Vatileaks: une consultante nie une relation sexuelle avec un prélat

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Francesca Chaouqui a laissé entendre que Lucio Vallejo Balda lui a fait part de remords sur des relations homosexuelles.

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Agence France-Presse
Cité du Vatican

La consultante italienne Francesca Chaouqui, qui comparait au Vatican au procès Vatileaks, a démenti mardi avoir exercé un chantage sur l'autre accusé principal, le prélat espagnol Lucio Vallejo Balda, et l'avoir poussé à une relation sexuelle avec elle.

Le procès a repris mardi au petit tribunal du Vatican après une interruption de deux semaines liée à la grossesse de Mme Chaouqui.

Mme Chaouqui est jugée avec Mgr Vellejo Balda pour avoir livré des documents confidentiels à deux journalistes italiens. Ils étaient membres d'une commission, la Cosea, chargée en 2013/14 par le pape François de l'assister dans ses projets de réforme de la gouvernance économique du Saint-Siège, après des scandales financiers touchant le Vatican.

Cette consultante a longuement chargé le prélat espagnol, devenu son ennemi après avoir été son ami, selon un groupe de journalistes présents.

Son interrogatoire a permis de mettre en lumière la méfiance et les tensions qu'avait suscitées au Vatican la création de la Cosea, puis celle d'un puissant secrétariat à l'Économie, dirigé par le cardinal australien George Pell.

Mme Chaouqui a répondu à la principale accusation de Mgr Balda, au sujet d'une nuit de décembre 2014 dans un hôtel de Florence :

«Non, je n'ai jamais eu un rapport sexuel avec lui. Sa mère dormait dans la chambre tandis qu'il me faisait des confidences sur son environnement sexuel. Je ne raconte pas tout par respect de son statut sacerdotal, car l'habit (ecclésiastique) qu'il porte a pour moi une valeur», a déclaré l'accusée.

Mme Chaouqui a laissé entendre que le prélat espagnol lui aurait fait part cette nuit-là de ses remords sur des relations homosexuelles.

Selon Mme Chaouqui, Mgr Vallejo Balda a changé en 2014, est apparu «affaibli, désorienté», sans doute parce qu'il n'avait pas obtenu le poste de responsabilité qu'il espérait dans le petit État.

Elle lui a reproché d'avoir commencé à fréquenter des hommes qu'elle lui avait présentés, dont un astrologue, qui lui aurait fourni secrètement un téléphone portable alors qu'il était aux arrêts domiciliaires début 2016 au Vatican.

Mme Chaouqui a affirmé n'avoir «jamais pris un centime» du Vatican et «n'avoir jamais transmis un document confidentiel de la COSEA» aux journalistes Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittifaldi, auteurs de livres à succès à partir des fuites de la Cosea sur des malversations au Vatican.

Elle s'est plainte de la presse italienne: «J'ai été décrite comme une prostituée à la chasse de prêtres», a-t-elle lancé, très agitée, alors que Mgr Balda levait les yeux au ciel.

Le président du tribunal Giuseppe Dalla Torre l'a tancée: «Le tribunal n'est pas un spectacle (...) Taisez-vous, les questions, c'est moi qui les pose!»

Mme Chaouqui a aussi fait état, «en mai 2014, d'un fait d'une gravité exceptionnelle, une chose terrible» survenue pendant les travaux de la Cosea. Le pape, a-t-elle révélé, a demandé un rapport sur cet évènement qu'elle n'a pas voulu élucider.

«La Cosea était vue au Vatican comme une sorte de monstre, un corps étranger. C'est avec les portiers que j'avais les rapports les plus cordiaux», a-t-elle dit, résumant la méfiance générale à son égard.

Le procès doit se poursuivre lundi.

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