Washington félicite Belgrade en oubliant sa candidature à l'UE

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La Serbie reste attachée à sa relation particulière avec le grand frère russe, même si le poids économique de l'UE est très sensiblement plus important.

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Agence France-Presse

Les États-Unis ont félicité lundi la Serbie pour sa fête nationale mais sans vanter, comme au temps de Barack Obama, la candidature à l'Union européenne de ce pays des Balkans attaché à la Russie avec laquelle le président Donald Trump prône justement un rapprochement.

Le département d'État célèbre chaque jour, par voie de communiqués signés de son secrétaire d'État, les fêtes nationales, religieuses et d'indépendance des quelque 200 pays de la communauté internationale.

Ces textes sont le plus souvent sans grand intérêt mais on y décèle parfois des inflexions de la politique étrangère des États-Unis.

Lundi, au sein d'un département d'État au ralenti en raison de l'installation d'un nouveau patron novice en politique, l'ex-PDG d'ExxonMobil Rex Tillerson, le chef de la diplomatie a félicité la Serbie pour sa fête nationale le 15 février.

Si son communiqué plaide pour un «avenir prospère», des «réformes économiques» et la «consolidation de l'État de droit» en Serbie, il ne dit pas un mot de la candidature de Belgrade à l'UE annoncée en 2009, ni des négociations débutées en 2014.

Lorsque Hillary Clinton puis John Kerry étaient secrétaires d'État (2009-2013 et 2013-2017), ils s'étaient rendus à Belgrade et vantaient régulièrement les «aspirations euro-atlantistes» de la Serbie, en référence à son éventuelle adhésion à l'UE et à l'OTAN.

M. Tillerson ne s'est pas exprimé sur la politique étrangère des États-Unis depuis qu'il est entré en fonctions le 2 février. C'est un proche du président russe Vladimir Poutine avec lequel, justement, Donald Trump veut se réconcilier après les années de froid de l'ère Obama.

Sollicité, un responsable du département d'État a fini par réaffirmer lundi soir, sous couvert de l'anonymat, que «les Éats-Unis continuaient d'apporter leur soutien total aux efforts d'adhésion de la Serbie à l'Union européenne».

«Nous restons attachés à notre relation étroite et coopérative en matière de sécurité avec la Serbie, ainsi qu'à son partenariat croissant avec l'OTAN», a-t-il assuré auprès de l'AFP.

Washington s'est rapproché ces dernières années de ce pays des Balkans, indépendant après l'éclatement de la Yougoslavie et qui fut la cible des Occidentaux durant les guerres de Bosnie et du Kosovo tout au long des années 1990.

Au printemps dernier, le Premier ministre serbe de centre droit Aleksandar Vucic avait remporté les élections législatives en demandant à ses compatriotes de confirmer son choix pro-européen.

Mais dans ce pays orthodoxe et slave, une large partie de la population reste attachée à la relation particulière que la Serbie entretient avec le grand frère russe, même si le poids économique de l'UE est sensiblement plus important.




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