Pays-Bas: les libéraux consolident leur victoire

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«Après le Brexit et après les élections aux États-Unis, les Pays-Bas ont dit stop au populisme de mauvais aloi», a affirmé un Mark Rutte tout sourire, devant une salle bondée à La Haye.

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Maude BRULARD
Agence France-Presse
La Haye

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a consolidé sa victoire avec son parti crédité de 33 sièges, devant les vingt sièges de son rival d'extrême droite Geert Wilders, selon des résultats provisoires sur la quasi-totalité des votes diffusés jeudi.

Selon ces résultats compilés par l'agence de presse néerlandaise ANP, sur la base de 97% des voix, le Parti populaire libéral et démocratique (VVD) de Mark Rutte remporterait 33 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement.

Ce résultat représente une perte de huit sièges par rapport aux 41 obtenus lors des dernières élections en 2012, mais une nette avance sur Geert Wilders.

Avec vingt élus, le Parti pour la Liberté (PVV) de M. Wilders aurait gagné cinq sièges de députés par rapport aux élections législatives de 2012, mais aurait progressé de huit sièges par rapport au parlement sortant, cette formation ayant vu trois élus partir au cours de la législature.

Crédité de 36 sièges il y a quelques mois, le PVV était lentement retombé dans les sondages à l'approche des élections. Ce n'est pas la première fois que l'élu à la chevelure peroxydée, qui avait obtenu son meilleur résultat en 2010 avec 24 sièges, voit son score chuter entre les prédictions des sondages et le résultat du scrutin.

«Nous étions le troisième plus grand parti des Pays-Bas. Maintenant, nous sommes le second plus grand parti. La prochaine fois, nous serons n°1!», a-t-il affirmé dans un tweet.

Dans ce pays de coalitions, le député a assuré être prêt à gouverner «si c'est possible», bien que l'ensemble des autres partis ait exclu une telle collaboration.

Avec 19 sièges chacun, les chrétiens-démocrates du CDA et les progressistes de D66 sont des partenaires naturels pour les libéraux, mais une telle coalition aurait besoin de cinq sièges, et donc d'un parti, supplémentaires pour obtenir la majorité de 76 sièges.

Les regards se portent vers les chrétiens (CU, 5 sièges) et les protestants rigoristes du SGP (3 sièges).

Mais les écologistes de GroenLinks, menés par le jeune et charismatique Jesse Klaver, pourraient également jouer un rôle important après avoir triplé leur score avec 14 sièges.

Partenaires de la coalition sortante, les travaillistes du PvdA auraient enregistré une défaite historique, passant de 38 députés à 9 seulement.

Le scrutin a été marqué par une participation massive: 80,2% des 12,9 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes, selon l'Institut de sondages Ipsos. En 2012, ce taux était de 75,3%.

L'Europe soulagée

Les dirigeants européens se montraient soulagés jeudi au lendemain de la victoire de Mark Rutte, malgré la remontée de l'extrême droite qui prend la deuxième place.

«Un vote pour l'Europe, contre les extrémistes», a commenté sur Twitter Margaritis Schinas, porte-parole du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

«La fascination est terminée»

Dans ce pays de coalition, les principaux chefs de file devaient discuter jeudi de l'organisation de la formation du gouvernement lors d'une réunion à la chambre basse du Parlement néerlandais.

Après les surprises du Brexit au Royaume-Uni et de la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, ces résultats sont «une victoire du bon sens et un bon départ pour la saison électorale européenne», a analysé Holger Schmieding, économiste en chef de la banque Berenberg. Deux scrutins clés doivent se tenir, la présidentielle en France en avril et, mai et les législatives en Allemagne à l'automne.

«La fascination pour les partis populistes de droite est terminée», affirme à l'AFP le professeur Hajo Funke, de l'Institut des Sciences politiques Otto Suhr.

«Les gens voient que Trump ne fait pas de bien ni aux États-Unis ni à l'Europe», ajoute-t-il. «Ils voient bien le coût, le potentiel de destruction économique et en terme de politique internationale».

Pour lui, les citoyens se sont aperçus de la «réaction en chaîne destructrice» que pouvait déclencher le populisme de droite à travers toute l'Europe.

Le président français François Hollande a évoqué «une nette victoire contre l'extrémisme», tandis que la chancelière allemande Angela Merkel, selon son porte-parole, s'est réjouie de «poursuivre une bonne collaboration en tant qu'amis, voisins, Européens».




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