Belgique: «Ne nourrissez pas les réfugiés, sinon d'autres viendront»

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«Ne nourrissez pas les réfugiés, sinon d'autres viendront», avait lancé lundi sur une radio flamande le gouverneur, le chrétien-démocrate Carl Decaluwé, représentant de l'État fédéral dans la province côtière de l'ouest du royaume.

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Crise migratoire

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Crise migratoire

L'Europe fait face à une crise migratoire sans précédent, alors que depuis 2015 des centaines de milliers de personnes ont tenté de traverser la Méditerranée pour trouver refuge dans l'«Eldorado européen», plusieurs y laissant leur vie. Un nombre de réfugiés poussé à la hausse notamment par la guerre syrienne et l'établissement du «califat» de l'EI à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
BRUXELLES

Le gouverneur de la province de Flandre occidentale était mercredi au coeur d'une polémique en Belgique après avoir lancé un appel à ne «pas nourrir les réfugiés» qui ont quitté par dizaines les camps de Calais et Dunkerque pour le port belge de Zeebruges, d'où ils espèrent rejoindre plus facilement l'Angleterre.

«Ne nourrissez pas les réfugiés, sinon d'autres viendront», avait lancé lundi sur une radio flamande le gouverneur, le chrétien-démocrate Carl Decaluwé, représentant de l'État fédéral dans la province côtière de l'ouest du royaume.

Le message s'adressait en particulier aux habitants de Zeebruges, dont certains avaient apporté de la nourriture à des migrants pendant le week-end.

Son appel, qui a été comparé à une «interdiction de nourrir les canards ou les mouettes» par des médias belges, a visiblement eu un effet contreproductif puisque des bénévoles ont distribué mardi soir un repas chaud à quelque 35 migrants, selon le quotidien flamand Het Laatste Nieuws.

«Et la charité, ça ne compte plus pour un gouverneur qui s'est toujours présenté comme chrétien-démocrate?», s'est interrogé Ronny Blomme, un habitant de Zeebruges cité mercredi par le journal.

«Si nous ne les aidons pas, nous les poussons encore plus profondément dans l'illégalité et dans les mains des passeurs», a réagi Médecins du Monde.

«Decaluwé a raison. On ferait mieux de les envoyer à Bruxelles, sinon nous aurons un deuxième Calais à Zeebruges», a toutefois estimé un autre habitant du quartier, cité dans Het Laatste Nieuws.

Le gouverneur s'inquiète, comme de nombreux élus locaux, du nombre croissant de migrants ayant quitté les camps de Calais et Dunkerque, dans le nord de la France, pour tenter leur chance depuis Zeebruges, où les contrôles sont réputés moins sévères. Le sujet a d'ailleurs été évoqué lundi à Bruxelles lors du «mini sommet» gouvernemental franco-belge.

Selon les médias belges, ils sont actuellement quelques dizaines à loger à la belle étoile au pied d'une église de la localité ou dans les dunes bordant la zone portuaire.

«Je ne tolérerai pas qu'à Zeebruges et dans les environs s'installent des camps de tentes comme à Calais», avait averti le mois dernier le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon.

«Les migrants ne veulent pas non plus d'un "Calais bis"», a répliqué l'ONG belge Ciré. «La meilleure manière d'éviter les "jungles" est de permettre aux migrants de circuler de manière sûre et légale entre la France, la Belgique et la Grande-Bretagne, afin de permettre l'exercice du droit d'asile et la réunification des familles séparées», a ajouté l'association.

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