Marine Le Pen, en quête de crédibilité, se pose en «candidate du peuple»

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Marine Le Pen

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Guillaume DAUDIN, Daphné BENOIT
Agence France-Presse
FRÉJUS

À sept mois de l'élection présidentielle française, la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen s'est présentée dimanche comme la «candidate du peuple», endossant un profil rassembleur en vue de crédibiliser son parti et sa stature de dirigeante.

«Je suis la candidate du peuple et je veux vous parler de la France, car c'est elle qui nous réunit», a lancé devant plus de 3000 personnes la présidente du Front national (FN) lors d'un discours à l'université d'été de son parti, à Fréjus (sud-est).

Devant un public acquis et une mer de drapeaux français, Marine Le Pen a déroulé pendant près d'une heure ses thèmes de prédilection : identité nationale, sécurité, immigration, et saillies répétées contre l'Europe.

«Nous voulons une France libre, maîtresse de ses lois, de sa monnaie, et gardienne de ses frontières», a-t-elle lancé depuis son pupitre barré de son tout nouveau slogan de campagne, «Au nom du peuple».

Ce slogan, dévoilé dimanche, est «est un parfait condensé de notre combat», a déclaré à l'AFP Florian Philippot, un des vice-présidents du Front national.

S'exprimant près d'une heure dans un ancien hangar aéronaval, Marine Le Pen n'a pas eu un mot sur son parti, le FN, longtemps diabolisé dans le paysage politique français. «Françaises, français», a-t-elle commencé son discours.

Aucune attaque directe non plus contre ses rivaux : après avoir taclé la veille l'ex-chef de l'État Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de droite dont les thèmes de campagne empruntent beaucoup au FN, elle a choisi d'éviter la polémique.

«La France en commun»

De l'avis de plusieurs observateurs, le FN entend afficher le visage le plus «crédible» possible d'ici au premier tour du scrutin présidentiel, en avril. C'est la question majeure pour Marine Le Pen, dont l'image demeure très clivante dans les sondages, malgré la progression de son parti à chaque élection depuis quelques années.

Si toutes les enquêtes d'opinion assurent qu'elle se qualifiera pour le second tour - décisif - de la présidentielle, ils la donnent battue au final dans l'hypothèse actuelle la plus probable, face à un candidat de droite.

La candidate d'extrême droite a dressé dimanche, comme à son habitude, un tableau dramatique de la situation française, celle d'un pays enchaîné, où la démocratie a disparu et attaché telle une marionnette à ses vrais maîtres extérieurs : «Bruxelles, Berlin, Washington»...

Plusieurs éléments abîment la France, selon la dirigeante d'extrême droite, qui a énuméré «immigrationnisme», perte d'identité, multiculturalisme et attaques du «système» contre les «petits Français», acclamée par des «Marine présidente!» ou des «On est chez nous!».

Elle a toutefois pris soin de tenir des propos rassembleurs, qui ne dépareilleraient pas dans un discours d'entre deux tours : «Au-delà de nos différences, de nos histoires personnelles et de nos préférences partisanes, des formules et des politiques, nous avons la France en commun», a-t-elle affirmé.

Pour vanter la «liberté» que la France doit s'employer à retrouver, Marine Le Pen a par ailleurs fait référence au général Charles de Gaulle, glorifiant la «France libre», qui ne serait selon elle qu'un souvenir.

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