Sommet de l'OTAN: «tout va bien», malgré Trump

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Selon la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, qu'on voit ici avec la première ministre britannique Theresa May, «l'atmosphère était très ouverte, positive, constructive».

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Clément ZAMPA
Agence France-Presse
Bruxelles

Derrière les tweets belliqueux, les déclarations acerbes et les menaces voilées de Donald Trump, l'OTAN avance dans une atmosphère «constructive et positive», jurent les Alliés, après deux jours de sommet mercredi et jeudi à Bruxelles.

Cette rencontre sous tension était attendue avec angoisse par les membres de l'Alliance, tant le président américain, qui avait déjà semé la pagaille dans un G7 en juin au Canada, s'était montré vindicatif ces derniers jours à leur égard.

En début de semaine, à quelques jours de la rencontre, il a commencé par multiplier les messages sur Twitter, exigeant d'eux un accroissement de leurs dépenses militaires: «Les pays de l'OTAN doivent payer PLUS, les États-Unis doivent payer MOINS.»

Et d'ajouter: «Ce n'est pas juste pour le contribuable américain», dans un tweet directement adressé à sa base électorale, à quelques mois des élections de mi-mandat aux États-Unis, début novembre.

Mercredi, au premier jour du sommet, il a poursuivi sur sa ligne et cogné sur l'Allemagne, sa cible favorite, accusée d'être «complètement contrôlée par la Russie».

«Elle paie des milliards de dollars à la Russie pour ses approvisionnements en énergie et nous devons payer pour la protéger contre la Russie. Comment expliquer cela?», a-t-il asséné, ouvrant un nouveau front dans ses attaques contre les Européens.

La tension a atteint son point d'orgue jeudi matin quand une réunion extraordinaire entre dirigeants a été convoquée d'urgence pour discuter de l'augmentation des dépenses militaires.

Une rumeur a alors parcouru les couloirs du siège de l'OTAN : Donald Trump aurait menacé de quitter de l'Alliance s'il n'obtenait pas satisfaction.

Au final, le président américain s'est lui-même chargé de la démentir, apparaissant tout sourire en conférence de presse après avoir obtenu, selon lui, ce qu'il demandait: «Je crois en l'OTAN», a-t-il affirmé. 

«Une oasis» 

«Comme dans tous les sommets, parfois, les coursives, les commentaires et les tweets prennent plus d'importance que ce qui est négocié, dit ou endossé par les chefs d'État», a commenté le président français Emmanuel Macron à l'issue du sommet.

«Je ne crois qu'une chose: le communiqué que nous avons agréé, la stratégie que nous défendons», a-t-il ajouté.

Les 29 membres de l'Alliance, États-Unis compris, ont en effet adopté sans problème mercredi soir une déclaration de 25 pages sur l'OTAN, qui ne mentionne aucunement les dernières critiques de Donald Trump.

«L'atmosphère était très ouverte, positive, constructive», a assuré la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, résumant le sentiment des Alliés, pour qui le président américain est bien moins querelleur à huis clos que face aux caméras ou sur les réseaux sociaux.

«J'ai lu dans les journaux que tout dépendait de l'humeur de Trump et je peux vous dire qu'il était de bonne humeur», a insisté le premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

Pour Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, «les intérêts croisés (des Américains et des Européens) sont plus forts que les déclarations et les tweets».

«Trump est motivé par les affaires intérieures, les élections de mi-mandat et sa posture populiste, mais au-delà de ça, au-delà des discours, tout l'appareil industriel, stratégique et diplomatique américain a intérêt à maintenir l'Alliance, et même plus que les Européens», résume-t-il.

Tomas Valasek, directeur du think tank Carnegie Europe, estime qu'«une tendance s'est dégagée: Donald Trump utilise ces évènements pour s'adresser à son public» américain.

«Il fait campagne en permanence» et «ce qui est convenu dans les salles de réunion ne change pas grand-chose aux intentions de vote des électeurs», poursuit-il sur Twitter.

L'Alliance reste même selon lui «une oasis au milieu des décombres de la coopération transatlantique», plombée par les différends commerciaux, l'accord sur le nucléaire iranien ou le réchauffement climatique.

Beaucoup moins optimiste, François Heisbourg, le président de l'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres, estime que les Européens n'ont de toute façon «pas de plan B disponible».

«Donc vous devez prétendre que le plan A est toujours disponible. Il n'y a pas le choix», observe-t-il.

L'analyste américain Aaron David Miller, du think tank Wilson Center, et ancien haut diplomate du département d'État, résume ainsi le sommet dans un tweet: «Trump est venu à l'OTAN; il a créé une crise; il affirme qu'il l'a réglée; et il a posé les bases d'une série d'engagements et de malentendus en cours mutuellement contradictoires»...




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