Avortement: le monde riposte avec 250 millions aux politiques de Trump

À l'ouverture de la conférence, jeudi matin, plusieurs... (Virginia Mayo, AP)

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À l'ouverture de la conférence, jeudi matin, plusieurs pays européens avaient déjà annoncé des contributions totalisant plusieurs millions d'euros.

Virginia Mayo, AP

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Agence France-Presse
BRUXELLES

Les représentants de près de 50 pays ont promis jeudi à Bruxelles de débloquer plus de 250 millions (quelque 181 millions d'euros ou 190 millions de $US) en faveur des droits des femmes dans le monde, afin de compenser la politique anti-avortement du président américain Donald Trump.

Le Canada, la Suède et la Finlande se sont engagés à hauteur de 20 millions $CAN.

L'argent promis par le Canada ira à cinq organisations qui, selon un communiqué du ministère du Développement international et de la Francophonie, « offrent de l'information et des services essentiels en matière de santé sexuelle et reproductive qui favorisent l'égalité entre les sexes et le renforcement socio-économique des femmes et des filles dans les pays en développement ». Les fonds seront dépensés au cours de la prochaine année.

La ministre Marie-Claude Bibeau a déclaré que « toutes les femmes ont le droit de choisir si elles veulent des enfants et combien, et à quel moment elles les auront ».

« La décision de l'administration Trump est mauvaise »

Des femmes originaires du Pakistan, de Colombie et du Mali ont expliqué les conséquences d'être privées d'accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, alors que Donald Trump a décrété une interdiction d'allouer des fonds fédéraux aux ONG étrangères soutenant l'avortement.

« Je pense que la décision de l'administration Trump est une mauvaise décision. Et je n'ai vu aucune preuve qui soutienne cette décision », a déclaré le vice-premier ministre belge et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, en ouvrant la conférence des donateurs « She Decides » (« Elle décide »).

Annoncée sous la présidence du président républicain Ronald Reagan en 1984, la politique anti-avortement remise en vigueur par Donald Trump prévoit que les fonds fédéraux d'aide internationale ne peuvent être alloués à des ONG étrangères qui pratiquent l'avortement ou militent pour rendre l'avortement légal. Le manque à gagner pour ces ONG est estimé à 845 millions $CAN (600 millions d'euros), selon les Pays-Bas.

« Les représentants de plus de 45 gouvernements de tous les continents et plus de 400 participants issus de parlements et de la société civile ont exprimé leur soutien aux droits des femmes. Ils ont levé 181 millions d'euros pour l'Initiative globale de levée de fonds "She Decides" », a indiqué le ministère belge des Affaires étrangères à l'issue de la réunion.

Des pays ont annoncé des apports de plusieurs millions d'euros (21 pour la Suède, 10 pour la Belgique, le Danemark ou encore les Pays-Bas), tandis que d'autres, dont la France et le Royaume-Uni, ont demandé un délai supplémentaire, tout en réitérant leur engagement en faveur des droits des femmes.

Des donateurs privés comme la Fondation Bill & Melinda Gates ont fourni des dizaines de millions de dollars supplémentaires. Le président de la conférence, le vice-premier ministre belge Alexander De Groo, a annoncé qu'un bienfaiteur anonyme a contribué à lui seul 50 millions $ US.

« Un formidable événement »

Organisée conjointement par la Belgique, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark, cette conférence est un « formidable événement », mais il ne doit pas être « isolé », a estimé la ministre néerlandaise à la Coopération, Lilianne Ploumen.

« Nous continuerons (à soutenir) "She Decides" dans les années à venir », a-t-elle promis.

« Nous sommes sur une voie positive dans le monde, mais, malgré cela, toutes les deux minutes, une femme ou une fille meurt en raison d'une grossesse », a souligné son homologue suédoise, Isabella Lövin.

« Deux millions de filles accouchent avant l'âge de 15 ans. 62 millions de filles ne vont pas à l'école, beaucoup d'entre elles parce qu'elles sont déjà mères ou mariées (...). Ces femmes et ces filles n'ont pas besoin de moins de soutien. Elles ont besoin de plus de soutien », a-t-elle ajouté.

Au lendemain de l'investiture de Donald Trump, des millions de femmes aux États-Unis et dans le monde avaient défilé pour dénoncer le programme sur lequel le milliardaire avait été élu et défendre notamment le droit à l'avortement ou les droits civiques.

- Avec The Associated Press




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