Italie: l'ex-commandant du Concordia absent du début de son procès en appel

Francesco Schettino, l'ancien commandant du Costa Concordia, photographié en... (Photo Gregorio Borgia, archives AP)

Agrandir

Francesco Schettino, l'ancien commandant du Costa Concordia, photographié en février 2015.

Photo Gregorio Borgia, archives AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Giovanni GREZZI, Laure BRUMONT
Agence France-Presse
Florence et Rome

Le procès en appel de Francesco Schettino s'est ouvert jeudi à Florence, en l'absence de l'ancien commandant du Costa Concordia condamné en première instance à 16 ans de prison pour le naufrage qui avait fait 32 morts au large de l'Italie en janvier 2012.

Pour cette première audience essentiellement technique, celui que les médias italiens ont surnommé «le capitaine couard» était absent, ayant invoqué des «motifs personnels». Il est le seul accusé.

Au terme de la journée, le substitut du procureur de Florence, Giancarlo Ferrucci, a déclaré qu'une peine de 27 ans et trois mois de réclusion s'imposait à l'encontre de Schettino.

Dans la nuit du 13 au 14 janvier 2012, le Costa Concordia (groupe Carnival), un paquebot de 114 500 tonnes, avait heurté un écueil près de la côte et s'était échoué sur des rochers à quelques dizaines de mètres de l'île toscane du Giglio avec à son bord 4229 personnes, dont 3200 touristes.

Son épave en partie immergée a ensuite été renflouée et remorquée en juillet 2014 au port de Gênes pour y être démantelée.

Condamné en février 2015, Francesco Schettino avait été laissé en liberté pour la durée de l'appel.

Sa décision de quitter le navire bien avant les derniers passagers avait choqué en Italie et à travers le monde.

Il a dit souhaiter éviter la même «surexposition médiatique» que lors du procès en première instance à Grossetto. «À moins que les juges n'estiment utile que je sois à nouveau entendu», a-t-il fait savoir.

«Nous demanderons que soient redéfinies les responsabilités de tous les protagonistes de cette affaire, et pas seulement celle de notre client», a expliqué à l'AFP un des deux avocats de l'ex-commandant, Donato Laino, qui réclame l'acquittement de Schettino.

Avec son collègue Saverio Senese, Me Laino plaidera «l'accident organisationnel», mettant en cause la compagnie Costa mais également les responsables du port voisin de Civitavecchia et le timonier indonésien du paquebot.

Costa Croisières «manque sur le banc des accusés»

Interrogé à l'entrée du tribunal, un des avocats des parties civiles, Massimiliano Gabrielli, a souligné dans des déclarations à l'AFP qu'il demanderait également un élargissement des responsabilités, «notamment au niveau de Costa Croisières».

La compagnie, qui appartient au groupe Carnival, avait été condamnée en avril 2013 à une amende d'un million d'euros au terme d'une procédure négociée dans laquelle elle avait reconnu une responsabilité administrative pour éviter des poursuites pénales.

«Il y a eu un début de justice, mais il manque toujours sur le banc des accusés une partie importante, à savoir la société qui est à l'origine de ce qu'a fait Schettino», a insisté Me Gabrielli.

Le 11 février 2015, après un long procès ouvert en juillet 2013, le tribunal de Grossetto (Toscane) avait condamné Francesco Schettino à 16 ans de réclusion pour homicides involontaires, abandon de navire et dommages à l'environnement.

Les avocats de l'ex-commandant du paquebot avaient aussitôt fait appel, de même que le parquet, qui avait réclamé une peine plus importante.

Dans leurs conclusions, les juges de Grossetto avaient estimé l'an dernier que Schettino avait choisi en toute conscience de descendre dans une chaloupe de sauvetage, abandonnant à leur sort les quelque 2000 personnes encore à bord.

Devant le tribunal, l'intéressé avait expliqué avoir été poussé dans la chaloupe «par la force de gravité».

Dans la nuit, un des responsables de la capitainerie du port de Livourne (Toscane), l'avait sommé de remonter à bord, en vain. L'enregistrement de leurs conversations et son ordre, «Capitaine Schettino, remontez à bord, putain !», ont fait le tour du monde.

Le procureur avait aussi qualifié de «criminel» le choix du commandant d'amener son navire à «saluer» de si près l'île du Giglio, le conduisant à s'échouer sur les rochers. Il avait dénoncé le retard dans l'ordre d'évacuer et l'improvisation lors de cette évacuation.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer