La «jungle» de Calais prend fin dans les flammes

  • La jungle de Calais s'est embrasée alors que l'évacuation et le démantèlement du tristement célèbre camp de réfugiés du nord de la France se poursuivait pour une troisième journée. (photo Emilio Morenatti, AP)

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    La jungle de Calais s'est embrasée alors que l'évacuation et le démantèlement du tristement célèbre camp de réfugiés du nord de la France se poursuivait pour une troisième journée.

    photo Emilio Morenatti, AP

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  • Plusieurs résidants de la jungle, en grande majorité des réfugiés afghans, érythréens et soudanais carassaient le rêve de gagner la Grande-Bretagne, de l'autre côté de La Manche. (photo Pascal Rossignol, REUTERS)

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    Plusieurs résidants de la jungle, en grande majorité des réfugiés afghans, érythréens et soudanais carassaient le rêve de gagner la Grande-Bretagne, de l'autre côté de La Manche.

    photo Pascal Rossignol, REUTERS

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  • Un migrant passe à proximité d'un policier en civil, arme automatique à la main, alors que l'évacuation des 6000 à 8000 réfugiés de la jungle se déroule, le 26 octobre. (photo Franois NASCIMBENI, AFP)

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    Un migrant passe à proximité d'un policier en civil, arme automatique à la main, alors que l'évacuation des 6000 à 8000 réfugiés de la jungle se déroule, le 26 octobre.

    photo Franois NASCIMBENI, AFP

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  • Les abris de fortune de la jungle ont été la proie des flammes, le 26 octobre. (photo PHILIPPE HUGUEN, AFP)

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    Les abris de fortune de la jungle ont été la proie des flammes, le 26 octobre.

    photo PHILIPPE HUGUEN, AFP

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  • Un migrant ajuste un drapeau français sur le toit d'un abri de fortune. La jungle de Calais qui a commencé à «pousser» au début des années 2000, mais qui a pris l'ampleur qu'on lui connaissait avant son démantèlement de cette semaine avec le début de la crise migratoire en 2010, était un symbole d'échec pour plusieurs en France et en Europe. Un véritable bidonville au coeur de l'Hexagone. (photo Pascal Rossignol, REUTERS)

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    Un migrant ajuste un drapeau français sur le toit d'un abri de fortune. La jungle de Calais qui a commencé à «pousser» au début des années 2000, mais qui a pris l'ampleur qu'on lui connaissait avant son démantèlement de cette semaine avec le début de la crise migratoire en 2010, était un symbole d'échec pour plusieurs en France et en Europe. Un véritable bidonville au coeur de l'Hexagone.

    photo Pascal Rossignol, REUTERS

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  • Des abris de fortune brûlent dans le camp de réfugiés de Calais. (photo PHILIPPE HUGUEN, AFP)

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    Des abris de fortune brûlent dans le camp de réfugiés de Calais.

    photo PHILIPPE HUGUEN, AFP

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  • Un pompier s'affaire à éteindre les flammes qui ravagent ce petit restaurant afghan du camp, le Nouveau Kaboul. (photo François NASCIMBENI, AFP)

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    Un pompier s'affaire à éteindre les flammes qui ravagent ce petit restaurant afghan du camp, le Nouveau Kaboul.

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  • Un CRS tente de sécuriser le lieu de l'incendie. (photo Philippe Wojazer, REUTERS)

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    Un CRS tente de sécuriser le lieu de l'incendie.

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  • La fumée noire enveloppe la jungle, alors qu'un migrant réagit à la scène de désolation. (photo Thibault Camus, AP)

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    La fumée noire enveloppe la jungle, alors qu'un migrant réagit à la scène de désolation.

