L'après-Renzi agite la classe politique italienne

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L'échec de la réforme constitutionnelle maintient tous ses pouvoirs à un Sénat (photo) qui reste élu à la proportionnelle, ce qui risque de rendre la création d'une coalition très improbable et le pays ingouvernable.

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Olivier BAUBE
Agence France-Presse
Rome

Élections anticipées, gouvernement «technique», réforme des lois électorales: le monde politique italien se prépare à l'après-Matteo Renzi, le chef du gouvernement qui a reporté sa démission le temps d'assurer l'adoption du budget mercredi.

Après le non massif des Italiens au référendum constitutionnel dimanche, M. Renzi, 41 ans, s'était rendu lundi soir auprès du président de la République, Sergio Mattarella, 75 ans, pour présenter la démission de son gouvernement.

Mais M. Mattarella lui a demandé de reporter sa démission le temps d'assurer l'adoption définitive du budget 2017, dans l'intérêt du pays et afin de calmer les craintes en Europe.

La loi de finances, adoptée par la Chambre des députés, doit encore l'être au Sénat, ce qui pourrait être chose faite dès mercredi. M. Renzi devrait alors retourner dans la foulée confirmer sa démission.

Les chefs des groupes parlementaires du Sénat ont décidé d'entamer la discussion mercredi dès 9h30, afin de procéder au vote de confiance à partir de 13h30 environ.

Le chef de l'État pourrait entamer des consultations pour déterminer la voie à suivre, dès jeudi ou vendredi.

Mais sans attendre ce délai, les forces politiques fourbissent déjà leur armes.

A l'exception de Mario Monti, ancien chef du gouvernement et sénateur à vie, toute la classe politique est, officiellement, favorable à des élections anticipées après le camouflet subi par M. Renzi.

Ce dernier s'est d'ailleurs bien gardé de renoncer à son poste de secrétaire-général du Parti démocrate (PD, centre-gauche). Une explication est prévue mercredi matin au sein du parti, que la campagne du référendum a profondément divisé.

Des figures du PD qui avaient appelé à voter non, essentiellement des «frondeurs» de la gauche du parti, relèvent la tête et n'entendent pas se laisser dicter leur conduite par un Matteo Renzi affaibli.

Renzi impatient

Mais les partisans de Matteo Renzi ne baissent pas les bras. Son bras droit Luca Lotti a posé lundi les termes du débat: «On a gagné avec 40% (aux élections européennes de juin 2014), on repart avec les 40%» de oui au référendum.

Selon les médias italiens qui citent son entourage, M. Renzi, qui a reçu mardi un appel du président américain Barack Obama le remerciant de son «amitié proche», est impatient de repartir en campagne.

Et il n'est pas le seul. Beppe Grillo, chef du Mouvement Cinq Etoiles (M5S), a invité lundi ses partisans à se préparer à désigner les membres du futur gouvernement, via un vote sur internet conformément à la pratique de ce mouvement populiste.

«Nous commencerons à voter sur internet le programme et tout de suite après l'équipe de gouvernement», a-t-il annoncé sur son blog.

Des élections anticipées peuvent avoir lieu dès début 2017, a-t-il assuré, balayant les arguments de ceux qui défendent la nécessité de réformer d'abord la loi électorale.

Cette loi, adoptée en mai 2015, ne prévoit de scrutin majoritaire que pour la Chambre des députés. Or, l'échec de la réforme constitutionnelle maintient tous ses pouvoirs à un Sénat qui reste élu à la proportionnelle, ce qui risque de rendre la création d'une coalition très improbable et le pays ingouvernable.

Pour le M5S, il suffit d'élargir au Sénat le mode de scrutin décidé pour les députés. Et tant pis si Beppe Grillo avait jugé cette loi profondément anti-démocratique pendant toute la campagne électorale.

Élections anticipées ou non, il reste au chef de l'État à nommer un gouvernement. Plusieurs noms circulent déjà pour en prendre la tête, dont celui du ministre des Finances, Pier Carlo Padoan, économiste de renom de nature à rassurer les marchés, ou du président du Sénat, Pietro Grasso.

Il s'agirait probablement d'un gouvernement technique chargé avant tout de réformer la loi électorale avant, peut-être, des élections anticipées, alors que le mandat du Parlement actuel expire en février 2018.

«Une solution ambiguë pourrait être trouvée avec un gouvernement «technique» mais qui se prolonge en fait jusqu'en 2018», a jugé le politologue italien Giovanni Orsina.

Un danger clairement identifié par Beppe Grillo pour qui «les partis feront tout pour traîner les pieds» afin qu'il n'y ait pas d'élections avant «septembre 2017», date à laquelle les parlementaires auront siégé suffisamment longtemps pour toucher... une retraite complète.




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