Russie: large victoire du parti de Poutine aux législatives

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Vladimir Poutine a pris la parole lors d'une visite au siège social du parti Russie Unie, à Moscou.

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Karim TALBI, Maxime POPOV
Agence France-Presse
Moscou

Le parti du président Vladimir Poutine, Russie Unie, a remporté une écrasante majorité à la Douma aux législatives dimanche, décrochant la majorité absolue et un nombre de sièges record depuis sa création en 2001.

Ombre au tableau toutefois pour le Kremlin : la faible participation, signe qu'une partie des Russes ont boudé le scrutin ou qu'ils le considéraient joué d'avance. Selon la Commission électorale, seulement 47,7 % des électeurs ont voté, contre 60 % lors des précédentes législatives de 2011.

« Il est évident que l'immense majorité de ceux qui sont allés voter a donné sa voix pour soutenir le président », a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, rappelant que « la plus grande partie des pays européens ont une participation bien plus faible ». « Le principal, c'est le résultat et il ne peut y avoir de résultat plus éloquent dans l'ensemble », a-t-il ajouté.

Le parti Russie Unie a obtenu la majorité absolue avec environ 54,1 % des voix, après le décompte lundi de près de 98 % des bulletins de vote, selon la Commission électorale centrale.

Mais le mode de scrutin - pour moitié à la proportionnelle et pour moitié majoritaire - a accentué la mainmise des candidats de la formation pro-Kremlin. Résultat : Russie Unie semble pouvoir obtenir au moins 343 des 450 sièges à la Douma, la chambre basse du Parlement, contre 238 précédemment.

Avec plus de deux tiers des députés, le Kremlin aurait un contrôle sans précédent de la Douma et pourrait faire adopter encore plus facilement des révisions constitutionnelles.

Le parti libéral démocrate (LDPR, extrême droite) et le Parti communiste (PC) sont au coude-à-coude avec respectivement 13,2 % et 13,4 %. Le parti pro-Kremlin Russie Juste recueille 6,2 % et siégera également à la Douma.

Ces trois partis ne se comportent pas comme des formations d'opposition sur la plupart des sujets débattus par les députés et votent généralement à l'unisson de Russie Unie.

A contrario, les opposants libéraux de Parnas et de Iabloko ne réunissent qu'un score très symbolique après une campagne où ils ont comme de coutume été tournés en dérision par les télévisions d'État et boudés par les électeurs.

L'opposition anti-Poutine n'aura aucun député dans la nouvelle Douma, les résultats ne devant plus évoluer de manière significative, selon la Commission électorale.

« On peut dire avec certitude que le parti a obtenu un très bon résultat » malgré une participation « pas la plus élevée, mais quand même importante », s'est réjoui M. Poutine au siège de Russie Unie qu'il avait contribué à créer en 2001, en saluant la « maturité politique grandissante » des électeurs.

Pour lui, ces élections étaient d'autant plus importantes qu'elles sont la dernière consultation nationale avant la présidentielle de 2018 où personne en Russie n'imagine qu'il ne se présentera pas pour un 4e mandat.

« Élections légitimes »

Dans les deux principales villes du pays, Moscou et Saint-Pétersbourg, la participation a été inférieure à la tendance nationale et aux précédentes législatives, après une campagne morne dans un pays en récession depuis un an et demi.

« Je suis indigné par un taux de participation si faible. Les Russes laissent peut-être passer leur dernière chance de remplacer démocratiquement les autorités », a réagi l'opposant et ex-premier ministre Mikhaïl Kassianov.

Sans doute instruits par l'expérience des législatives de 2011, où l'opposition avait dénoncé des fraudes massives suivies de manifestations, le Kremlin s'est efforcé cette fois de donner une image plus transparente du processus électoral.

Le président russe a ainsi placé à la tête de la commission électorale centrale l'ex-déléguée aux droits de l'homme auprès du Kremlin, Ella Pamfilova. Les travaux de la commission ont été diffusés en direct sur la chaîne publique d'information en continu et, fait nouveau, on y discutait de soupçons de fraudes dans certaines régions et de bourrage des urnes.

Mme Pamfilova a admis lundi des problèmes dans certains bureaux de vote et assuré que le scrutin y serait annulé si les soupçons de fraude étaient confirmés. Une enquête a été ouverte contre des employés d'un bureau de vote de Rostov-sur-le-Don, qui apparaissent sur une vidéo en train de bourrer des urnes.

« Nous avons la certitude absolue que les élections se sont déroulées de manière tout à fait légitime », a-t-elle néanmoins affirmé, louant leur « transparence ».

L'ONG de défense des droits des électeurs Golos a jugé qu'il y avait eu « moins de falsification grossière et directe qu'en 2011 », mais que le scrutin était « loin de pouvoir être qualifié de libre et juste » en raison du poids de Russie Unie dans la campagne électorale.

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