Emmanuel Macron reconnaît que «rien n'est gagné»

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Emmanuel Macron s'est entretenu mardi avec des médecins de l'hôpital Raymond-Poincaré, près de Paris.

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Agence France-Presse
Paris

Le candidat centriste Emmanuel Macron admet que «rien n'est gagné» pour le second tour de la présidentielle française face à la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen, qui veut «rassembler les patriotes (...) de droite ou de gauche».

Très offensive sur le terrain, la candidate du Front national était engagée dans la délicate opération pour séduire les électeurs qui ont voté au premier tour pour le conservateur François Fillon et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Le président socialiste François Hollande a quant à lui lancé une mise en garde, estimant que le score du FN au premier tour ne devait pas être sous-estimé.

«Je pense qu'il convient d'être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n'est fait parce qu'un vote ça se mérite, ça se conquiert, ça se justifie, ça se porte», a déclaré le chef d'État, appelant à ce que le score de l'extrême droite soit «le plus faible possible» le 7 mai.

François Hollande avait annoncé la veille qu'il voterait pour son ex-ministre de l'Économie Emmanuel Macron pour contrer «le risque» Le Pen en terme de suppression d'emplois, de pouvoir d'achat et de rupture avec l'Union européenne.

«Ce n'est pas rien que l'extrême droite soit au deuxième tour d'une élection présidentielle», a-t-il insisté mardi. Pour la deuxième fois de son histoire, le Front national s'est hissé au second tour, cette fois-ci avec un score «historique» (21,30%) et un record de voix (7,7 millions).

Et l'attitude du centriste Macron, qui consacrait son début de semaine à des consultations en vue d'une future majorité, a été critiquée par nombre de commentateurs, jugeant qu'il donnait l'impression «d'enjamber» le second tour, comme s'il considérait la victoire déjà acquise.

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Marine Le Pen était sur le plateau de TFI, mardi.

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Ralliements de tous bords 

Emmanuel Macron a répondu en estimant «ne pas avoir de leçons à recevoir». «Rien n'est jamais gagné, il faut se battre». «Personne ne me donnait gagnant il y a un mois et demi, je suis l'exemple vivant que les pronostiqueurs ont tort», a-t-il assuré.

Selon un sondage publié mardi, Marine Le Pen, arrivée derrière Emmanuel Macron dimanche soir, serait battue le 7 mai avec 31% des suffrages du fait d'un report défavorable des voix. Reste l'inconnue de l'abstention.

Pour conquérir les électeurs déçus par les résultats du premier tour, la candidate de l'extrême droite s'est très vite replongée dans la campagne: elle a visité l'immense marché agroalimentaire de Rungis, en banlieue parisienne, après un déplacement la veille dans le nord du pays. Elle tiendra un meeting jeudi à Nice, bastion de la droite où elle espère capter des voix.

«Mon adversaire a une vision désincarnée de la France, il est le candidat de l'oligarchie. Je suis la candidate du peuple», a affirmé mardi soir Marine Le Pen à la télévision, estimant que «c'est la France qu'il faut choisir dans cette élection présidentielle, face à sa dilution dans une mondialisation sauvage».

«Je veux rassembler l'ensemble des patriotes, de droite ou de gauche, je ne regarde pas leur vote de premier tour», a-t-elle martelé, avant de revenir sur un de ses thèmes favoris, l'immigration: «Nous avons 7 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres, or nous faisons venir 200 000 étrangers par an».

Emmanuel Macron avait prévu mercredi un déplacement dans le nord-ouest suivi d'un meeting à Arras, terre acquise au FN. La célébration de sa première place du premier tour, dimanche soir dans une grande brasserie parisienne, a fait couler beaucoup d'encre. Il a assuré mardi n'avoir «aucun regret», ajoutant qu'il n'obéirait pas au «diktat d'une bien-pensance triste qui (lui) dirait où aller».

M. Macron a recueilli des ralliements de tous bords pour «faire barrage» à l'extrême droite, mais M. Mélenchon n'a pas donné pour l'heure de consigne de vote.

Plus tôt mardi, M. Macron et Mme Le Pen ont écouté ensemble le discours émouvant du compagnon du policier Xavier Jugelé, tué dans un attentat revendiqué par le groupe djihadiste État islamique (EI). Un hommage national a été rendu au capitaine de 37 ans devenu la 239e victime de la vague d'attentats islamistes commis en France depuis janvier 2015.




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