La France tenue en haleine à une semaine de la présidentielle

François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le... (Photo Patrick Kovarik, archives Agence France-Presse)

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François Fillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Benoit Hamon.

Photo Patrick Kovarik, archives Agence France-Presse

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Joëlle GARRUS
Agence France-Presse
Paris

À une semaine du premier tour de la présidentielle française, le 23 avril, les écarts entre les quatre premiers candidats n'ont jamais été aussi minces, les poussant dans la dernière ligne droite à redoubler d'efforts pour convaincre un nombre record d'indécis.

Le centriste Emmanuel Macron et la candidate d'extrême droite Marine Le Pen sont au coude-à-coude, juste devant le conservateur François Fillon et le héraut de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon. Le tout, dans une fourchette réduite: entre trois et six points selon les derniers sondages qui, compte tenu des marges d'erreur, laissent la porte ouverte à tous les rebondissements.

D'autant que les indécis s'annoncent à un niveau record cette année: un électeur sur trois ne sait pas encore pour qui voter.

D'autres pourraient aussi changer de bulletin de vote à la dernière minute: pour les analystes, le mode de scrutin incite les électeurs à voter utile et donner leur voix «au moins mauvais des candidats qui ont une chance», selon le chercheur Michel Balinski, du Centre national de la Recherche Scientifique (CNRS).

Dans un pays marqué par les attentats, un chômage élevé et une économie atone, les électeurs semblent déboussolés par une campagne atypique et marquée par les affaires.

Les électeurs de droite ont ainsi assisté à la chute de popularité de l'ancien favori, le conservateur François Fillon, après des révélations sur des emplois fictifs présumés qui auraient bénéficié à ses proches.

Celui qui avait créé la surprise en remportant haut la main la primaire de droite conserve 18 à 20 % de partisans affirmés, mais ne disposerait pas d'un réservoir chez les indécis. Sa qualification pour le second tour «n'est possible qu'à la faveur d'un net décrochage d'un de ses deux principaux concurrents, Macron ou Le Pen», note Emmanuel Rivière, directeur de Kantar Sofres (sondages).

L'ex-premier ministre (2007-2012) essaie, dans ce sprint final, de mobiliser l'électorat catholique et conservateur.

Samedi, ses visites l'ont conduit d'un haut lieu du catholicisme français à une église copte, tandis qu'il prononçait un discours vibrant sur la France, son identité, le patriotisme..., fustigeant «communautarisme» et «islamisme».

Offre éclatée à gauche

Pour ses partisans, la percée ces dernières semaines de Jean-Luc Mélenchon, personnalité très clivante, pourrait jouer en sa faveur, en remobilisant les électeurs de droite. Les fillonistes agitent la menace d'un deuxième tour entre deux extrêmes, en insistant sur l'audience de Marine Le Pen.

À gauche, la perplexité n'est pas moindre face à une offre éclatée: vainqueur-surprise de la primaire de son camp, le socialiste Benoît Hamon pâtit de la percée de M. Mélenchon et du ralliement de ténors socialistes à Emmanuel Macron.

Benoît Hamon s'accroche néanmoins et arpente l'ouest du pays en ce weekend pascal pour tenter de convaincre: «Mettez le paquet», a-t-il lancé à ses fidèles.

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon l'affirme dimanche dans les colonnes du quotidien le Parisien: «Je serai au second tour». Accusé de populisme par ses détracteurs, cet antimondialiste critique de l'Europe, réfute être d'extrême gauche et se décrit en homme «passionné» et insoumis face aux ordres établis capitalistes et libéraux.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron, benjamin des candidats de 39 ans, semble vouloir éviter toute prise de risque. Celui qui ne se veut «ni de gauche, ni de droite» et incarne le renouvellement pour ses partisans, continue d'aller «au contact» des Français «calme, serein et déterminé».

Sa percée dans cette campagne en a fait une cible de bon nombre de ses adversaires, et notamment de Marine Le Pen.

La chef du Front national l'a ainsi attaqué frontalement en rassemblement samedi, estimant qu'avec lui au pouvoir «ce serait l'islamisme en marche».

Et de presser ses partisans: «Chacun de vous devez convaincre un indécis ou prendre par la main un abstentionniste». «Poussez fort les portes de l'Élysée!».




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