François Hollande témoigne sa gratitude au pape

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François Hollande en compagnie du pape François

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Olivier BAUBE, Hervé ASQUIN
Agence France-Presse
ROME, Paris

Le président François Hollande a rencontré mercredi au Vatican le pape afin de lui exprimer la «gratitude» du peuple français pour ses «paroles très réconfortantes» après l'assassinat en France d'un prêtre dans une église par deux djihadistes.

Le pape François avait adressé des messages de soutien à la France à la suite de ce meurtre à Saint-Etienne-du-Rouvray en Normandie, le 26 juillet, et de l'attentat très meurtrier (85 morts) à Nice le 14 juillet, jour de la fête nationale.

«Lors de ce long entretien chaleureux, le pape a réaffirmé son soutien et son affection à l'égard de la France - comme il l'avait fait au téléphone le 26 juillet et dans ses différentes interventions après les attentats», a-t-on dit dans l'entourage de François Hollande. «L'importance des valeurs de dialogue et de cohésion, partagées par la France et le Vatican, a également été soulignée», a-t-on ajouté de même source.

Il est «très important que je vienne dire au pape combien nous étions sensibles aux paroles qui ont été prononcées et à l'action qui a été la sienne et qui conforte notre vision de l'humanité», avait déclaré M. Hollande, peu avant sa rencontre avec Jorge Bergoglio.

En chemin vers le Vatican, le chef de l'État français, accompagné du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a fait halte dans le coeur de la capitale italienne à l'église de Saint-Louis des Français, bâtie par les rois de France et toujours administrée par la France. Il est allé se recueillir quelques instants dans une chapelle dédiée aux victimes du terrorisme, non loin des Caravage qui font la célébrité de cette église baroque.

L'audience privée au Vatican - la deuxième depuis l'élection de M. Hollande en mai 2012 - avait été annoncée lundi, au moment où les catholiques célébraient l'Assomption. Au sanctuaire de Lourdes (sud-ouest de la France), le traditionnel pèlerinage du 15 août avait été placé sous très haute sécurité en raison de la menace terroriste.

Le 26 juillet, quelques heures après l'assassinat du père Jacques Hamel, le président socialiste avait appelé au téléphone le pape pour lui promettre que «tout sera(it) fait» pour protéger les églises.

«La République profanée»

Lorsqu'une «église est touchée, un prêtre est assassiné, c'est la République (française) qui est profanée», a réaffirmé mercredi M. Hollande.

La laïcité à la française, parfois mal comprise à l'étranger et au Vatican en particulier, est aussi là pour «protéger les cultes», a-t-il insisté.

«Ce message de la laïcité n'est pas un message qui peut blesser, mais un message qui peut réunir et rassembler», a ajouté le président français.

Le lendemain de l'attentat, M. Hollande, qui se dit lui-même athée, s'était rendu à la cathédrale Notre-Dame de Paris pour assister à une messe solennelle en hommage au père Hamel.

Les autorités françaises ont su gré aux responsables religieux d'avoir tout fait, notamment par des manifestations de fraternité dans des églises ou des mosquées, pour apaiser les tensions interreligieuses dans un pays marqué par des siècles de catholicisme et qui compte plusieurs millions de musulmans.

L'entretien entre M. Hollande et le pape a pris fin vers 17 h 30 locales. Le président français lui a offert une porcelaine de Sèvres portant les armes de la République française, a précisé un communiqué du Vatican. Le pape François a de son côté fait cadeau au chef de l'État d'une sculpture de bronze, oeuvre de l'artiste Daniela Fusco, qui se veut la représentation de la prophétie d'Isaïe, «Le désert deviendra jardin», selon ce communiqué.

Devant la presse, M. Hollande avait précisé qu'il comptait évoquer avec le pape la situation des chrétiens d'Orient, dont les deux hommes s'étaient déjà entretenus au téléphone le 26 juillet.

La présidence française espérait aussi à l'occasion de cette visite tourner la page des crispations observées pendant les premières années du quinquennat de François Hollande, quand l'adoption en 2013 de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux homosexuels s'était heurtée à l'opposition de l'Église catholique.

Le Saint-Siège avait ensuite refusé d'accréditer en 2015 un ambassadeur proposé par la France, Laurent Stefanini, catholique pratiquant et homosexuel. Après un an de vacance de ce poste, un autre diplomate, Philippe Zeller, avait finalement pris ses fonctions en juin dernier.

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