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  • Un migrant photographie le camp qui brûle à l'aide de son téléphone intelligent. (photo  PHILIPPE HUGUEN, AFP)

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    Un migrant photographie le camp qui brûle à l'aide de son téléphone intelligent.

    photo PHILIPPE HUGUEN, AFP

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  • Un travailleur faisant partie de l'équipe de démolition dépêchée dans le camp pour le démanteler court se mettre à l'abri, alors que les flammes se propagent. (photo PHILIPPE HUGUEN, AFP)

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    Un travailleur faisant partie de l'équipe de démolition dépêchée dans le camp pour le démanteler court se mettre à l'abri, alors que les flammes se propagent.

    photo PHILIPPE HUGUEN, AFP

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  • Un jeune réfugié de Calais tente d'interpeller intervenants, policiers et journalistes en brandissant une pancarte où l'on peut lire en anglais: « S'il vous plaît aidez-nous, nous sommes des enfants ». (photo François NASCIMBENI, AFP)

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    Un jeune réfugié de Calais tente d'interpeller intervenants, policiers et journalistes en brandissant une pancarte où l'on peut lire en anglais: « S'il vous plaît aidez-nous, nous sommes des enfants ».

    photo François NASCIMBENI, AFP

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Claire GALLEN, David COURBET, Juliette MONTESSE, Serene ASSIR
Agence France-Presse
Calais et Paris

De multiples incendies se sont déclarés mercredi dans la «jungle» de Calais, dans le nord de la France, au troisième jour de l'opération d'évacuation de migrants, après une nuit marquée par des incendies volontaires ayant mobilisé pompiers et forces de l'ordre, a constaté l'AFP.

Alors que les évacuations se poursuivaient dans le calme dans la matinée, les départs de feux se sont multipliés à la mi-journée, dégageant d'épais panaches de fumée noire s'étendant à l'ensemble de ce vaste bidonville.

Dans l'artère principale du camp, une camionnette d'une association commençait à brûler tandis que le bruit de craquements dus aux feux retentissait un peu partout. Des pompiers étaient sur les lieux mais en nombre insuffisant pour lutter immédiatement contre tous ces foyers.

Plusieurs migrants sortaient précipitamment de leurs abris avec leurs affaires alors que les feux se rapprochaient. D'autres mettaient à l'abri des groupes électrogènes.

Certains mettaient aussi à l'abri des bonbonnes de gaz. Un véhicule de bénévole tractant une remorque remplie de bonbonnes a quitté le bidonville. Durant la nuit, des feux similaires avaient débouché sur l'explosion de bonbonnes, blessant légèrement un migrant aux tympans.

«Sortez, vous devez sortir. Vous avez des bouteilles de gaz dans votre caravane, sortez-les», intimaient des membres d'associations britanniques à un groupe de migrants placide.

«Ca va durer comme ça jusqu'à la nuit», soupirait Ahmed, un Soudanais, observant les flammes avec fatalisme. «C'est mal et c'est bien, parce qu'ici ce n'est vraiment pas un endroit pour vivre», jugeait cet adolescent.

Les évacuations par autocars avaient repris mercredi dans... (photo AP) - image 4.0

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Les évacuations par autocars avaient repris mercredi dans le camp de Calais au troisième jour de l'opération de démantèlement de la «jungle» où seuls mille migrants devaient encore être transférés dans des centres d'accueil en France.

photo AP

« C'est vraiment aujourd'hui la fin »

C'était le plus grand bidonville de France, où s'entassaient des milliers de migrants, face aux côtes anglaises qu'ils rêvaient d'atteindre : les autorités françaises ont décrété mercredi « la fin de la "jungle" » de Calais, assurant que son évacuation, ponctuée d'incendies malveillants, serait achevée dans la soirée.

« C'est vraiment aujourd'hui la fin de la "Jungle" », a affirmé mercredi la représentante locale de l'État Fabienne Buccio, en indiquant que « plus de 5000 personnes » avaient déjà été prises en charge depuis le début de l'opération lundi.

« Nous terminerons à l'heure qui conviendra, mais ce soir nous fermerons le sas » où s'organisent les évacuations, a-t-elle dit au cours d'une conférence de presse . Selon elle, « on sera au moins à 6600 » personnes prises en charge en fin de journée.

« Notre mission est remplie » et « une page se tourne » pour ces migrants qui « vont pouvoir commencer une nouvelle vie » en France, a-t-elle ajouté.

