le terrain de la cherté de la vie, du prix des logements et des inégalités.

Les discours alarmistes de M. Nétanyahou, son intervention exceptionnelle devant le Congrès américain sur le nucléaire iranien n'ont pas suffi à inverser les sondages.

Les derniers sondages accordaient une avance de quatre sièges (25 ou 26 sur 120) à la liste de M. Herzoh sur celle de M. Nétanyahou. S'il était premier ministre, M. Herzog serait le premier chef de gouvernement travailliste depuis Ehud Barak en 2001.

Cependant, avec le système israélien, ce n'est pas nécessairement le chef de la liste arrivée en tête qui sera appelé à tenter de former un gouvernement, mais celui, parmi les 120 députés élus, qui sera le plus à même de constituer une coalition.

Étant donné la dispersion des voix entre 25 listes en compétition et la complexité des alliances possibles, les experts s'accordaient à reconnaître encore un léger avantage de ce point de vue à M. Nétanyahou. À condition, soulignaient-ils, que les résultats soient conformes aux sondages.

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