Cinq suspects arrêtés en lien avec l'attentat d'Istanbul

Selon les autorités, l'attaque a été perpétrée par... (PHOTO BULENT KILIC, AFP)

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Selon les autorités, l'attaque a été perpétrée par un Syrien âgé de 28 ans, entré sur le sol turc il y a quelques jours depuis la Syrie et présenté comme un membre de l'EI.

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Burak AKINCI, Philippe ALFROY
Agence France-Presse
Ankara, Istanbul

Cinq suspects étaient en garde à vue mercredi en lien avec l'attentat suicide attribué au groupe État islamique (EI) qui a visé la veille, pour la première fois en Turquie, des touristes étrangers et provoqué la mort de dix Allemands à Istanbul.

Cette nouvelle attaque a été perpétrée, selon les autorités turques, par un homme âgé de 28 ans entré quelques jours plus tôt sur le territoire turc en provenance de Syrie comme un «simple migrant».

Mercredi, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a annoncé, à l'issue d'une réunion de sécurité, que la police avait procédé dans la journée à quatre nouvelles arrestations, portant à cinq le nombre des suspects arrêtés depuis le début de l'enquête.

Son ministre de l'Intérieur Efkan Ala avait indiqué plus tôt qu'une personne avait été arrêtée dès mardi soir en lien avec l'attentat.

Aucun détail n'a été publié sur l'identité ou le rôle présumé de ces suspects.

M. Davutoglu a confirmé que le «kamikaze» avait réussi à entrer en Turquie comme l'un des quelque 2,5 millions de réfugiés qui déjà ont quitté leur pays en guerre pour traverser la frontière de leur voisin.

«Cet individu n'était pas sous surveillance et n'était donc pas recherché. Il est entré en Turquie comme un simple migrant», a indiqué le chef du gouvernement.

Selon les médias turcs, l'auteur de l'attaque d'Istanbul, identifié comme Nabil Faldi, né en 1988 en Arabie saoudite, est entré en Turquie le 5 janvier. C'est grâce à ses empreintes digitales enregistrées par les services d'immigration qu'il a pu être rapidement identifié, a précisé mercredi la presse turque.

Les justices française et belge ont établi que plusieurs des auteurs présumés des attentats de Paris le 13 novembre étaient entré en Europe via la Grèce en tant que réfugiés, causant une vive polémique sur la faiblesse des contrôles aux frontières.

L'attentat d'Istanbul a visé un groupe de touristes allemands qui visitaient le district de Sultanahmet, tout près de la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, deux des monuments les plus visités de la plus grande ville de Turquie.

Dix Allemands ont péri dans l'attaque, a annoncé mercredi Berlin.

«L'Allemagne pas visée»

Dix-sept personnes ont également été blessées, dont six étaient toujours hospitalisées mercredi, selon M. Davutoglu. M. Ala avait précisé à la mi-journée que deux d'entre elles, également des Allemands, étaient dans un état jugé sérieux.

En visite à Istanbul, le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière a indiqué qu'il n'existait pour l'heure «aucune indication» suggérant que l'Allemagne était spécifiquement visée par le kamikaze.

«Je ne vois aucune raison de renoncer à des voyages en Turquie», a-t-il ajouté.

Selon le quotidien Hürriyet mercredi, les services de renseignements turcs (MIT) avaient alerté à deux reprises les autorités turques sur le risque d'attentat à Istanbul.

M. Davutoglu a souligné une nouvelle fois mercredi la responsabilité du groupe État islamique dans l'attaque mais assuré que la Turquie chercherait à trouver «les véritables acteurs derrière cet attentat où Daech a été utilisé comme un pion».

Dans la foulée de l'attentat, la police turque a poursuivi ses coups de filet dans les milieux djihadistes, apparemment sans lien immédiat avec les événements d'Istanbul.

Selon l'agence de presse progouvernementale Anatolie, 74 personnes suspectées d'appartenir à des cellules de l'EI ont été arrêtées dans tout le pays mardi et mercredi.

Longtemps soupçonné de complaisance envers les rebelles radicaux syriens, le régime islamo-conservateur turc a rejoint l'été dernier la coalition internationale antidjihadiste, pilonnant l'EI en Syrie. Depuis l'automne, il a multiplié les arrestations de membres présumés de l'EI, affirmant avoir déjoué plusieurs projets d'attentats.

Accompagné de M. de Maizière, M. Davutoglu a rendu visite aux blessés mercredi, puis s'est recueilli avec M. de Maizière sur les lieux de l'attentat et a déposé des oeillets rouges au pied de l'obélisque où l'explosion s'est produite.

Mercredi matin, la police avait rendu la place aux touristes.

La Turquie est en état d'alerte maximale depuis l'attentat qui a visé le 10 octobre une manifestation prokurde devant la gare d'Ankara, faisant 103 morts. Cette attaque, la plus meurtrière jamais perpétrée sur le sol turc, a été attribuée à l'EI.

Ce pays est également secoué depuis l'été dernier par la reprise de combats meurtriers entre ses forces de sécurité et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), après une accalmie de plus de deux ans.

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