Relation Trump-Macron: amabilité et défiance

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Jeudi, Emmanuel Macron déroule le tapis rouge pour Donald Trump qu'il doit accueillir en grande pompe avec une cérémonie militaire aux Invalides. Il s'agit, dit-il, de ne pas «rompre» avec les États-Unis, de ne pas les «isoler», et de réaffirmer les «liens historiques» des deux vieux alliés.

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Valérie LEROUX
Agence France-Presse
Paris

Les présidents américain Donald Trump, 71 ans, et français Emmanuel Macron, 39 ans, qui se retrouvent jeudi à Paris, affichent depuis leur première rencontre une relation teintée de complicité, mais parfois aussi de défiance.

Poignes de fer

Donald Trump est réputé pour ses poignées de main toniques et fermes. Lors de sa première rencontre avec Emmnanuel Macron, il a pu constater que le plus jeune président jamais élu en France avait du répondant.

Le 25 mai, au sommet de l'OTAN à Bruxelles, le chef de l'État français a saisi énergiquement la main de son homologue, à s'en faire pâlir les doigts, et ne l'a plus lâchée.

Donald Trump, plutôt désarçonné, tente alors par deux fois de dégager sa main avant qu'Emmanuel Macron ne lâche prise.

«Un moment de vérité», dira plus tard le chef de l'État français, y voyant une manière de ne pas se laisser aller à de «petites concessions, même symboliques».

Assaut d'amabilités au G7

Nouvelle rencontre le 27 mai, au sommet du G7 à Taormina (Italie), marquée par un différent majeur sur le climat. Emmanuel Macron n'en salue pas moins M. Trump comme un homme «pragmatique, ouvert et qui a envie de travailler».

Au même moment, la chancelière allemande Angela Merkel, moins conciliante, déplore une situation pas «du tout satisfaisante».

«J'ai vu un dirigeant qui a des convictions fortes, commente pour sa part le président français. J'ai bon espoir qu'il confirme son engagement (relatif aux accords de Paris sur le climat), à son rythme».

«Make our planet great again»

Une semaine plus tard, le président américain annonce que les États-Unis sortent de l'accord de Paris sur le climat.

Paraphrasant un slogan de Donald Trump («Make America great again», «Rendez sa grandeur à l'Amérique»), Emmanuel Macron réplique dans une vidéo en anglais: «Make our planet great again» et l'accuse de commettre une «faute pour l'avenir de la planète».

Il exclut toute renégociation de l'accord de Paris et invite les Américains que le choix de Trump a «déçus» - scientifiques, entrepreneurs, citoyens engagés....- à venir travailler en France.

Accolades au G20 

Le 8 juillet au sommet du G20 à Hambourg (Allemagne), Emmanuel Macron réaffirme ne pas avoir perdu espoir de «convaincre» l'Américain de revoir sa décision. Il annonce un nouveau sommet sur le climat le 12 décembre à Paris.

Il affiche sa complicité avec le locataire de la Maison-Blanche, d'accolades en propos badins devant les caméras.

Le «désaccord» sur le climat et les tentations protectionnistes des États-Unis n'empêchent «en aucun cas la coopération sur de nombreux autres sujets», pointe-t-il.

Sur ces sujets, dont la lutte contre le terrorisme, «on travaille très bien et ça, il ne faut pas le perdre», souligne l'Élysée.

Même ligne rouge sur la Syrie

Sur ce dossier, Emmanuel Macron et Donald Trump sont sur la même ligne: le 27 juin, ils insistent, lors d'une conversation téléphonique, sur «la nécessité de travailler à une réponse commune en cas d'attaque chimique» dans ce pays ravagé depuis 2011 par une guerre civile qui a fait plus de 320 000 morts.

Le 29 mai, Emmanuel Macron évoque cette «ligne rouge» lors de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, allié de Damas, en promettant une «riposte immédiate» de la France en cas «d'utilisation d'armes chimiques» en Syrie.

En avril, le président Trump avait ordonné des frappes sur une base de l'armée syrienne en riposte à une attaque chimique attribuée au régime de Damas.

Honneurs militaires

Jeudi, Emmanuel Macron déroule le tapis rouge pour Donald Trump qu'il doit accueillir en grande pompe avec une cérémonie militaire aux Invalides. Il s'agit, dit-il, de ne pas «rompre» avec les États-Unis, de ne pas les «isoler», et de réaffirmer les «liens historiques» des deux vieux alliés.

Vendredi, le président américain sera l'invité d'honneur du traditionnel défilé militaire du 14 juillet, jour de la fête nationale française, pour le 100e anniversaire de l'entrée des États-Unis dans la Grande Guerre.

Aux Invalides, Emmanuel Macron invitera son hôte à pousser jusqu'au tombeau de Napoléon, tout un symbole d'un accueil qui se veut impérial.




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