La Syrie au coeur du G7 avant la visite de Tillerson à Moscou

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Le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson.

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Fanny CARRIER
Agence France-Presse
LUCQUES

Le dossier syrien est encore au coeur des discussions des ministres des Affaires étrangères du G7 mardi en Toscane, pour tenter de faire passer un message de fermeté avant la visite à Moscou du secrétaire d'État américain, Rex Tillerson.

«Tous les États du G7 veulent éviter une escalade militaire, et veulent une solution politique sans nouvelle spirale de la violence», a déclaré le ministre allemand Sigmar Gabriel, à l'issue d'une réunion élargie à plusieurs pays arabes et la Turquie.

«Nous voulons amener la Russie à soutenir le processus politique en vue d'une résolution pacifique du conflit syrien», a ajouté M. Gabriel, cité dans un communiqué. Le ministre allemand a précisé que c'était là la position du secrétaire d'État américain. «Il a tout notre soutien pour ses pourparlers à Moscou mercredi», a-t-il affirmé.

La position du chef de la diplomatie américaine est particulièrement attendue au lendemain des prises de position fermes de l'administration Trump contre le régime syrien.

À Lucques, près de Pise, la journée a débuté vers 7h45 avec une réunion d'une heure entre les ministres des Affaires étrangères des sept grandes puissances (États-Unis, Allemagne, Japon, Royaume-Uni, Canada, France et Italie) et de hauts diplomates de Turquie, des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, de la Jordanie et du Qatar.

Elle devait se poursuivre avec une autre table ronde à sept et des rencontres bilatérales, avant une conférence de presse prévue à 12h00 du ministre italien, Angelino Alfano, hôte du sommet.

Ce dernier avait expliqué lundi que les discussions élargies de la matinée visaient à trouver les moyens de relancer le processus en vue d'une solution politique en Syrie et d'éloigner le spectre d'une escalade militaire.

Les alliés du président syrien Bachar al-Assad, en particulier la Russie et l'Iran, ont en effet menacé de représailles après la frappe américaine contre une base aérienne syrienne dans la nuit du 6 au 7 avril en réponse à une attaque chimique, imputée au régime syrien, qui avait fait 87 morts le 4 avril à Khan Cheikhoun, dans le nord-ouest de la Syrie.

Le ministre britannique, Boris Johnson, a lui aussi souhaité que M. Tillerson reparte avec un «message clair et coordonné» pour la Russie, principal allié du régime de Bachar al-Assad. De son point de vue, il s'agit de faire pression pour que Moscou cesse de soutenir M. Assad, qui est «maintenant toxique dans tous les sens du terme».

Lundi, les États-Unis ont en tous cas averti une nouvelle fois le régime de Bachar Al-Assad de ne pas procéder à de nouvelles frappes chimiques, affirmant au passage avoir cloué au sol 20% de l'aviation syrienne dans leur bombardement de la semaine dernière.

«Rendre des comptes»

«Les États unis ne resteront pas passifs quand Assad tue des innocents avec des armes chimiques», et la Syrie «serait mal avisée d'utiliser à nouveau des armes chimiques», a averti le général James Mattis, le chef du Pentagone.

Moscou et Téhéran, autre allié de Damas, ont eux menacé Washington de «réagir fermement» à toute nouvelle «agression contre la Syrie», après la frappe américaine de 59 missiles Tomahawk contre la base aérienne syrienne.

Donald Trump s'est entretenu lundi sur la Syrie avec Theresa May et Angela Merkel, lors de conversations téléphoniques séparées. Les dirigeantes britannique et allemande ont soutenu la frappe américaine de jeudi et «se sont accordées avec le Président Trump sur l'importance de faire rendre des comptes au président Bachar al-Assad», selon un communiqué de la Maison-Blanche.

Lundi, quelque 200 personnes ont manifesté autour du centre historique de Lucques interdit aux voitures et quasiment vidé de ses touristes en raison des mesures de sécurité, pour dénoncer le G7 derrière une banderole proclamant: «Vos guerres, nos morts, chassons les patrons du monde».

Dans la matinée de lundi, plusieurs des ministres ont participé à une cérémonie du souvenir à Sant'Anna di Stazzema, un village près de Lucques où 560 civils ont été assassinés par des soldats nazis en août 1944.

«Nous nous engageons une nouvelle fois à faire en sorte que tous ceux qui commettent des crimes contre des innocents partout dans le monde aient à rendre des comptes», avait promis M. Tillerson à cette occasion.




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