La disparition de la jungle aura été plus rapide sur l'internet que sur la terre ferme. Le service de cartographie du géant Google ne permettait plus mercredi de situer la «jungle de Calais», ce qu'il était encore possible de faire mardi.

Entre 6400 et 8100 migrants selon les sources étaient jusqu'à présent installés dans ce vaste bidonville. Arrivés d'Érythrée, du Soudan, d'Afghanistan au péril de leur vie, ils vivaient dans des conditions de grande précarité dans ce camp, qui s'est créé au tournant des années 2000, mais qui a pris l'ampleur qu'on lui connaissait jusqu'à son démantèlement avec la crise migratoire qui fait rage depuis les années 2010. Depuis 18 mois la population avait encore augmenté, plusieurs migrants s'y installant en espérant pouvoir passer en Angleterre, de l'autre côté de La Manche.

Les forces de l'ordre ont bouclé le point principal d'accès et poussé les migrants sur la route, avec leurs bagages, a constaté une reporter de l'AFP.

Toute la matinée, les adultes ont continué d'embarquer dans des autocars à destination de différents centres d'accueil répartis aux quatre coins de France. Les mineurs, eux, ont été relogés dans un centre d'accueil provisoire, après un tri, qui a suscité des critiques virulentes de différentes associations, qui doit leur permettre de rallier la Grande-Bretagne si leur dossier est accepté.

Sur le terrain, les bénévoles s'efforçaient de convaincre les migrants de partir vers les cars. « On leur dit que c'est le dernier jour, que s'ils ne partent pas, la police va les arrêter et les renvoyer dans leur pays », explique Enrika, une bénévole lituanienne de Care for Calais.

Zone sinistrée

Parallèlement les opérations de démolition se poursuivaient, les pelleteuses ramassaient les débris et la « jungle » ressemblait à une zone sinistrée, avec, à certains endroits des abris en flamme, des fumées épaisses et des bruits d'explosion, comme l'ont constaté les reporters de l'AFP sur place.

Après une matinée calme, les incendies se sont multipliés dans le campement sauvage, déjà ravagé par plusieurs départs de feu dans la nuit, avec ça et là des carcasses noircies des caravanes calcinées.

Quatre Afghans ont été interpellés mercredi matin pour « incendie » et « tentative d'incendie ».

Des pompiers s'activaient sur le terrain, aidés de bénévoles et migrants qui tentaient aussi d'éteindre les flammes avec des extincteurs et petites lances à eau.

Dans la nuit, des feux ont provoqué l'explosion de bonbonnes de gaz et un migrant a été légèrement blessé aux tympans.

Des migrants quittaient précipitamment leurs abris précaires avec leurs affaires, d'autres continuaient leur vie, à quelques mètres, comme si de rien n'était. Des femmes ramenaient des repas en boîte, d'un pas nonchalant.

Les incendies sont une « tradition, notamment pour certaines communautés qui mettent le feu à leur habitation au moment de la quitter », ce qui « prouve aussi que les migrants s'en vont », a fait valoir Fabienne Buccio. Le même phénomène avait été constaté en mars lors du démantèlement de la zone sud.

Certains migrants ne veulent cependant pas renoncer à leur rêve d'Angleterre et les associations redoutent de voir de nouveaux campements sauvages fleurir dans la région.

« On veut toujours passer en Angleterre, on reste ici », explique Mohamed, un Soudanais de 30 ans. Et si la police vient ? « Je me battrai », jure-t-il.

Véronique, bénévole, tente de convaincre les réfractaires qu'il faut partir : « No more bus tomorrow ! Tomorrow, police ». Mais c'est difficile d'être entendu, explique-t-elle. « Tant que leurs abris ne sont pas détruits, ils ne se rendent pas compte ».

Quelques dizaines de femmes, originaires de la corne de l'Afrique selon une membre des services de l'immigration, accompagnées d'enfants et d'adolescents, ont défilé mercredi matin dans le camp en criant « Where is Human Rights? » (« Où sont les droits de l'homme ? ») et en brandissant une phrase sur des feuilles de papier : « We want UK » (« Nous voulons le Royaume-Uni »).

-Avec lapresse.ca

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