France: la majorité du président Hollande de plus en plus précaire

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Le président François Hollande (à gauche) et son controversé ministre de l'Économie Emmanuel Macron, à l'Élysée, le 31 juillet.

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Béatrice LE BOHEC
Agence France-Presse
PARIS

Discours libéral du ministre de l'Économie vivement condamné par des socialistes, démissions fracassantes au parti des Verts: après l'épisode des «frondeurs», la majorité sur laquelle s'appuie le président français François Hollande s'est encore étiolée à moins de deux ans du scrutin présidentiel.

Déjà attaqué par une partie de la gauche pour sa loi d'inspiration libérale sur la croissance, adoptée sans vote, le jeune ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a de nouveau déclenché des réactions courroucées en critiquant ouvertement le temps de travail hebdomadaire fixé à 35 heures voici 15 ans par les socialistes, un sujet largement tabou dans leurs rangs.

Penser que «la France pourrait aller mieux, en travaillant moins, c'était des fausses idées», a lâché jeudi devant les représentants du patronat français le ministre de 37 ans, devenu une pièce maîtresse de l'exécutif depuis sa nomination voici tout juste un an.

«Je croyais que Nicolas Sarkozy (président de droite de 2007 à 2012) était de retour, mais je n'avais pas compris qu'il était de retour au gouvernement», a ironisé le député Christian Paul, chef de file des «frondeurs» qui critiquent la tonalité libérale des réformes économiques du gouvernement pour relancer une croissance en berne.

Représentant de l'aile gauche, le député Yann Galut a, lui, accusé M. Macron, passé par la banque Rotschild et non encarté au Parti socialiste, de «renier toutes les valeurs de la gauche» : «La bataille de la réduction du temps de travail, c'est une bataille historique. Il a quelque part insulté Jaurès, Léon Blum (deux figures du socialisme), François Mitterrand (président socialiste de 1981 à 1995), Lionel Jospin et Martine Aubry» ayant oeuvré à mettre en place les 35 heures en 2000, a dénoncé M. Galut.

Le premier ministre Manuel Valls a tenté vendredi de calmer le jeu en promettant qu'il n'y aurait «pas de remise en cause» des 35 heures, ajoutant que les «petites phrases» font «mal à la vie publique». Peu après, Emmanuel Macron a assuré dans une déclaration à l'AFP qu'il ne visait pas les 35 heures avec sa déclaration controversée, mais le «rapport au travail».

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Après jeudi le coprésident du groupe à l'Assemblée nationale, François de Rugy (à gauche), le président du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé (à droite), a à son tour annoncé vendredi son départ du parti Europe Écologie-Les Verts (EELV).

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«Dérive gauchiste»

Symbole d'une gauche en pleine désunion, la grand-messe annuelle des socialistes à La Rochelle (sud-ouest) qui s'ouvre vendredi pour trois jours est concurrencée par l'organisation simultanée de débats du «pôle réformateur» (aile droite) tandis que son aile gauche s'est réunie pour sa propre rentrée... à quelques encablures de La Rochelle.

C'est dans ce contexte de tensions ravivées, à l'approche d'un scrutin régional en décembre qui s'annonce délicat pour une gauche victime de défaites successives depuis l'arrivée au pouvoir de François Hollande en 2012, que deux membres du parti écologiste viennent de claquer la porte.

Après jeudi le coprésident du groupe à l'Assemblée nationale, François de Rugy, le président du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé, a à son tour annoncé vendredi son départ du parti Europe Écologie-Les Verts (EELV).

Motif: la «dérive gauchiste» du parti, incarnée à leurs yeux par l'ex-ministre Cécile Duflot. Dans la perspective des élections régionales, des alliances ont été passées avec le parti Front de gauche dans certaines régions.

Le parti est «un astre mort, une structure morte qui donne aujourd'hui une vision caricaturale et politicienne de l'écologie», a dénoncé M. Placé, qui s'était déjà opposé l'an dernier au départ des deux ministres écologistes du gouvernement, dont Cécile Duflot, pour cause d'incompatibilité avec le nouveau premier ministre Manuel Valls.

Alors que 75 % des personnes interrogées dans un récent sondage restent «mécontentes» du président Hollande, dont la cote de popularité n'a jamais décollé, le défi s'annonce de taille pour l'unité à gauche dans la perspective de la présidentielle en 2017.

Si le premier tour avait eu lieu dimanche dernier, le chef de l'État et le premier ministre auraient été largement devancés par la chef du parti d'extrême droite Front national Marine Le Pen, en tête avec 26 % d'intentions de vote, et plus légèrement par Nicolas Sarkozy, selon un sondage IFOP pour le magazine Paris Match.

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