Le nouveau président de la France promet de restaurer la «confiance»

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Le nouveau président de la France, Emmanuel Macron, à droite, a raccompagné François Hollande, jusqu'à sa voiture.

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Hervé ASQUIN, Laurence BENHAMOU
Agence France-Presse
Paris

Emmanuel Macron a été officiellement investi dans ses fonctions dimanche sous les ors de la Salle des fêtes l'Élysée, devenant le 8e président de la Ve République. Il a promis dès son investiture dimanche de redonner « confiance » aux Français, assurant qu'il ne « céderait rien » de ses « engagements ».

« Les Français ont choisi l'espoir et l'esprit de conquête », a lancé le plus jeune président de la République jamais élu en France, à 39 ans, avant de s'engager à les convaincre « que notre puissance n'est pas déclinante, mais à l'orée d'une extraordinaire renaissance ».

« Je veux rendre aux Français leur confiance en eux, depuis trop longtemps affaiblie », a-t-il insisté sur un ton grave, avec « la certitude intime que nous pouvons ensemble écrire une des plus belles pages de notre histoire ».

« Les Français et Françaises qui se sentent oubliés, se verront mieux protégés » et « j'aurai la volonté constante de réconcilier et rassembler », a-t-il encore promis.

Dans ce premier discours officiel de son quinquennat, Emmanuel Macron a souligné aussi le « rôle immense » de la France qui doit « corriger les excès du cours du monde et veiller à la liberté ».

« Campagne chamboule-tout »

Il s'exprimait sous les ors de la Salle des fêtes du palais présidentiel au cours d'une cérémonie éminemment solennelle.

Quelques instants auparavant, Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, avait proclamé les résultats officiels de la présidentielle et prononcé les quelques mots de l'investiture : « En cet instant précis, vous prenez vos fonctions ».

Auparavant, Emmanuel Macron avait été élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur avant de se voir publiquement présenter le Grand collier de Grand maître de la Légion d'honneur.

Emmanuel Macron avait été accueilli sur le perron de l'Élysée par une sobre poignée de main du président sortant qui s'est abstenu de lui donner l'accolade, un fin sourire sur les lèvres.

Le chef de l'État élu avait remonté très lentement et solennellement le tapis rouge dans la cour d'honneur devant un détachement et la musique de la Garde républicaine, comme il avait rejoint la Pyramide du Louvre au soir de sa victoire.

L'instant a été immortalisé par des centaines de photographes et de cameramen.

Emmanuel Macron avait été précédé de dix minutes par son épouse Brigitte Macron, pour laquelle il voudrait que soit reconnu un statut officiel de Première dame.

Les deux présidents se sont entretenus dans le bureau présidentiel pendant une bonne heure, soit bien plus que la demi-heure prévue. C'est dans ce huis clos que le sortant devait livrer à l'entrant quelques secrets d'État, à commencer par les codes de l'arme nucléaire.

Emmanuel Macron a applaudi François Hollande avant qu'il... (Patrtick Kovarik, Reuters) - image 2.0

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Emmanuel Macron a applaudi François Hollande avant qu'il ne quitte la cour d'honneur du palais présidentiel.

Patrtick Kovarik, Reuters

Puis Emmanuel Macron a raccompagné François Hollande, son aîné de plus de 20 ans jusqu'à sa voiture, l'applaudissant avant qu'il ne quitte la cour d'honneur. Il s'est ainsi bien gardé de rééditer la bévue de François Hollande qui, en 2012, avait tourné les talons sans attendre le départ de Nicolas Sarkozy.

Marathon

Parmi les quelque 300 invités figuraient les corps constitués (Conseil constitutionnel, bureau de l'Assemblée nationale et du Sénat, Cour de Cassation...), des représentants des partenaires sociaux, des prix Nobel ainsi qu'une centaine de proches, principalement de sa famille et de celle de son épouse.

Au nombre des invités aussi, une petite dizaine de « marcheurs » de la première heure, Richard Ferrand, Christophe Castaner, Renaud Dutreil, Gérard Collomb, Sylvie Goulard ou François Patriat, mais aussi de nombreuses personnalités parmi lesquelles Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Gattaz ou Elisabeth Guigou.

Emmanuel Macron a également invité le compagnon de Corinne Erhel, députée des Côtes-d'Armor décédée le 5 mai lors de la dernière réunion de la campagne, celui de Xavier Jugelé, le policier tué le 20 avril sur les Champs-Élysées lors d'une attaque jihadiste, ainsi que la mère d'une militante d'En Marche! morte en voiture durant la campagne, à l'âge de 29 ans.

La cérémonie s'est poursuivie vers 12h15 dans les jardins de l'Élysée où le nouveau président a passé en revue les troupes tandis que 21 coups de canon étaient tirés depuis l'Esplanade des Invalides, sur l'autre rive de la Seine.

Puis Emmanuel Macron est sorti par la Grille du Coq, au bout du parc, pour remonter seul les Champs-Élysées à bord d'un véhicule militaire puis à pied jusqu'à la place de l'Étoile, escorté des motards et des cavaliers de la Garde républicaine avant de raviver la flamme sur la tombe du Soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe. Le tout sous haute sécurité : près de 1500 policiers et gendarmes ont été mobilisés.

Le marathon du nouveau chef de l'État, qui a décidé de résider à l'Élysée avec son épouse, se poursuivra à 17h à l'Hôtel de Ville de Paris avec une nouvelle cérémonie, tout aussi traditionnelle.

Sitôt quitté le palais, François Hollande, de son côté, a pris pour sa part la direction du siège du PS, rue de Solférino, comme l'avait fait avant lui François Mitterrand en 1995. « Je laisse la France dans un bien meilleur état que celui que j'ai trouvé », a-t-il affirmé.

Alexis Kohler nommé secrétaire général de l'Elysée

Alexis Köhler, ancien directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, est nommé secrétaire général de l'Élysée, a indiqué dimanche l'entourage du président élu.

Enarque, M. Köhler, 44 ans, a notamment travaillé à l'Agence des participations de l'État, avant d'être le directeur adjoint de cabinet de Pierre Moscovici au ministère des Finances puis de diriger le cabinet de M. Macron au ministère de l'Économie (2014-2016). Il va succéder à Jean-Pierre Jouyet, ami proche de François Hollande et ancien secrétaire d'État de Nicolas Sarkozy.

Patrick Strzoda a par ailleurs été nommé directeur de cabinet du nouveau président. Âgé de 64 ans, énarque, ancien préfet de la région Bretagne, il fut brièvement directeur de cabinet du premier ministre Bernard Cazeneuve, nommé à Matignon en décembre dernier, avant d'être nommé préfet de la région Ile-de-France entre les deux tours de la présidentielle.

Actuel ambassadeur de France en Allemagne, Philippe Étienne (61 ans) a été nommé conseiller diplomatique. Lui aussi énarque, il fut notamment directeur adjoint du cabinet de Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères d'Alain Juppé de 1995 à 1997, puis directeur de cabinet de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010. Il fut, de 2009 à 2014, représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles.

Ismaël Emelien (30 ans) a quant à lui été nommé conseiller spécial du président, fonction notamment occupée par Aquilino Morelle sous la présidence de François Hollande, ou encore par Henri Guaino sous celle de Nicolas Sarkozy.




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