Les «Brexiters» espèrent capitaliser sur la victoire de Trump

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Donald Trump a salué dans le Brexit une victoire « fantastique » et promis un traitement de faveur au pays qui a vu naître sa mère et où il a investi dans des golfs.

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Ouerdya AIT ABDELMALEK
Agence France-Presse
LONDRES

L'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche a suscité des réactions de stupéfaction dans le monde mais au Royaume-Uni, certains pro-Brexit y voient une chance pour l'économie britannique.

« Trump président, ce n'est peut-être pas à notre goût mais nous devons penser à nos intérêts nationaux », explique très prosaïquement le député conservateur Bernard Jenkin.

« Il ne mettra pas d'embûches sur le chemin du Brexit comme Clinton aurait pu le faire », estime cet eurosceptique notoire dans le quotidien économique City AM.

Selon Jacob Rees-Mogg, un autre député conservateur, les commentaires de Trump sur le Brexit « ont été plus positifs que l'approche hostile adoptée par [Barack] Obama », qui a menacé Londres d'être à la « queue » en matière de relations commerciales avec les États-Unis en cas de sortie de l'UE.

Au contraire, Donald Trump a salué dans le Brexit une victoire « fantastique » et promis un traitement de faveur au pays qui a vu naître sa mère et où il a investi dans des golfs.

« Relation spéciale »

De quoi revivifier la « relation spéciale » entre les deux pays, somnolente sous Barack Obama, ont estimé plusieurs figures des Tories (conservateurs), dont son ex-leader Iain Duncan Smith.

« Ces huit dernières années, le président Obama a très clairement montré qu'il ne considérait pas le Royaume-Uni comme plus important dans ses relations internationales qu'un autre pays, en particulier l'Allemagne et l'UE », s'est-il ému sur le blogue Conservative Home.

C'est ce qu'espère aussi la première ministre conservatrice, Theresa May, en quête de partenariats commerciaux après la rupture future des liens avec l'UE.

Dans son message de félicitations à Trump mercredi, elle a soigneusement évité les sujets qui fâchent, contrairement à la chancelière allemande et au président français. Elle a mis en avant la solidité des liens en matière de « commerce, sécurité et défense » avec les États-Unis, où Londres exporte chaque année pour quelque 30 milliards de livres de biens et services.

Cet optimisme est cependant tempéré par les analystes, qui rappellent les diatribes de Donald Trump contre le libre-échange et ses tentations isolationnistes.

« Malgré ses sympathies politiques pour le Brexit, un accord commercial avec le Royaume-Uni ne sera pas sa priorité », indique à l'AFP Florian Otto, responsable de recherche Europe au sein du cabinet britannique d'analyse des risques Verisk Maplecroft.

Stratégie chamboulée

Premier accroc à la « relation spéciale »: Trump n'a parlé avec Theresa May qu'en début d'après-midi jeudi, soit après avoir téléphoné à neuf autres dirigeants, dont le premier ministre irlandais, Enda Kenny, se sont alarmés les médias britanniques. Obligeant le ministre des Finances, Philip Hammond, à réagir, en affirmant que c'est parce qu'ils n'avaient pas de sujets « urgents » à discuter à ce stade.

Trump a « invité la première ministre à lui rendre visite aussi vite que possible » après sa prise de fonctions, a insisté de son côté Downing Street, tandis que, selon le tabloïd Daily Mail, il a évoqué la communion d'esprit entre Ronald Reagan et Margaret Thatcher comme référence à sa future relation avec Mme May.

Cependant, dit à l'AFP Tom Raines, du centre de réflexion Chatham House, « il est difficile de voir comment cette relation pourra sa maintenir comme avant » au vu du programme américano-centré de Trump.

Il pourrait également s'avérer de peu de secours pour Londres dans ses négociations avec les Européens pour obtenir un accord commercial post-Brexit avantageux.

Selon Tom Raines, « ce que le Royaume-Uni peut espérer de mieux, c'est que les leaders de l'UE, inquiets de la direction prise par les États-Unis, décident que ce n'est pas le moment de prendre davantage de distance avec le Royaume-Uni ».

Tim Oliver, de la London School of Economics (LSE), craint cependant que Londres ne voit sa stratégie sur le Brexit complètement chamboulée et ne se retrouve au final bien seul.

« Le vote britannique pour sortir de l'UE a souligné un désir de certains de voir le Royaume-Uni jouer un rôle mondial plus important. Un rôle qui, en partie, dépend de la coopération avec les États-Unis [...] Or le Royaume-Uni se retrouve entre le marteau Trump et l'enclume Brexit », souligne-t-il, interrogé par l'AFP.

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