Hollande pour un Brexit «le plus rapidement possible»

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Le premier ministre irlandais Enda Kenny et le président françcais François Hollande à Dublin.

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Marc Préel, Rémi Banet
Agence France-Presse
DUBLIN

Londres doit notifier «le plus rapidement possible» son intention de se retirer de l'Union européenne, ont affirmé jeudi François Hollande et le premier ministre irlandais Enda Kenny à Dublin, avant une rencontre à Paris entre le président français et le premier ministre Theresa May.

«Il faut que les négociations démarrent vite» sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, a déclaré M. Hollande lors d'une conférence de presse avec le premier ministre irlandais.

«Il ne peut pas y avoir de discussions qui précèdent les négociations», a-t-il ajouté, assurant partager avec Mme Merkel «la même approche: il faut que les négociations s'ouvrent le plus rapidement possible».

Pourtant, à l'issue d'une rencontre entre Mme May et la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin mercredi, les deux dirigeantes ont convenu que la Grande-Bretagne avait besoin de temps avant de notifier sa demande de sortie de l'UE. Cette étape n'interviendra pas «avant la fin de cette année», a répété Mme May.

À ce propos, M. Hollande, qui doit rencontrer Theresa May plus tard dans la journée à Paris, a souligné qu'il espérait «entendre ses arguments» et qu'il attendait «des justifications» sur ce calendrier. «Si c'est pour avoir un peu plus de temps avant la négociation pour que la négociation elle-même soit plus courte, ça se discute», a-t-il ajouté.

En dépit des déclarations des dirigeants européens, Londres reste maître du calendrier pour activer l'article 50 des traités européens sur les modalités de sortie de l'UE. Une fois la demande déposée, les négociations devront s'achever dans un délai de deux ans, ce qui rend possible un départ de la Grande-Bretagne à l'horizon 2019.

Le président français s'est montré plus ferme sur un autre point: un futur accès au marché unique du Royaume-Uni, affirmant qu'il ne pourrait en bénéficier après le Brexit s'il ne respecte pas les principes de libre circulation des personnes.

«Il ne pourra pas y avoir pour le Royaume-Uni d'accès au marché intérieur si les principes de libre circulation ne sont pas respectés», a souligné M. Hollande.

La France entend aussi porter un message ferme sur un autre volet de ces négociations: pas question d'un «statut spécial» qui entraînerait de longues négociations.

«Le Royaume-Uni ne peut pas dire: "voilà ce qui m'intéresse dans la relation avec l'UE et voilà ce que je ne veux pas, et donc on va essayer de configurer un nouvel accord"; ça, ce n'est pas possible», a-t-on souligné de source diplomatique française. «Il faudra choisir parmi les différentes options qui existent», par exemple sur un modèle norvégien relativement intégré, ou celui de la Suisse, plus distendu.

Les 27 apparaissent en position de force: la City a besoin d'un «passeport financier» européen pour ses établissements afin de rester la première place financière européenne.

«Nouvelle impulsion» pour l'Europe

La visite de M. Hollande à Dublin entre dans le cadre d'une mini-tournée, entamée au Portugal mardi pour jeter les bases d'une nouvelle phase européenne avant le sommet de Bratislava le 16 septembre.

M. Hollande, Mme Merkel et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi ont appelé le 27 juin à Berlin à une «nouvelle impulsion» pour l'Europe, après la décision des Britanniques de quitter l'UE à l'issue du référendum du 23 juin. Ils doivent se retrouver le 22 août en Italie.

Au premier rang des priorités de la France: renforcer la coopération européenne sur la sécurité et la défense, alors qu'avec le départ du Royaume-Uni s'éloigne le premier budget militaire de l'UE.

Sur le volet économique, les efforts français portent notamment sur une «harmonisation fiscale et sociale». Un serpent de mer dans l'histoire récente de l'UE qui risque de heurter un point sensible en Irlande: son faible impôt des sociétés de 12,5%, qui attire de très nombreux sièges sociaux d'entreprises et nourrit des accusations de dumping fiscal.

Paris et Dublin ont en outre signé un accord pour une nouvelle phase d'études pour une possible connexion électrique sous-marine entre la Bretagne et l'Irlande.

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