Après le choc du séisme, l'Italie évalue l'étendue des dégâts

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«Vu la force des secousses, le bilan est, en l'absence de morts et de blessés graves, et en espérant que cela soit confirmé, miraculeux», a déclaré jeudi matin à la radio Angelino Alfano, ministre de l'Intérieur.

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Franck IOVENE
Agence France-Presse
VISSO

Un puissant séisme, le deuxième en deux mois dans le centre de l'Italie, a forcé des milliers de personnes paniquées à passer la nuit dehors et provoqué d'importants dégâts, mais n'a apparemment pas fait de victimes.

Les dégâts sont «importants», mais personne n'a été signalé sous les décombres et les urgences des hôpitaux de la région n'ont reçu que quelques dizaines de personnes pour des blessures légères ou des malaises, selon la protection civile.

Si ce bilan se confirme, «vu la force des secousses (...), c'est miraculeux», a estimé jeudi matin le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

À deux heures d'intervalle, deux secousses d'une magnitude de 5,5 et 6,1, selon l'institut américain Geological Survey, ont été enregistrées mercredi soir près de Visso, dans les Marches, à quelques dizaines de kilomètres au nord des localités détruites par un précédent séisme de 6,0 le 24 août ayant fait près de 300 morts, surpris dans leur sommeil.

Mercredi, la première secousse a probablement sauvé de nombreuses vies en poussant les habitants hors de leurs maisons avant la deuxième, plus destructrice.

Dans la nuit et sous la pluie, la protection civile a pris en charge de nombreux sinistrés, même si beaucoup ont préféré rester dans leur voiture, paniquées par la puissance et la fréquence de dizaines de répliques qui sont montées jusqu'à 4,6.

«Le séisme a été très fort, apocalyptique, les gens hurlaient dans les rues, il n'y avait pas de lumière. Notre village est fini», s'est désolé Marco Rinaldi, maire d'Ussita, petit village à 600 mètres d'altitude.

À 5 km en contre-bas, les deux tiers des bâtiments de la commune voisine de Visso «ne sont plus utilisables», selon le maire Giuliano Pazzaglini.

«Hier au moment de la 2e secousse, mon épouse et moi on a eu à peine le temps de sortir avant que la maison ne s'écroule», a raconté à l'AFP Massimo Testa, un septuagénaire vivant dans une maison du XVe siècle qu'il avait restaurée dans le centre de Visso.

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L'automne est en effet déjà bien avancé dans ces régions montagneuses du centre de l'Italie, où la température descend en hiver jusqu'à -10°C la nuit.

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«Tout est à refaire»

«Mon épouse était pétrifiée, elle voyait les pierres tomber autour d'elle. Grâce à Dieu, on est en vie, c'est le plus important», a-t-il ajouté, encore sous le choc.

Les deux principales secousses ont d'ailleurs fait trembler tout le centre de l'Italie, jusqu'à la capitale où de nombreuses personnes sont sorties en courant dans les rues.

Jeudi en fin de matinée, alors que la pluie avait fait place à un frais soleil, la protection civile explorait à l'aide d'un drone les grosses fissures apparues sur le clocher de l'église.

«En ce moment, plusieurs hélicoptères sont en vol pour effectuer une reconnaissance des lieux à la lueur du jour et nous aurons alors une idée plus précise des dégâts», a expliqué M. Alfano dans la matinée, tandis qu'un millier de pompiers équipés de 450 engins de secours étaient déployés sur le terrain.

«Il y a plusieurs milliers de personnes déplacées» après les secousses et la priorité est de «gérer l'urgence» en leur assurant un abri, a déclaré Cesare Spuri, chef de la protection civile des Marches.

L'automne est en effet déjà bien avancé dans ces régions montagneuses du centre de l'Italie, où la température descend en hiver jusqu'à -10°C la nuit. Des gymnases et salles communes ont été ouverts mercredi soir, et les tentes ont refait leur apparition.

«Deux mois fichus en l'air, tout est à refaire», d'autant que ces secousses «ont fini de détruire ce qui avait été abimé», a déclaré à la presse Domenico Ciaffaroni, maire de Montefortino, une commune située sur l'autre versant du massif et qui avait été touchée par le séisme du 24 août.

«Les gens ici commencent à avoir les nerfs vraiment à vif, ils commencent à craquer», a-t-il ajouté, en espérant que des solutions de relogements soient trouvées sur place, sans obliger les habitants à aller s'installer dans les hôtels sur la côte.

Par mesure de précaution, les écoles de la région étaient fermées jeudi. Une cinquantaine de patients de plusieurs hôpitaux ont été évacués, de même qu'une résidence universitaire ou encore une maison de retraite. Les détenus de Camerino, dont plusieurs ont été légèrement blessés ou choqués, ont été transférés dans la grande prison de Rebbibia à Rome.

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